Mille & un mots avec... Éric L. Mosca

27/02/2020

Mille & un mots avec...

Éric L. Mosca :

L'auteur qui fait mouche

 

Écrivain mélancolique par excellence, Éric L. Mosca s'attache à un genre particulièrement difficile avec brio : la nouvelle.

Cette interview aura pour but de présenter l'univers si atypique de l'auteur, tantôt cocasse et absurde, tantôt résolument romantique, et de revenir sur son recueil Drosophila, synthèse de vingt ans d'écriture...

 © Éric L. Mosca / Profil de l'auteur

 

Avant d’évoquer votre parcours d’auteur, j’aimerai questionner Éric L. Mosca en tant que lecteur… Quel lecteur êtes-vous ? Quels auteurs vous ont passionné ?

Je me considère aujourd’hui comme un lecteur sporadique, alternant les périodes de lectures avec les périodes de réflexions. Je reste attaché aux auteurs du XXe siècles, plus particulièrement aux descendants du « nouveau roman ». Jean Philippe Toussaint, Vincent Ravalec, Michel Houellebecq et plus récemment, Arnaud Le Guilcher m’ont ouvert la voie vers de nouvelles inspirations.

 

Quel est votre rapport à cette forme si particulière qu’est la nouvelle ?

Le format court reste un exercice assez naturel pour moi. J’aime cette idée de raconter des histoires qui se lisent en peu de temps. Je dois avouer que les écrire procure un réel plaisir. Je n’aime pas les textes qui laissent le lecteur sur leur faim et c’est un véritable exercice de tout faire entrer en quelques pages.

 

Évoquons Drosophila ensemble… Pouvez-vous revenir sur la genèse de cet ouvrage, fruit de vingt-et-un ans de labeur, et sur son arrivée aux Editions du Lys Bleu ?

J’avais dans l’idée de réaliser mon premier roman pour sortir de ma zone de confort et finalement mon texte n’a pas pris le chemin voulu. J’avais mille sujets en tête et le format court a une nouvelle fois gagné la partie. J’avais aussi des textes déjà publiés qui n’avaient pas trouvé leur public et que j’ai retravaillé pour finalement constituer une sorte d’anthologie. Les graphistes ont un « book » pour présenter leur travail, moi j’ai ce livre qui présente les facettes de mon écriture. Le Lys Bleu édite beaucoup d’auteurs peu connus. J’ai tenté ma chance et leur retour a été plutôt sympathique. J’en profite pour les remercier grandement de m’avoir fait confiance (tout flatteur…).

© Éric L. Mosca / Présentation d'une nouvelle ô combien marquante de Drosophila

 

Pourquoi avoir choisi Drosophila comme titre ?

Choisir une mouche de laboratoire pour un ouvrage expérimental faisait la blague. Je voulais mettre la touche finale à ce projet en me mettant en accord avec ce que je suis. Etre aussi en accord avec mon nom d’auteur pour le clin d’œil et aussi parce que je suis comme elle, attiré par le vinaigre, j’adore mettre mon nez dans les affaires des autres, surtout si elles sont sales, survoler notre époque pour en sentir les courants.

 

Le recueil se distingue par le choix de l’avoir scindé en deux. Une première partie orientée vers un ton très kafkaïen, très absurde et la seconde, qui s’attarde beaucoup sur le malheur amoureux. Chronologiquement, la seconde a été écrite avant la première, pourtant, vous avez choisi d’inverser leur ordre au sein de l’ouvrage... Quelle en est la raison ?

Je voulais remonter le temps et voir le chemin parcouru. C’était certainement un pari risqué qui pourrait perdre le lecteur. J’avais conscience que la deuxième partie était plus sombre et que je n’abordais pas les choses de la même façon. Je me suis mis à écrire de façon plus libre ces dernières années et surtout ma vie est plus stable et plus joyeuse. Ma sensibilité est toujours la même et mon amour pour le spleen toujours bien présent dans mon écriture. 

 

Y-a-t-il une nouvelle de votre recueil à laquelle vous vouez une affection particulière ?

Les impressions réalistes, pour la forme. C’est certainement le seul texte que je n’ai jamais eu envie de retoucher. Il représente pour moi le texte de référence car j’y retrouve les ingrédients de tout ce que j’aime, un peu de philosophie, de poésie et un petit grain d’absurde. 

 

Au fil des textes, il se dessine en filigrane votre amour pour la Charente-Maritime - elle est d'ailleurs la star de Fouras Forever. Qu'est ce qui vous marque au cœur de cette région ?

La lumière en fin de journée est magnifique. Je ne souhaite pas trop faire l’éloge ici de cette région car je souhaite conserver mon coin de serviette pour l’été prochain.

  © Au Chapelier Lettré / Paysage charentais

 

Pour découvrir votre œuvre, par quel titre faut-il commencer ?

Mes deux premiers ouvrages publiés aux éditions du Manuscrit ne sont plus disponibles et j’ai envoyé au fond d’une poubelle bon nombre de textes, notamment des débuts de romans. Drosophila reste le moyen le plus sûr pour découvrir mon univers en attendant la suite.

 

Quels projets nous réservez-vous pour le futur ?

J’ai envie de faire des infidélités à la nouvelle. J’ai le texte qui mûri en moi chaque jour. Sombre et nostalgique, j’ai des visions de métal en fusion, d’usines en ruines, de fin de règne…

 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

D’avoir la chance d’être en bonne santé assez longtemps pour avancer mes mille projets d’écriture et rattraper le temps perdu pour cause de manque de confiance en moi.

 © Éric L. Mosca /

Présentation colorée pour l'une des plus belles réussites de Drosophila

J'aime
Please reload

  • Google Maps
  • Facebook
  • Goodreads
  • Allociné
  • TV Time
  • Instagram
Mes merveilles en chronique 💖

L’avis des libraires - 190ème chronique : Le Carrousel Infernal

24/10/2020

1/10
Please reload