• Chloé

L’avis des Libraires - 222ème Chronique : Mac sur un toit brûlant

L’avis des Libraires : 222ème Chronique

Mac sur un toit brûlant de Melinda Metz

Mac is back !

Sa "personne attitrée" Jaime et sa cousine Briony ayant toutes deux trouvé l’âme-sœur, le Cupidon félin MacGyver pensait couler des jours tranquilles à Storybook Court. Un chien crétin pour bouc-émissaire, une famille aimante, une banlieue chic où il règne en star...

Qu’est ce qui pourrait bien troubler sa vie idyllique ? Une portée de chatons orphelins, pour commencer ; ensuite, une nouvelle locataire dans le quartier, Serena, actrice venue tenter sa chance à Hollywood et qui aurait bien besoin des talents d’entrepreneur ; enfin, une série de larcins commis dans le voisinage ! Les capacités chapardeuses de Mac n’étant plus à démontrer, les soupçons s’orientent bien entendu sur l’infortuné félin... Comme s’il n’avait pas d’autres chats à fouetter !

Mais le rusé matou n’a pas signé son dernier coup d’éclat : il lui faut tirer au clair cette affaire de cambriolage, aider les humains et trouver un foyer digne de ses protégés.

Autant dire que MacGyver doit reprendre du service.


Après des débuts hilarants et une suite en demi-teinte, Melinda Metz nous présente le dernier volet de sa saga. Mac est de retour et notre chapardeur favori n’est pas au bout de ses peines !

Premier constat : la série retrouve enfin tout le charme de son premier tome. A nouveau, Los Angeles dévoile aux lecteurs ses cafés intimistes, ses petites pizzerias accueillantes, ses maisons féeriques inspirées des célèbres Storybook houses

L’intrigue dévoile des péripéties légères et adorables dont elle s’acquitte avec brio. Toutefois, elle accorde cette fois une place centrale au milieu du cinéma et plus particulièrement aux acteurs. Serena est professeur d’art dramatique et bloggeuse, un emploi qui la comble. Mais, à l’approche de la trentaine, elle redoute de passer à côté d’une carrière, d’avoir trop longtemps négligé ses ambitions. Elle espère ainsi décrocher quelques opportunités dans la Cité des Anges. Dégoter un agent, se préparer aux rôles, se présenter aux auditions la tête haute et gérer des tournages parfois chaotiques… Serena n’aspire pas à devenir une vedette, elle veut vivre de ce qui la passionne, sans regret ni amertume. Le milieu hollywoodien en fait rêver plus d’un mais il se dégage de l’(humble) course aux étoiles de notre héroïne une authenticité folle. Et pour cause ! Romancière à succès, Metz est aussi liée à de nombreuses séries emblématiques telles que Buffy, Roswell, Dead Zone. Autant dire qu’elle a côtoyé les plateaux de très près, ce qui apporte à l’ensemble un certain réalisme.

Après une première figure féminine attachante (Jaime) et une autre tout bonnement insupportable (Briony), Serena dévoile une tout autre facette : elle est pétillante, pleine d’entrain, très décidée mais aussi lucide. Elle possède une forme de sagesse et d’abnégation tout en se montrant humaine, avec ses chagrins et ses coups durs. Si elle trouve sa voie au gré de ses aventures, elle apporte surtout beaucoup à son entourage, notamment au comédien en devenir Daniel et au séduisant Erik. Ce dernier, quoi qu’horripilant durant une bonne moitié de l’intrigue, montre une belle évolution au fil des chapitres.

Parmi les autres personnes présentées dans Mac sur un toit brûlant, on retiendra également Charlie, un jeune homme fan de comics en liberté sous caution ainsi que la taciturne tenancière de café à la crinière turquoise, Mme Trask, qui cite des répliques du Général Patton dès que l’occasion se présente !

Outre ces nouveaux personnages, on retrouve également la plupart des habitants de Storybook Court, dont la géniale Ruby, véritable marraine la Bonne Fée locale. Comme si la romancière reconnaissait elle-même l’inutilité de Briony, celle-ci est à peine évoquée – ce qui est une qualité à mon sens…

Sans surprise, MacGyver occupe à nouveau une place clef dans la trame. Il est toujours aussi craquant et apporte une touche mignonne indispensable à la trilogie. Le suivre dans ses pérégrinations pour dénicher la famille parfaite à chaque chaton, le voir multiplier ses combines pour obtenir gain de cause ou saboter allègrement toutes les tentatives pour le garder à la maison est jubilatoire. Mac, décidément, est un Cupidon félin très inspiré.

Quant à la partie axée sur l’enquête, elle est d’autant mieux rendue que nous suivons Erik et Kait, deux policiers, sur les traces du voleur. Si ce dernier reste relativement prévisible, tous les questionnements qui en découlent demeurent plutôt intéressants.

Un seul problème subsiste encore au sein de la saga : la traduction française, laquelle se dégrade au fil des tomes. Ce volet cumule les bourdes. Les expressions américaines sont mal traduites, certains accords de temps n’ont aucun sens et le style s’avère au mieux insipide, au pire lourd – un défaut qui n’est jamais mentionné dans les chroniques anglophones vis-à-vis du travail de Metz.

Ajoutons à cela que l’éditeur français a tout simplement… Changé d’avis en cours de route. Dans le texte original, Jane se prénomme Jamie. Un prénom supposément trop difficile à retenir pour nous-autres, pauvres frenchies. Soit. Mais dès le tome 2, Jane est appelée Jamie. Imaginez si Gallimard avait décidé, tout à coup, que Severus Rogue devait retrouver son nom d’origine – à savoir Severus Snape. Cela serait revenu à renier un parti-pris voulu et validé avec l’équipe de traduction ayant planché sur Harry Potter. Et c’est exactement ce qu’ont commis l’Archipel et leur traductrice ! Le fait d’avoir changé ainsi dénote soit d’un sacré manque de professionnalisme, soit d’une preuve insultante de je-m’en-foutisme.

J’opterais pour la seconde option, l’Archipel n’ayant même pas pris le soin d’établir une quatrième de couverture fidèle à la trame : il est dit que Mac s’occupe de cinq chatons, qu’il tombe amoureux d’une « jolie minette » et qu’il en « perd son sixième sens ». Tout cela est faux. Ajoutons qu’il n’est fait aucune mention de Serena alors qu’elle est l’héroïne et on se demande si les personnes en charge du résumé ont même lu le bouquin. Bravo le service comm’ !

Cela étant, aucun des défauts énoncés n’est lié au texte original. Si vous n’êtes pas trop regardant sur la forme ou que vous manipulez à votre aise la langue de Shakespeare, vous pouvez aisément passer outre.

Voilà qui clôture le Mois dédié au félin sur une note aussi chaleureuse et apaisante que le ronronnement d’un chat. Une lecture bonheur idéale pour achever août avec le sourire !


Mac sur un toit brûlant de Melinda Metz, aux Editions l'Archipel, 383 pages, 20€.


« Mais un casting est comme un puzzle.

Toutes les pièces doivent pouvoir s'assembler.

Ce n'est pas qui est le meilleur.

C'est plutôt qui est le meilleur pour ce puzzle particulier.

Et nous ignorons comment il est.

Eux ne le savent pas encore.

A un moment donné, ils commenceront

à penser le film comme un tout

et ça se réduira à qui s'accorde. »

~ p 239 / Ruby à la jeune actrice débutante Emily


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