• Chloé

Bilan littéraire & cinéma 2021

** Top 2021 **


En cette fin de décembre - et aucune originalité, je l’admets - il est temps de dresser le top de 2021 !

La règle est toujours la même : uniquement des livres sortis dans les librairies francophones cette année ET issus de genres différents à chaque choix.

Allons-y pour un petit récapitulatif du top 5, sans ordre particulier mais avec beaucoup beaucoup d’émotions.


* West Side Story de Irving Shulman :

Grande fresque citadine, critique sociale, drame engagé, romance tragique… Ses thématiques demeurent toujours d’actualité, son ton mordant n’a rien perdu de sa hargne, son essence sensuelle vibre entre les couples déchirés. West Side Story, des décennies après sa création, reste une œuvre indémodable. Pour le meilleur et pour le pire.


* La mélodie des limbes de Nina Gorlier :

Nina Gorlier signe un second roman épatant de maîtrise, sombre, mélancolique et intense. L’univers onirique se marie à la poésie de la plume pour offrir une épopée que vous n’oublierez pas de sitôt. Magistral.


* Un trésor lourd à porter de Maxime Derouen :

Si Derouen reprend la trame d’un conte classique, c’est pour y insuffler des thématiques modernes, des fulgurances contemporaines. Critique piquante des préjugés, satire du matérialisme exacerbé et dénonciation du poids des traditions, rien de moins… Eloge vibrant à l’amitié, le livre pose aussi un regard bienveillant sur la dépression ainsi que sur la recherche du bonheur, deux sujets vastes et majeurs. Un trésor lourd à porter est sans nul doute un trésor à part entière.


* Le jeune acteur de Riad Sattouf :

La patte Riad Sattouf, apposée aux mémoires adulescentes de Vincent Lacoste, fait des merveilles. L’émotion dispute à l’humour, le parcours quasi-hollywoodien est contrebalancé par l’honnêteté du duo. Il y a une justesse, un équilibre, qui rappellent aisément les grandes séries de Sattouf. Le jeune acteur plaira aux inconditionnels du dessinateur, aux fans de cinéma, aux férus des récits d’apprentissage – à n’en pas douter, il séduira beaucoup de monde, réunira bon nombre de lecteurs. Une réussite passionnante qui invite d’ores et déjà à une suite.


* Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë, illustré par Nathalie Novi :

Depuis 2017, les Editions Tibert nous proposent des parutions prestigieuses, des textes classiques en format relié, mis en page avec soin et magnifiquement illustrés. Les artistes choisis sur les projets ajoutent toujours une dimension supplémentaire aux intrigues. J’aurai pu évoquer avec vous leur Dorian Gray mais l’ayant déjà mentionné sur mon compte, j’ai opté pour leur seconde parution de l’année. Ces Hauts de Hurlevent signent les retrouvailles de deux univers prédestinés : ceux des Brontë et de Nathalie Novi. Après Jane Eyre, Novi prouve une fois encore qu’elle n’a pas son pareil pour mettre en images l’esprit torturé des sœurs. Sombre, poétique, étrange, sa peinture retranscrit à merveille la nature sauvage d’Heathcliffe et Catherine. Un objet d’art qui transcende le support littéraire. A quand un projet dédié à La Dame du manoir de Wildfell Hall ?

 

** Partie Rattrapages**


J'ai décidé, pour une fois, de faire un top spécial rattrapages, histoire de mettre en lumière ces autres ouvrages qui m'ont marquée au fil des mois ! J'ignore si je réitèrerais l'expérience en 2022 mais j'avais vraiment envie d'évoquer avec vous ces autres coups de cœur qui ne pouvaient malheureusement pas figurer dans le top.

* Le menteur d’Henry James (1888) :

Une thématique jalonne le récit : la question épineuse de la fabulation en opposition à la quête de vérité. La comédie mordante se pare alors d’une aura plus psychologique, plus ambigüe. Alors, vaut-il mieux proférer d’innocents mensonges destinés à épater la galerie ou s’attacher à une vérité abusive, quitte à l’arracher par la force ? Les mensonges les plus agréables, les plus inoffensifs ou les plus salutaires, ont pour vocation de manipuler le monde, le transformer, le rendre plus supportable ou moins terne, à défaut d’apporter une réelle amélioration… C’est une poudre aux yeux chère aux artistes, si aptes à travestir la réalité pour mieux nous enchanter. Ce que James se charge bien de nous démontrer. * Autumn de Philippe Delerm (1988) :

Il y a de la peinture dans l’écriture, une myriade de couleurs dans les mots employés. Amoureux du style, l'auteur dessine sa trame touche par touche, s’emploie à insuffler la beauté dans chaque phrase. Il véhicule une mélancolie, une langueur propre à son sujet, un esthétisme terrassant. S’il s’attache à rester au plus près des faits et à combler les incertitudes de l’Histoire de la manière la plus réaliste possible, la forme n’est jamais au second plan. L’auteur répond ainsi au fond, à ces figures historiques qu’il ressuscite. Il imprègne ses fulgurances romancières du talent tourmenté de Rossetti ; du souffle évanescent d’Elizabeth ; de l’ingénuité grandiose de Millais ; de l’esprit retors de Ruskin ; de la force d’Effy ; du mystère de Jane Morris… Aussi brillante, sensuelle et torturée qu’une œuvre de Rossetti, Autumn est une toile de maître que l’on contemple jusqu’à l’abîme.

* Mary Pirate d’Ella Balaert (2001) :

La romancière se distingue d’emblée des autres romanciers. Le mythe ne l’intéresse pas : elle veut la Mary Read intime, humaine, obscure. Sauvage, animale presque, fascinée par le sang, la fureur du combat. Aussi préfère-t-elle se couler vers la tragédie existentielle, explorer la psyché trouble d’un être en pleine quête personnelle. Son style opte pour la prose, s’imprègne d’un ésotérisme féroce. Répond à la nature de sa Vénus sortie de la fange en modulant ses phrases d’une grâce cruelle. Mary Pirate ressemble à s’y méprendre à la mer si chère à son héroïne éponyme. Read n’a pas fini de subjuguer les artistes de tous bords... * L'Homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme (2016) :

Sous le crayon de Mathieu Bonhomme, le cow-boy lui-même n’est plus si lisse, si intouchable. Il témoigne d’un passé, véhicule une fêlure. La pureté qu'on lui prête compense à peine son spleen mutique. Rien ne sera dit mais le trait parle pour les mots : ce Luke a vécu. Il est jeune mais déjà fatigué, sur les nerfs, renfermé. Pas si chanceux et toujours marginal. Le dénouement ne lui promet guère une fin heureuse, tout juste nous assure-t-il qu’il restera ce parangon vertueux que tous idéalisent – un choix qui lui coûte. Au final, sans surprise, L'Homme qui tua Lucky Luke ne s’est pas encore présenté. Quant à celui qui le réinventera, eh bien… Mathieu Bonhomme semble être sur la bonne voie. * La Faille du Temps de Jeanette Winterson (2019) :

Réécriture du Conte d'hiver shakespearien, le roman est en permanence sur la brèche, oscille entre deux univers à priori inconciliables, joue sur son inspiration classique en se révélant audacieusement moderne, tresse une intrigue à la fois linéaire et erratique. L’ensemble du roman se construit sur cette faille où tout s’oppose, se complète, s’enrichit en un tout aussi déstabilisant que remarquable. Le texte est sec et lyrique. Alambiqué et limpide. Fruste et philosophique. Obscène et voluptueux. Cruel et tendre. Sombre et lumineux. Comme le swing ininterrompu du temps et des êtres qui le jalonnent. Une dernière danse sur un air de jazz, une tirade décochée en forme de point final, un ultime salut avant de déserter la scène. Rideau.

 

** Partie Cinéma **


Après le top livre, voici le top cinéma du Chap' , sans prétention ni ordre particulier 🎬

Oui, on ne va pas se mentir... Clairement, ça chante beaucoup, ça traite souvent des fêlures des artistes et ça ne respire pas vraiment la joie de vivre ! Mais bon, du Lin-Manuel Miranda, du Leos Carax, du Spielberg ou encore du Edgar Wright, on reste sur un beau palmarès en cette année si particulière pour les salles obscures.


* tick, tick... Boom ! de Lin-Manuel Miranda, avec Andrew Garfield, Alexandra Shipp, Vanessa Hudgens, Bradley Whitford - disponible sur Netflix

* Annette de Leos Carax, avec Adam Driver, Marion Cotillard, Simon Helberg, Devyn McDowell - disponible en support physique le 17/11/21

* Illusions perdues de Xavier Giannoli, avec Benjamin Voisin, Vincent Lacoste, Xavier Dolan, Salomé Dewaels - disponible en support physique le 30/03/22

* Last Night in Soho d'Edgar Wright, avec Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy, Matt Smith, Michael Ajao, Terence Stamp, Diana Rigg - disponible en support physique le 09/03/22

* West Side Story de Steven Spielberg, avec Rachel Zegler, Ansel Elgort, Ariana DeBose, David Alvarez, Mike Faist, Rita Moreno - disponible en support physique le 30/04/22


Bonne année à tous !

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