• Chloé

La malédiction des flamants roses #En 3 points

Titre : La malédiction des flamants roses

Autrice : Alice de Nussy, avec des interventions de Valéria Vanguelov

Illustratrice : Janik Coat

Genre : Humour, créativité, apprentissage

Date de parution originale : 2021

Résumé : Concevoir un album pour la jeunesse n'est pas chose aisée : il faut s'accorder entre l'auteur et l'illustrateur, avoir l'approbation de l'éditeur, élaborer la trame, créer des héros... Mais la difficulté se corse encore lorsque les personnages viennent insuffler leur grain de sel ! L'histoire ne sera certainement pas celle à laquelle vous pensez...

#En 3 points :


* Un concept novateur :

La littérature à destination des enfants regorge souvent de pépites novatrices, épatantes et déjantées – comme si leurs auteurs, atteints d’un singulier syndrome de Peter Pan, parvenaient à se réinventer en permanence, à imaginer des intrigues encore plus folles, des concepts toujours plus singuliers ! La force d’un esprit qui a su garder une âme d’enfant, avec toute l’irrévérence ravie et la frénésie inventrice sous-entendues.

La malédiction des flamants roses, signé par la romancière Alice de Nussy et la graphiste Janik Coat, en est le parfait exemple : voici sans conteste l’une des jolies surprises de ce début d’année 2021 !

Une fois n’est pas coutume, les deux artistes sont devant et derrière la caméra – après une brève présentation, Alice et Janik tiennent leur propre rôle au sein de l’intrigue et guident ainsi leur jeune lectorat dans les coulisses d’un livre illustré. Non sans humour, elles dépeignent la fabrication page à page, parfois conflictuelle voire carrément chaotique, d’un album pour enfants. Le tout est supervisé par Valeria, tendre clin d’œil à l’authentique éditrice de Grasset Jeunesse, Mme Vanguelov.

Et si Janik et Alice peinent à trouver un terrain d’entente, ce n’est que le début des ennuis. Car leurs personnages, soudain, s’octroient également le droit de donner leur avis ! La ballerine, dessinée par mégarde par Janik, refuse de quitter la trame. Qu’à cela ne tienne, elle restera au milieu des véritables héros du projet : les flamants. Ces derniers ne sont pas enthousiasmés par les différents lieux proposés par Alice pour situer l’intrigue. Commence alors une folle balade où chaque double page voit s’ajouter de nouveaux personnages (un hippo optimiste, un éléphant à l’étroit, un corbeau contestataire, un chaperon perdu, un lapin et une torture échappés d’une fable), de nouveaux lieux (bois, banquise, plage) et de nouveaux râleurs !


* Un album cocasse et pertinent :

Premier atout : l’album est vraiment très drôle ! C’est un délice extravagant, un imbroglio savoureux qui, pour notre plus grand plaisir, part dans tous les sens. Une succession de pages hilarantes qui fourmillent de particularités insolites, de remarques piquantes à destination des adultes, de retournements de situation, de répliques qui font mouche. La comédie absurde fait des merveilles – on pense notamment au flamant qui s’entête à donner sa recette de soupe aux champignons ou au loup qui se plaint de l’histoire bien mal organisée.

Les autrices ont accordé une attention incroyable aux plus infimes détails, ce qui rend la découverte d’autant plus prenante. Aviez-vous remarqué, par exemple, que les petits soldats sur la garde étaient en noir et blanc au début du livre, puis colorisés à la fin ? D’ailleurs, l’un d’eux est surpris par la présence d’un public et en guise de conclusion, s’étonne de voir déjà partir le lecteur alors qu’ils sont « fin prêts » …

L’humour d’Alice fonctionne très bien ; le style simple et coloré de Janik se prête à la perfection à l’accumulation de ces figures bougonnes. Le fond comme la forme se répondent donc parfaitement, on saluera d’ailleurs l’alternance des bulles de BD (dédiées aux personnages) et du texte classique (réservé à la narratrice).

* Un début en guise dénouement...

On pourrait s’arrêter ici, tenir un album comique des plus sympathiques. Or, le coup de génie ne s’arrête pas là.

Quand enfin Janik et Alice parviennent à mettre cette joyeuse bande d’accord, à trouver le lieu idéal pour débuter les péripéties, Valeria intervient pour les sermonner. Elles ont trop tardé si bien que… Il est l’heure de boucler ! C’est ainsi le début d’une toute nouvelle aventure, celle décidée par les petits lecteurs. A eux désormais de poursuivre.

A la fin de l’ouvrage se trouvent plusieurs planches à découper, incluant les personnages et les décors. Une excellente idée qui permet de stimuler l’inventivité de l’enfant, d’autant plus qu’il a désormais une sacrée ménagerie à disposition.

Une dernière bonne raison de se jeter sur ce bonbon pimpant ? Non seulement « aucun flamant rose n’a été maltraité pendant la réalisation de ce livre » (merci pour la précision) mais l’équipe a également parrainé l’un de ces singuliers oiseaux ! Pour faire de même, préserver l’espèce et son environnement, c’est par ici !

Drôle, ingénieux, instructif, écolo et engagé… Maudits, les flamants ? Pas vraiment. Mais comblés par cet ouvrage, voilà qui est certain !


Un grand merci à Grasset Jeunesse

pour ce très beau service presse.


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