L’avis des libraires – 24ème chronique : Les Romans meurtriers de Tak-hwan Kim

28/03/2017

L’avis des libraires – 24ème chronique

Les Romans meurtriers de Tak-hwan Kim :

Petits meurtres littéraires à l’ère Joseon

 

1778. Le royaume de Joseon vit une période prospère où le commerce, les sciences et les réformes connaissent un essor sans précédent. Mais une série de meurtres plonge le pays dans la terreur. Chaque victime est en possession d’un livre d’Un-mong Cheong, romancier reconnu. Le jeune Yi de la Haute Cour de Justice fait arrêter et exécuter l’écrivain. Mais très vite, les assassinats reprennent... Yi, escorté par le mystérieux Jin Kim, se trouve plongé dans une spirale infernale.

 

Pour cette dernière chronique consacrée aux Éds Picquier, laissez-moi vous proposer un voyage au Pays du Matin Calme : direction la Corée du 18e siècle !

A priori, Les Romans Meurtriers de Tak-hwan Kim semble être un polar consensuel... Et pourtant, il parvient d’emblée à se démarquer !

Son atout ? Faire du contexte historique le cœur du livre. En effet, l’Histoire constitue un personnage à part entière dans l’ouvrage : s’y dresse le paysage culturel et diachronique d’une époque bouleversée, où les différentes castes intellectuelles et sociales s’affrontent au nom de leurs idéaux, où modernité et tradition s’opposent... Le talent de Tak-hwan Kim, conteur hors-pair, est d’avoir rendu un tel contexte accessible aux plus novices : il permet ainsi à tout lecteur de saisir une Histoire et une culture différentes de la sienne.

Pareille intrigue ne serait rien sans ses protagonistes, à commencer par le tandem Yi/Jin Kim. Cette bromance entre un militaire et un génie n’est pas sans rappeler le duo culte John Watson/Sherlock Holmes. Dans la saga de Conan Doyle, c’est par Watson que nous suivons Sherlock et ses enquêtes. De la même façon, Yi est le narrateur mais c’est bien Jin Kim, intellectuel surdoué de 19 ans versé dans l’art des fleurs et du combat, qui est le véritable héros.

Personnage fascinant, il symbolise l’équilibre parfait entre la tolérance, la curiosité et la prouesse physique, entre l’esprit et le corps – des valeurs chères à l’écrivain. Un portrait qui pourrait sembler idéalisé mais nuancé par sa nature entêtée, secrète, voir quelque peu manipulatrice !

Au final, Les Romans Meurtriers est plus qu’un policier : c’est tout à la fois la découverte d’une ère troublée, une aventure captivante... Ainsi qu’une ode à la culture et à l’ouverture d’esprit.

 

 Tak-hwan Kim : Les Romans meurtriers aux Éditions Philippe Picquier. 520 pages. 10€70

 

Article publié dans le Pays Briard le 28.03.2017

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