• Chloé

Top 10 des figures maternelles en Littérature

Top 10 des figures maternelles

en Littérature

Bonjour à tous,

En ce dimanche 30 mai 2021 se tient la Fête des Mères. L’occasion rêvée de passer un peu de temps avec maman et de la gâter avec des fleurs, un bon repas ou encore un livre. Personnellement, je n’ai jamais passé une Fête des Mères sans offrir un ouvrage à la mienne - elle-même procurait souvent un roman à sa propre mère pour l’occasion, une tradition que j’ai adoptée dans la foulée.

Alors que je réfléchissais au livre que j’allais lui déposer au petit-déjeuner ce dimanche, j’ai eu envie de m’interroger sur la figure de la mère dans la littérature. Plus précisément, dans la fiction. De ce remue-méninge a découlé un top, sans ordre précis, le top 10 des figures maternelles qui m’ont marquée au fil de mes lectures.

Allons-y !


ATTENTION : SPOILERS


La mère-abnégation : Fantine dans Les Misérables

Fantine compte parmi les figures majeures de la littérature française. Elle est aussi l'une des héroïnes tragiques les plus fortes et les plus marquantes dans l'œuvre de Victor Hugo - lequel, pourtant, n'est pas avare en matière de destins brisés et autres agonies sordides...

Joyeuse, courageuse, jolie et déterminée, la jeune paysanne s'en va tenter sa chance à Paris. Ce départ providentiel sera sa chute. Abandonnée lâchement par son amant Tholomyès, maman célibataire répudiée par sa famille, la belle va tout faire pour assurer la sécurité de sa fille Cosette. Une succession de mauvais choix, doublée d'un karma vraiment merdique, vont la pousser à s'enfoncer toujours plus bas dans la misère. Elle confie son enfant aux odieux Thénardier, une séparation qui la brise et la porte à la fois - tout au long de sa vie, Fantine n'a qu'une seule ambition, celle de protéger Cosette, de la mettre à l'abri d'une vie misérable et de lui épargner la déchéance qu'elle-même a subie.

La jeune femme, injustement licenciée de son poste d'ouvrière, se trouvera dans une situation encore plus précaire. Elle devra vendre tout ce qu'elle possède, ses dents, ses cheveux puis son corps. Épuisée et mourante, tant de chagrin que de maladie, elle peut alors compter sur Jean Valjean qui, faute d'avoir pu sauver la mère, se promet de préserver la fille. Elle trépasse sans avoir revu sa fille, à qui elle a pourtant voué toute son existence. Fantine est la définition même de l'abnégation, l'un des plus beaux portraits de femme et de mère offerts par la littérature.

Des siècles après la parution des Misérables, sort en 1980 l'album-concept d'un spectacle musical. Un show qui gagnera ses lettres de noblesse avec son adaptation anglophone, Les Mis. L'une des chansons phare du musical transposé par Herbert Kretzmer, le vibrant I Dreamed a Dream, rend parfaitement hommage à cette figure désenchantée et sacrificielle.


La mère absente : Hermione dans Le Conte d'hiver / MiMi dans La faille du temps

Qu’il s’agisse de la pièce de Shakespeare ou de la réécriture de Jeannette Winterson, Hermione et MiMi sont deux figures féminines particulièrement intéressantes. La première est une gente et noble dame vertueuse, la seconde une chanteuse-compositrice au succès mondial. Chacune est adulée par son entourage, louée pour ses qualités et/ou ses talents, condamnée par la violence d’un mari despotique et jaloux.

Ni Hermione, ni MiMi ne tiennent un grand rôle dans l’intrigue, chacune disparaissant rapidement après avoir perdu ses enfants, le premier fauché par la mort, la seconde arrachée à son foyer par son propre père, persuadé que la nouveau-née est le fruit des infidélités de son épouse... La jeune Perdita, enfant rejetée par son père et enlevée à sa mère, élevée par des figures exclusivement paternelles, n’a pas d’exemple maternel auquel se raccrocher.

Si la lady et la chanteuse sont ainsi évincées, leur souvenir hante les trames respectives, guide presque l’intégralité des protagonistes... Et se conclut par leur réapparition miraculeuse, lors d’un dénouement poétique à souhait.

La mère amour : Molly Weasley, Narcissa Malefoy et Lily Potter dans la Saga Harry Potter

Au fil de la saga, J.K Rowling nous aura offert de très beaux exemples de figures maternelles fortes. A priori, toutes sont très différentes. Narcissa est froide et détachée ; Molly campe l'incarnation de l'autorité bienveillante et joviale ; et Lily, si elle n'est jamais abordée en tant que protagoniste à part entière, est louangée par tous ceux qui l'ont connue, de Rogue à Sirius en passant par Lupin, pour sa gentillesse, son talent et son discernement.

Il est cependant un point qui rapproche ces trois femmes : elles sont prêtes à tout pour préserver leurs enfants face au danger et l'amour qu'elles vouent à leur progéniture guide chacune de leurs décisions.

Ainsi, Lily se sacrifie pour sauver Harry, s'interpose entre son bébé et Voldemort pour préserver son fils. Un choix qui lui coûte la vie mais permettra non seulement à Harry de vivre mais aussi de devenir un emblème d'espoir et de survie.

Narcissa Malefoy, quoi que reliée aux Mangemorts et à Voldemort, ne semble pas tant fanatique que consacrée toute entière à sa progéniture, Drago. Elle engage Rogue à protéger son fils par un serment inviolable, trahit Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom au profit d'Harry lorsqu'elle apprend que Drago est en vie... Narcissa est une mère avant tout et le prouve à plusieurs reprises. Durant la terrible bataille qui suit, sa seule volonté est de retrouver Drago indemne.

Enfin, Molly, présentée comme la mère de famille dévouée, énergique, sympathique et bienveillante révèle un tout autre visage quand un membre de la famille Weasley est en danger. C'est elle qui tue la diabolique Bellatrix Lestrange pour protéger sa fille Ginny. Molly, sous ses dehors colériques et bonne-enfant, s'avère impitoyable lorsque l'un de ses enfants est en danger.

Un très beau trio de femmes, opposées dans leur personnalité et leur apparence mais saisissantes dans l'amour qu'elles portent à leur descendance.

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La mère d'avant-garde : Helen dans La dame du Manoir de Wildfell Hall

Ce top, c'est enfin pour moi l'occasion d'aborder avec vous l'une des premières œuvres féministes - et fatalement décriée - de la culture anglaise : La Locataire de Wildfell Hall.

Au cours de leur bref mais fulgurant parcours littéraire, les sœurs Brontë nous ont délivré une galerie d'héroïnes saisissantes. Emily nous a offert l'impétueuse Catherine ; Charlotte l'inébranlable Jane ; Anne, enfin, l'avant-gardiste Helen.

A l'époque, comme bon nombre des textes de la sororie, le roman fait scandale. Les critiques ordonnent de ne pas mettre le livre entre les mains des jeunes filles en fleurs, le jugent inadéquat et dangereux. La propre sœur d'Anne, la pieuse Charlotte, empêchera l'ouvrage d'être réédité suite au décès de sa cadette. Car Wildfell Hall, en cette année 1848, est révolutionnaire : il va à l'encontre de toute bien-pensance, prône une certaine forme d'émancipation, loue le parcours d'une femme qui brave les diktats sociétaux.

L'héroïne, Helen, s'éprend d'Arthur Huntingdon. Un homme séduisant mais volage, alcoolique et sournois. L'union tourne vite au cauchemar. Le mari ne tolère pas l'affection qui lie son épouse à leur bébé, sa jalousie possessive signe le glas de leur équilibre fragile. La jeune femme, trompée et humiliée par Huntingdon, voit sa tolérance voler en éclat lorsqu'elle prend conscience de l'emprise que son époux a sur leur jeune fils, Arthur Jr. Elle sent que leur enfant pourrait à son tour être entraîné dans la décadence et, horrifiée à cette idée, décide de partir avec lui.

L'autrice met brillamment en avant la nature toxique et le poids des convenances pour mieux les détourner. Il n'est pas impossible qu'Huntingdon, tout comme Heathcliff, ait été inspiré par Branwell Brontë. Le frère de Charlotte, Emily et Anne connut une déchéance violente. Dangereux pour lui-même comme pour son entourage, amoureux perdu et peintre désillusionné, son ombre hante les protagonistes masculins de ses sœurs. C'est sans doute pourquoi le portrait de cet homme abusif et violent est tout aussi percutant que celui d'Helen. Mais là où Heathcliff se pare d'un charme ténébreux, l'associant davantage à un antihéros maudit dévoyé par le sort et les préjugés, Huntingdon n'est rien de tout cela. Incarnation du libertin bon à rien doublé d'un pervers narcissique, Anne ne cherchera jamais à l'excuser pour ses travers et les torts qu'il cumule contre l'héroïne.

Ainsi, alors qu'Helen espère gagner sa vie grâce à son art après son départ, le stratagème est découvert et son matériel détruit par Huntingdon. Pour se préserver elle-même et sauver son fils de l'emprise de son mari, époux toxique et figure paternelle destructrice, Helen va malgré tout fuir la demeure conjugale sans bien ni ressource. Elle finit par arriver dans un village et s'établir dans un manoir en ruine, Wildfell Hall où elle prétend être la veuve Graham.

Helen refusera d'occuper à nouveau son rôle d'épouse. Elle ne reviendra auprès d'Huntingdon que par pure bonté, à la fin du roman, lorsque ce dernier se meurt. Elle lui prodiguera alors des soins et soulagera sa conscience, sans jamais le pardonner. Puis, réellement veuve cette fois, Helen pourra enfin goûter au bonheur auprès d'un nouveau prétendant, dévoué et aimant.

Un portrait précurseur pour une mère courageuse et une femme d'exception.

La mère bohème : Maman dans Le jour où Maman m'a présenté Shakespeare

Dans ce feel-good book qui fait mouche à coup sûr, Julien Aranda nous dépeint une exubérante troupe théâtrale. Une famille de cœur, à défaut de celle du sang, celle que le jeune narrateur, dix ans et des questions plein la tête, a toujours connu.

Tous les personnages sont marquants mais surtout, il y a elle. Sa mère. La philosophe, l’amoureuse de Shakespeare, l’inconditionnelle de Brassens, celle qui cite parfois Wilde ou Pagnol au détour d’une conversation, tourbillon positif, comédienne solaire et lunaire, passionnée par le théâtre, celle qui ne vit que pour son art et son fils. Tout comme lui, elle tord les mots pour leur donner la véritable signification qu’ils méritent à ses yeux : vous croiserez donc au détour d’une ligne la Ripouxblique, le conseil des places, les forces du désordre, le chaud-bises, les réseaux asociaux, l’huissier d'injustice, les ressources inhumaines, la télédébilité, etc. C’est avant tout une personnalité à part, fantasque et romanesque. Mère célibataire et déterminée, elle ne se tourne jamais vers le passé et montre cette même ingénuité troublante qui rend le narrateur si touchant. Elle, c’est un personnage de femme forte, presque idéalisée dans les yeux du narrateur, à la fois forte et fragile, trop, peut-être, pour trouver sa voie dans une société qui ne fonctionne que sur l’argent et les contraintes.

Une maman formidable, avec son amour de la culture, son éternel optimisme et sa volonté d’acier.


La mère doppelgänger : L'autre mère dans Coraline

Changement radical de registre avec ce conte horrifique servit par Neil Gaiman ! Dans cette relecture gothique d'Alice au Pays des Merveilles, la jeune Coraline traverse une porte condamnée qui la mène tout droit dans un autre monde. Un univers qui, a priori semblable au sien, recèle pourtant mille dangers. Les animaux, le voisinage, la maison, le quotidien prennent une tournure étrange, résolument anxiogènes.

Sans surprise, c'est bien la figure parentale qui est la plus malmenée dans ce monde parallèle. Dans la vie réelle, la famille Jones est attachante, en partie grâce à son traitement très réaliste : les parents ne sont pas les poncifs désincarnés et distants redoutés, ils chérissent leur fille, sans savoir toujours comment le lui manifester. Coraline est aussi régulièrement en conflit avec sa mère, laquelle refuse de céder à la moindre demande ou de la laisser assouvir ses penchants d'exploratrice au détriment de sa sécurité. Une bonne maman, qui doit parvenir à concilier son travail avec l'éducation de son enfant tout en la laissant assouvir ses envies dans la limite du raisonnable. Une démarche que le père doit également entreprendre, même s'il ne s'impose pas en figure d'autorité vis à vis de Coraline.

A l'inverse, dans cet autre monde, la fillette retrouve des clones à priori aseptisés de ses parents, prêts à tout pour la contenter, mais qui se révèlent être une créature malfaisante et sournoise pour l’une, un pantin sans esprit pour l’autre. Ils l’aiment oui, mais ils l’aiment mal. Que leurs yeux soient remplacés par des boutons, là où, symboliquement, le regard passe pour le reflet de l’âme, est une trouvaille géniale, à la fois grotesque et inquiétante. Si la petite héroïne les perce vite à jour, elle n'a d'autres choix que de retourner auprès d'eux lorsque sa famille est kidnappée par la créature. Pour retrouver ses vrais parents, regagner son véritable univers, Coraline devra poursuivre un périple personnel intense et épuisant, où le péril l’enserre toujours plus étroitement.

L'intelligence, ici, est de jouer sur la figure la plus rassurante que l'enfant connaisse : celle de sa maman, celle qui est supposée l'aimer, le protéger et lui montrer la voie. Cette abomination faussement maternelle, qui garde les enfants jusqu'à les avoir totalement vidés de leur substance, est un doppelgänger aux pouvoirs terrifiants. Elle est la reine de cet univers, une présence démoniaque qui sévit depuis très longtemps dans les environs. Elle sera finalement défaite par la jeune aventurière, à la fois dans son royaume détraqué mais également dans la réalité. Le message est limpide. Même en fuyant, même en parvenant à atteindre nos objectifs, certains problèmes demandent du temps pour être résolus et ne doivent surtout pas être ignorés, sous peine de nous tarauder encore et encore…Grande antagoniste du roman et marionnettiste de ce théâtre obscur, elle est l'une des méchantes les plus saisissantes jamais créées par Gaiman.

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La mère guerrière : Vic McQueen dans Nosfera2

Au fil de ses livres, Joe Hill aura dessiné de nombreux portraits réussis, hommes comme femmes. Ses héros et ses héroïnes se tiennent sur un pied d'égalité, marquants, tragiques, écorchés, combatifs face à un univers nébuleux qu'ils peinent à comprendre. Parmi ces protagonistes mémorables, Vic McQueen occupe très clairement une place majeure.

Vic a la faculté de retrouver tout ce qui se perd, objets ou personnes. L'antagoniste, un Père Noël dégénéré répondant au nom de Charles Manx, enlève des enfants pour les conduire à Christmasland - Noël y est éternel mais ses jeunes victimes perdent toute identité, toute volonté propre. Leur confrontation est inévitable entre le kidnappeur sadique et la jeune fille clairvoyante. Lorsque Manx s'en prend à elle, la gamine le met en déroute d'une manière spectaculaire. Enfant, elle est vive, débrouillarde, brillante. Déterminée. Une battante avec un sens aigu de la survie.

Pour autant, son affrontement avec Manx a laissé de profondes séquelles et elle peine à se construire en tant qu'adulte. Mère du petit Wayne et séparée de son partenaire Lou, elle végète dans un environnement modeste, se maintient à l'écart de son don et d'anciens alliés ; elle survit en réparant des motos et en écrivant une série littéraire dédiée à la jeunesse. Mais Christmasland n'est jamais très loin et Manx, contre toute attente, a survécu.

Lorsqu'il retrouve la trace de Vic, c'est pour mieux lui arracher son fils. Vic va tout mettre en œuvre pour le sauver, usant tant de son intellect que de ses pouvoirs et sa force physique. Pour retrouver son Wayne, elle affrontera Manx et ses sbires, quitte à y laisser la vie. C'est toute la vie du personnage que l'on découvre au fil de Nosfera2, jusqu'à ce qu'elle parvienne enfin, à atteindre ses buts les plus chers : anéantir Manx à jamais et préserver Wayne.

On retrouve dans Nosfera2 tout ce qui rendait Cornes incroyablement fascinant : la plume sublime, le surnaturel qui débarque dans le quotidien, les relations très intenses entre les protagonistes et un personnage principal attachant et déterminé, fort mais perdu, opposé à quelque chose qui le dépasse… Vic est l’une des héroïnes les plus captivantes qu’il m'ait été donné de lire, de ces protagonistes féminins comme on aimerait en voir davantage.

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La mère indigne : Lorraine dans Le Diable emporte le fils rebelle

Par une nuit glaciale où tourbillonnent des bourrasques neigeuses, Lorraine met à la porte Adam. Puis, elle décide de brûler l'ensemble de ses affaires, de consumer dans ce brasier jusqu'au dernier souvenir de son aîné. Une mère peut-elle vraiment haïr son enfant ?

La question est là ; elle filtre à travers l'ouvrage de Gilles Leroy, impensable, tragique. La réponse est un oui implacable. Les raisons qui amènent à cette affirmation, elles, sont pourtant plus complexes qu'elles n'y paraissent au premier abord. Bêtement méchante, cette mère ? Non.

Blessée aux tréfonds de son être, depuis trop longtemps, un mal-être qu'elle a transposé à son fils Adam - Adam si singulier, qu'elle rejette viscéralement au jour de sa naissance. Lorraine est prisonnière d'un environnement malsain, qu'elle reproduit sur son propre foyer. Elle subit depuis son enfance le poids de l'hérédité familiale, un fardeau que la société se charge bien de lui rappeler. Des parents dédaigneux, des frères tortionnaires puis, en grandissant, la séparation de ce milieu toxique pour un autre, tout aussi dangereux - une institution religieuse très stricte. La famille est toujours là, forcément. Pire, elle s'est agrandie avec des belles-sœurs pernicieuses, langues de vipère qui se plaisent à empoisonner leur entourage. Alors Lorraine s'abrutit : le Bon Dieu avec une foi qui frise le bigotisme, les pilules magiques pour mettre un peu de couleurs dans cette existence terne.

Gilles Leroy ne diabolise pas son (anti)héroïne, pas plus qu'il ne la ridiculise, ne la condamne ou ne la pardonne. Au contraire, il dresse avec beaucoup de finesse et d'honnêteté les pensées d'une mère déphasée, martyrisée par la vie, les coups du sort et le quotidien sans issue, incapable de sortir de l'impasse où elle s'est plongée.

Et puis il y a Adam, qu'elle surnomme l'escroc mais qui, aux yeux du lecteur, apparaît avec toute la beauté et la révolte de ses quinze ans. La crise d'adolescence, la découverte de son orientation sexuelle, la création d'un futur adulte qui se rend compte qu'il peut plaire, vivre, rester digne. Pour la belle-famille de Lorraine, pour la société qui l'associe d'emblée à cette délinquance qui gangrène ses gènes, pour sa mère dévote, c'est trop. Lorraine est dépassée par Adam et tout ce qu'il représente. Pour elle, une seule solution : se débarrasser de la progéniture vicieuse pour sauver le reste de la fratrie. L'homosexualité est le prétexte idéal, entre commérages des belles-sœurs, difficulté à concilier sa foi avec l'orientation sexuelle de son enfant et jugement constant d'une petite ville claquemurée dans ses quand-dira-t-on.

L'intrigue narre la déchéance d'une femme, le renoncement à l'éducation et la rupture définitive d'une relation mère-fils. Si la confession de Lorraine est douloureuse, révoltante, le livre, lui, est sublime et tristement juste. Un grand moment de littérature, une virée pessimiste dans un Wisconsin conservateur, aux tréfonds d'une Amérique rétrograde.


La mère nouvelle : Le père et la mère de Charlie dans Mon père, ma mère, mes tremblements de terre

Le père de Charlie, après une longue transition, est sur le point de devenir une femme. Pareille trame, abordée avec talent par Julien Dufresne-Lamy, soulève nécessairement une foule de question. Pour autant, la cadence effrénée de la narration n’empêche pas de nombreuses questions d’être soulevées tout au long du livre. Comment se revendiquer femme lorsque l’on est genré au masculin, que tout, autour de vous, s’acharne à nier ce que vous êtes réellement ? Comment un couple peut-il surmonter l’épreuve, faire face aux changements à venir et affronter l’incertitude qui s’instaure ? Comment un adolescent peut-il retrouver sa place dans cet univers chamboulé par les crises, le doute, la peur ? Et comment rester une famille ?

Sur un peu plus de 200 pages, l’auteur explore le choix d’une existence, celui de changer de sexe. Il ne diminue ni l’épanouissement un peu égocentrique des débuts, ni la libération jubilatoire de se révéler sous son véritable jour, pas plus que le désarroi face à la société, la souffrance et le prix des traitements, la mesquinerie du milieu médical, le parcours du combattant pour revendiquer le droit à être soi-même, les tensions familiales nées de ces transformations... Cette femme prisonnière d’un corps qui ne lui correspond pas, le romancier en divulgue les fêlures, les forces, les combats, par le regard du fils.

De rencontres en découvertes, d’abolitions des hantises au dessein de défendre ce père chéri, Charlie va redécouvrir son géniteur, noter ses changements physiques et détailler ses combats moraux - pas comme un cobaye ou une bête de foire, simplement comme un être humain dont il suit l’émancipation des codes, entre inquiétude et respect. Angoisse pour cette elle qui se révèle, pour sa mère, pour lui, pour eux ; foi qui s’esquisse pas à pas vers l’acceptation, le soutien. Une réflexion qui, bien au-delà des pages et de ses protagonistes plus vrais que nature, s’étend jusqu’au lecteur.

Aucun des trois personnages centraux au roman - le père, la mère, le fils - n’est idéalisé. Ils agissent comme ils le peuvent face à cette rupture radicale dans le quotidien, ces phases d’adaptation obligatoires. Ils souffrent aussi de cette méchanceté moqueuse, ces rejets destructeurs, cette bêtise obtuse dont chacun, à son échelle, sera la cible. A la haine aveugle, ils répondent par l’opposition muette, l’affrontement permanent, la résolution d’exister… Et aucun ne va lâcher prise, offrant une leçon de courage jubilatoire.

Si le père dont il est question occupe l’ensemble de la trame, la mère et le narrateur ne sont pas pour autant éclipsés. La souffrance de Charlie et sa maman, leurs errements et leurs pertes de repères, le gouffre béant qui s’ouvre en eux, la détermination de préserver leur cocon, ne sont jamais occultés ou amoindris... Ainsi, leurs drames silencieux, les reproches explosifs, l’affection indéfectible qui les lie sont également au cœur du roman.

A eux trois, Charlie et ses parents vont faire front et face. Ils vont démonter les clichés, la bien-pensance, le puritanisme, le modèle commun ; démontrer que la famille se moque des normes, que les sentiments n’ont pas de genre, que l’amour filial ne se résume pas à un état civil.

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre est tendre et touchant, fracassant et foudroyant, pertinent et percutant, comme une valse perpétuelle entre la douceur maladroite d’un envol et la volonté farouche de s’affirmer. Unique, encore une fois.

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La mère psychopathe : Margaret White dans Carrie

Ah Margaret White ! De toutes les figures familiales détraquées qui pullulent dans l'univers de Stephen King, le tout premier monstre maternel était déjà une franche réussite.

La matriarche est instable, dangereuse, incapable de concilier sa féminité et sa foi, inapte à accorder son désir et sa religion, transformée dès sa grossesse en dévote fanatique, mère éreintée par son exaltation mystique – danger réel mais prévisible, pour sa fille comme pour le lecteur, lequel comprend bien vite le cercle vicieux dans lequel les White sont enfermées.

Face à elle, Carrie, passive et timorée, se métamorphose symboliquement par ses pouvoirs revenus en force à la puberté. La voie de la fille faite femme sera terrible, justicière, impitoyable en parfaite allégorie de la conscience féminine. La rébellion poussée à son paroxysme, la lucidité féroce qui s’effrite dans la folie vengeresse, sans distinction ni pitié.

L’écrivain décrit des figures adultes inaptes à préserver la jeunesse. Les familles sont néfastes, ne parviennent guère à protéger leurs progénitures, les aider et - pire encore - les aimer. Carrie et Margaret, dont la relation est au cœur de l’ouvrage, en sont bien sûr l’exemple le plus flagrant.

Les thématiques sont fortes et savamment exploitées : difficultés à grandir, animosité familiale, complexité des rapports humains, poids d’un groupe, dérives sectaires, marginalité, cruauté entre étudiants, harcèlement scolaire… On peut d’ailleurs voir dans Carrie une variation fantastique autour des tueries survenues dans les établissements scolaires étatsuniens – pas d’armes à feu pour mettre à sang l’école mais bel et bien des pouvoirs extraordinaires.

Dans cette fable implacable se reconnaissent les nombreux leitmotivs de King : l’apparition progressive du surnaturel au cœur de la trame, la narration interrompue par l’irruption d’éléments extérieurs (témoignages, articles etc.), la jeune personne dotée d’un puissant pouvoir, les parias érigés en héros, la critique du fanatisme, la dénonciation de la maltraitance des mineurs… Quarante-six ans après son lancement tonitruant, le roman demeure une pièce maîtresse dans l’œuvre du Roi de l’Epouvante, instaurant au passage les thématiques qui sont désormais indissociables de son univers. Et Margaret White reste l'une des mères les plus redoutées et les plus marquantes jamais dépeintes dans la littérature.

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Bonus :

Les mères sur le petit et le grand écran


La mère d'adoption : Ellen L. Ripley dans Aliens

Unique rescapée du premier opus, Ripley lutte une nouvelle fois pour sa survie dans cette incroyable suite signée James Cameron ! Au-delà de toutes les espérances, ce second volet réussit l'exploit d'aller plus loin que son prédécesseur, instaurant une ambiance plus lourde, plus menaçante, plus touchante et plus épique.

La famille est cette fois l'une des thématiques centrales, Ripley œuvrant pour sauver non seulement sa peau mais également celle du Caporal Hicks et surtout de la petite Newt. Image même de la famille recomposée, le trio est l'un des atouts phares de cet épisode.

La relation entre Ripley et Newt est extrêmement bien construite, chacune s'apprivoisant et nouant un lien indéfectible au fil des péripéties. Il est montré dans la version longue du film que Ripley était mère et que son enfant est depuis longtemps décédé ; quant à Newt, elle est ouvertement présentée comme une orpheline et, comme Ripley, est également la seule rescapée de son vaisseau.

Si le parallèle entre ces deux héroïnes est évident (jusque dans leurs apparences androgynes), il saute d'autant plus aux yeux lorsqu'une Ripley enragée brave une ultime fois les Aliens pour récupérer la fillette.

Elle affronte à cette occasion une autre figure maternelle, d'autant plus redoutable et dangereuse qu'elle couve sa propre progéniture : la reine Alien, une créature gigantesque qui pond des œufs en continu. Au terme d'un face à face acharné, Ripley prend le dessus, anéantissant les monstres sur le point d'éclore. Newt l'appelle alors maman alors que la lieutenant la serre dans ses bras.

Le final les voit toutes deux s'installer dans une capsule de sommeil et entamer le long voyage de retour vers la Terre. Une conclusion parfaite qui se serait largement passée de l'ensemble des suites plus ou moins dispensables offertes par la franchise...

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La mère conflictuelle : Chantal Lemming dans J'ai tué ma mère

Dès son premier film, réalisé à tout juste 18 ans, Xavier Dolan couche sur pellicule les déboires familiaux, les relations conflictuelles, la complexité du rapport mère-enfant... On retrouve toutes les thématiques chères au réalisateur-acteur. La figure maternelle sera explorée dans la quasi-intégralité de ses longs-métrages. Pour l'incarner, Dolan a une actrice de prédilection, des traits bien familiers, ceux d'Anne Dorval - laquelle tiendra ce rôle dans J'ai tué ma mère, Les Amours imaginaires, Mommy ou dernièrement Matthias et Maxime.

Dans J'ai tué ma mère, qui marque ainsi les débuts d'une collaboration fructueuse, Dolan et Dorval jouent Hubert et sa mère Chantal. Ils ne parviennent plus à communiquer. Chacune de leur discussion mène au déchirement, aux reproches… Et une question essentielle se pose : jusqu’où peut-on haïr sa mère… Ou l’aimer ? Les relations tumultueuses mère-fils, l’incompréhension, la haine, le chagrin et le sentiment d’abandon qui en résultent sont au cœur du premier long métrage de Dolan, un sujet que d’autres ont mainte fois évoqué avant lui.

Pourtant, J’ai tué ma mère, loin de l’interminable chronique familiale bavarde, se veut une œuvre vivante, inspirée, aussi personnelle qu’universelle. Effets artistiques, jeu des couleurs, rêveries fantasmagoriques, dialogues percutants… L’empreinte de son jeune réalisateur est présente à chaque plan et impose son style avec une facilité déconcertante, n’hésitant pas à repousser, du même coup, les limites imposées par la vision traditionnelle de la famille. Les moments de grâce sont nombreux et le film regorge d’idées pour les mettre plus en avant. Comme seul exemple : les confessions devant une caméra – devenue journal intime – qui, en noir et blanc, permettent aux spectateurs de comprendre toute la complexité du personnage principal… Ses apartés où seuls cohabitent Dolan et sa caméra évitent les longs monologues : autant faire court, percutant, direct – à l’image du film lui-même, doté de cette sensibilité à fleur-de-peau quasi maladive, jamais larmoyante ou ennuyeuse. Le regard follement romanesque que porte Dolan sur cette histoire, avec toute la férocité, l’ironie et la poésie propre à une jeunesse perdue, donne au film cet effet hors de tout, du temps, du commun mais réel… Ou comment transformer le quotidien en une fresque intelligente et émouvante. J’ai tué ma mère surprend donc aussi par son lyrisme incroyable et la virtuosité de Dolan à filmer l’émotion de ses personnages ; là où il excelle vraiment, c’est dans l’intimité, lorsque sa caméra se promène sans voyeurisme dans la vie d’un adolescent de seize ans. En visionnaire égocentrique diront certains, Dolan affiche clairement sa volonté de se détacher des autres et d’imposer une vision qui lui est propre. Outre le talent non négligeable du réalisateur, niveau casting, on s’apercevra vite qu’il est difficile de faire mieux à commencer par Anne Dorval, épatante en mère dépassée. Quant à Dolan, devant ou derrière la caméra, il est tout simplement incroyable. L'un des plus beaux portraits mère-fils offerts par le cinéma.

La mère culte : Loïs dans Malcolm

Ah Malcolm... La série emblématique de toute une génération ! Bien loin du modèle familial américain rabâché par les sitcoms, Malcolm montre une famille moyenne (voire pauvre) et un tantinet dysfonctionnelle. Fini les demeures à trois étages, les brunchs dans des restaurants branchés, les dilemmes esthétiques d'une bande de filles à papa, le gratin privilégié ! Les préoccupations de Loïs, Hal et leurs enfants se rapprochent largement plus de celles de Monsieur et Madame Tout le Monde. Joindre les deux bouts, affirmer sa singularité, choisir un avenir décent, se reconvertir professionnellement, s'affirmer dans un groupe, être en accord avec ses convictions, protéger et éduquer une progéniture parfois difficile. Ils ne sont ni riches, ni prestigieux, ni particulièrement enclin aux grandes déclarations. Si les situations sont bien entendu poussées à leur paroxysme, il y a ce fond de vérité qui les rend authentiques et attachants.

On a tous été fans de la fratrie démoniaque composée par Francis, Reese, Malcolm, Dewey. On a tous adoré leur père lunaire, Hal. Mais qu'en est-il de Loïs ?

A priori, la matriarche de la famille n'a rien de franchement sympathique. Elle est autoritaire, ne lésine pas sur les humiliations, les manipulations ou les châtiments - y compris corporels. Elle gère son univers d'une poigne de fer et gare à quiconque se mettra au travers de son chemin ! Ainsi, malgré le zèle déployé par ses garçons pour faire des bêtises, Loïs a bien souvent le dernier mot...

Pourtant, avec le recul, cette maman despotique est un personnage beaucoup plus profond et sensible qu'il n'y paraît. Si ses méthodes laissent à désirer, il ne faut pas oublier qu'elle compose avec quatre garçons jamais avares en bêtises, un mari atteint d'un syndrome de Peter Pan et un boulot éreintant. Loïs est une battante, une travailleuse acharnée qui n'hésite pas à sacrifier tout son temps et toute son énergie pour préserver son cocon familial. C'est elle qui maintient son petit monde à flots et si elle peine à le montrer ouvertement, elle aime chacun de ses enfants. Une affection que ces derniers lui rendent bien. Elle a conscience de leurs défauts réciproques, tente de limiter la casse, mais est aussi la première à les encourager et à les pousser dans la bonne direction. Elle souhaite le meilleur pour eux, même s'il lui faut parfois du temps pour approuver - ou du moins tolérer - le choix de ses enfants, Francis en tête. Il faut dire qu'entre son émancipation légale et son mariage plus que soudain, l'aîné tête brûlée lui en aura fait voir de toutes les couleurs...

Elle a un sens farouche de l'honneur, des responsabilités et de l'honnêteté. Elle croit en ses valeurs, reste toujours fidèle à sa ligne de conduite. Se faisant, elle n'hésite pas à affronter quiconque lui donne tort - elle est d'ailleurs presque toujours dans son bon droit. Si son tempérament explosif la met parfois dans l'embarras, elle finit toujours par agir selon ses convictions.

Loïs est également une épouse attentionnée et fidèle. Certes, elle ne vénère pas son mari comme lui l'idolâtre mais elle l'aime sincèrement. Sa relation avec Hal, équilibrée et passionnée, montre un couple épanoui dans l'adversité, fusionnel et soudé.

Aussi, les moments où elle laisse apparaître ses fêlures sont d'autant plus touchants qu'ils sont rares. De suite, on pense à l'épisode culte Famille je vous hais (S04E03) où, humiliée par la famille de Hal qui n'a jamais voulu l'intégrer, elle se met à pleurer. Une fragilité qui explose de façon si inattendue qu'elle laisse tout le monde impuissant... Jusqu'au moment où les garçons décident de se venger en beauté de cette belle-famille bourgeoise, en sabotant allègrement leur précieuse réception. Ce qui donne cette scène de destruction absolument jouissive :


La mère double : Rosie Betzler dans Jojo Rabbit

Le long-métrage de Taika Waititi est prodigieux à plus d'un titre ! Sa forme délirante, délicieusement outrageuse et singulièrement osée, bien loin des mélodrames habituels sur le sujet ; ses couleurs chatoyantes ; sa BO incroyable ; ses joutes verbales ; et, bien entendu, ses personnages.

La trame suit Johannes, un petit bonhomme candide qui voit dans le régime nazi une planche de salut, l'occasion inespérée d'intégrer un groupe et de prouver sa valeur... Et, en but ultime, d'obtenir les grâces du Führer, ce despote pour lequel il nourrit une admiration aveugle, allant jusqu'à donner à son ami imaginaire l'apparence d'Hitler.

Si le scénario est essentiellement narré par le prisme des enfants, les adultes sont tous très sympathiques et marquants. Sam Rockwell et Scarlett Johansson en première ligne, évidement - l'un en officier nazi décalé engagé mais pas trop, l'autre en mère courage, souvent sur le fil, cherchant à faire de son mieux en permanence pour son fils et ses propres idéaux.

Dans l'entourage de Jojo, deux femmes se distinguent : Rosie, sa maman, et Elsa, son premier amour. Rosie est une mère de caractère. Elle est pétillante, vive, fantasque, presque excentrique et volontiers rentre-dedans lorsqu'il le faut. Autant dire qu'elle détonne singulièrement dans l'ordre et la discipline exigés par le régime en place ! La garde-robe très inventive arborée par l'héroïne, avant-gardiste et colorée, souligne bien la nature moderne du personnage.

Rosie instaure, touche par touche, une légèreté salvatrice dans l'univers de son enfant, le guide dans des histoires, des aventures. Elle l'accompagne dans ses premiers émois, ses premières réflexions. Elle tente aussi d'incarner les deux figures parentales de Jojo face à l'absence du père de famille, parti à la guerre. La scène du dîner, où elle se grime en son mari, essaie de dédramatiser une situation qui lui pèse tout en mettant à jour ses propres fêlures, est criante de sincérité.

Car sous sa légèreté apparente, Rosie cache bien des facettes, dont celle de résistante. C'est elle qui sauve Elsa, la cache chez elle pour la protéger. Dans un premier temps, il ira jusqu'à cacher la présence de cette adolescente juive à son fils, redoutant qu'il ne les dénonce. Elle a beau adorer son enfant, elle est bien consciente de la fascination de Jojo pour le régime et pour Hitler - sans chercher à ouvertement lui faire remettre en cause ses convictions nazies, elle sait aussi le rappeler à l'ordre et le mettre face à ses responsabilités quand la situation l'ordonne.

La conclusion du personnage, abrupte et inattendue, sonne le glas pour l'enfance de Jojo et le début de ses responsabilités - il s'évertuera à respecter les enseignements de sa mère, à suivre ses pas et à protéger Elsa à son tour. Un très beau personnage de maman, rayonnant et tragique, qui reste l'un des atouts phares du long-métrage.


La mère porteuse : Phoebe Buffay dans Friends

Si Friends nous aura offert bon nombre d'arcs marquants, la grossesse de Phoebe est sans doute celui qui détonne le plus ! A une époque où le sujet de la mère porteuse est très peu (ou très mal) traité, le personnage de Lisa Kudrow décide d'aider son demi-frère et sa femme à réaliser leur rêve : celui d'avoir un enfant. Pour ce faire, la jeune femme consent à devenir mère porteuse.

Sa grossesse est bien sûr prétexte à une avalanche de gags : Phoebe se retrouve avec des envies de viande - un drame pour une végétarienne -, essuie des sautes d'humeur volcaniques, se voit contrainte de rester aux Etats-Unis alors que ses amis prennent l'avion pour Londres... Ce qui la pousse à les appeler H24, y compris en plein mariage !

Phoebe a aussi la bonne surprise d'apprendre que le processus a marché au-delà de toutes les espérances : la voilà enceinte de triplés ! Lors de l'accouchement, toute la bande est là pour la soutenir, montrant encore une fois l'amitié indéfectible qui les lie. Phoebe est également la première des trois filles à avoir un bébé, ce qui laisse place à un joli moment de partage alors que le petit groupe est réuni autour des nourrissons.

Mais l'émotion monte d'un cran un peu plus tard, lorsque Phoebe prend conscience que ces enfants, prochainement, retourneront à leurs parents légitimes... Elle espère un temps pouvoir garder l'un des nouveau-nés, tout en sachant la chose impossible. Elle demande à Rachel, Chandler, Monica et Ross de la laisser un moment seule avec la fratrie.

En larmes, elle leur fait alors un merveilleux discours, leur offrant des adieux très tendres et très tristes. Tout en reconnaissant ses responsabilités et son choix, elle ne nie pas l'attachement profond qu'elle leur voue. Une analyse fine et étonnamment mature du statut de mère porteuse, portée par une conclusion très émouvante et le jeu impeccable de Kudrow.

Et voilà, ma rétrospective des mères marquantes est terminée !

Je dédie bien sûr cet article à la mienne qui, je le crois, incarne le meilleur de toutes les figures citées ci-dessus. Une maman courageuse, érudite, rêveuse, fière, passionnée, aventurière. Infiniment forte, infiniment brillante. Mon héroïne des temps glorieux, ma confidente des périodes sombres, mon soutien indéfectible des moments tristes et mon acolyte des jours heureux. Bref, une maman modèle.

Je vous laisse profiter de ce dimanche un peu spécial en compagnie de la vôtre.

Bonne fête à toutes les mères qui me liront !

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