• ChloĂ©

Bilan ciné 2019

đŸŽ„ Bilan cinĂ© 2019 đŸŽ„

2019 s’achĂšve et avec elle, 12 mois de cinĂ©ma aux nombreuses toiles... J'ai vu une centaine de films, dont 77 sortis cette annĂ©e. Et, lorsque je fais le compte, que je regarde avec un peu de recul ce qui nous a Ă©tĂ© proposĂ©, que j'organise ma petite rĂ©trospective perso, je dois dire qu'il s'agit de l'un de mes meilleurs bilans cinĂ© que j'ai eu Ă  rĂ©diger depuis trĂšs trĂšs longtemps.

D'autant que pour le coup, j'ai plutĂŽt gĂ©rĂ© car trĂšs peu de longs-mĂ©trages que je dĂ©sirais voir me sont passĂ©s sous le nez et honnĂȘtement, je ne pense pas qu'ils auraient eu beaucoup de poids sur mes classements :

  • Alita

  • Anna

  • Cats

  • Charlie's Angels

  • Docteur ?

  • Elisa & Marcela

  • Hors normes

  • Le chant du Loup

  • Les incognitos

  • Les misĂ©rables

  • Midsommar

  • Polar

  • Tolkien

  • Une vie cachĂ©e

  • Vita & Virginia

  • X-Men - Dark Phoenix

A part ça, tout comme pour les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, les rĂšgles pour figurer dans ce classement sont simples : le film doit ĂȘtre dispo en France sur n'importe quelle plateforme (cinĂ©ma, VOD, DVD, Blu-ray, Streaming), en VF ou VOSTFR (qu'il s'agisse de sorties officielles ou de fansub) et uniquement depuis 2019. #thankscaptainobvious !

Ah je prĂ©cise qu’After, Ibiza, C'est quoi cette mamie ?!, Holmes & Watson ou encore Terminator - Dark Fate ne sont pas mentionnĂ©s dans ce bilan parce qu'il y a des limites Ă  ma dĂ©votion cinĂ©phile ! Et puis franchement, l'intĂ©rĂȘt de bitcher, c'est de ne pas savoir Ă  l'avance Ă  quel point la proie de votre future diatribe haineuse est mauvaise - en l’occurrence les cas citĂ©s ci-dessus ne laissent planer que peu de doutes sur la qualitĂ© du bousin alors autant s'Ă©pargner cela et s'orienter sur le positif.

Parce que oui, 2019 a été merveilleuse.

J'ai Ă©tĂ© surprise, j'ai Ă©tĂ© dĂ©stabilisĂ©e, j'ai parfois eu peur, j'ai pas mal pleurĂ©, j'ai beaucoup ri aussi et j'ai chantĂ© Ă  tue-tĂȘte au rythme des bandes-originales entĂȘtantes qui ont accompagnĂ© des images phares, images qui seront probablement amenĂ©es Ă  devenir cultes pour les gĂ©nĂ©rations suivantes...

En dĂ©pit de ces comĂ©dies laborieuses (qui, de toute façon, commencent dĂ©jĂ  Ă  lasser les spectateurs), je reprends doucement confiance dans le cinĂ©ma français ; j'ai Ă©tĂ© bluffĂ©e par la capacitĂ© de Guy Richie Ă  rĂ©inventer l'un de mes dessins animĂ©s cultes ; j'ai adorĂ©, lorsque le sujet Ă©tait bien traitĂ©, le discours d'Ă©mancipation, la fougue fĂ©ministe qui a embrasĂ© les gros blockbusters et les productions plus modestes ; j'ai Ă©tĂ© ravie de dĂ©couvrir sur grands Ă©crans la conclusion honorable de certaines sagas cultes ; j'ai retrouvĂ© les Xavier Dolan et Woody Allen de la grande Ă©poque ; en salle comme sur mon petit Ă©cran, j'ai aussi dĂ©couvert de nombreux longs-mĂ©trages liĂ©s Ă  l'imaginaire auxquels beaucoup de spectateurs avaient, eux aussi, accordĂ© une place phare, qu'il s'agisse de SF, de fantastique ou d'Ă©pouvante, un cinĂ©ma de genre qui me tient et me tiendra toujours Ă  cƓur...

2019 m'a offert des virées intenses dans les salles obscures, avec des coups de foudre inattendus ponctués de rares coups de gueule. Bref, 2019, c'était plus top que flop à mon sens.

Surtout, c'Ă©tait une façon parfaite de conclure la dĂ©cennie et d'en entamer une nouvelle, avec d'autres promesses, d'autres dĂ©fis, de voir le 7Ăšme Art Ă©voluĂ© pour sortir du carcan oĂč il commençait Ă  s'asphyxier dans un modĂšle bientĂŽt dĂ©passĂ©.


Sur ce, allons-y :

Je rappelle qu'il s'agit ici de mes coups de cƓur, que la sĂ©lection ci-dessous est donc Ă©minemment personnelle. Je reste persuadĂ©e qu'on tombe amoureux d'un film de la mĂȘme façon que l'on s'Ă©prend d'une personne : sans logique ni objectivitĂ©, il nous arrive de nous Ă©prendre d'un long-mĂ©trage dont on perçoit tous les dĂ©fauts, toutes les failles et les imperfections, parce qu'il a su toucher quelque chose en nous, nous faire du bien ou nous Ă©mouvoir.

Prenons un exemple : je SAIS que Parasite est un film gĂ©nial, qu'il est largement supĂ©rieur Ă  d'autres de mon classement... Qu'il est plus engagĂ© que Rocketman, mieux rĂ©alisĂ© que Green Book, moins mercantile que Joker. Pourtant, si je lui reconnais bon nombre de qualitĂ©s, je sais aussi qu'il ne m'a pas touchĂ©e autant que j'aurai aimĂ© l'ĂȘtre : c'est en rĂ©alitĂ© le long-mĂ©trage de Bong Joon-ho oĂč j'ai Ă©tĂ© le moins impliquĂ©e Ă©motionnellement. LĂ  oĂč Snowpiercer et Okja m'avaient laissĂ©e dĂ©vastĂ©e par l'expĂ©rience que je venais de vivre, marquĂ©e par leurs idĂ©es et leur mise en scĂšne, je n'ai pas ressenti cette fameuse vague irrĂ©pressible qu'avait fait naĂźtre en moi les deux prĂ©cĂ©dents films du surdouĂ© sud-corĂ©en.

De la mĂȘme maniĂšre, je sais que beaucoup prĂ©fĂ©reront The Lighthouse Ă  Cold Skin ou Toy Story 4 Ă  la version live Aladdin. Et tant mieux.

C'est la diversité des goûts qui rend l'Art si beau, si passionnant et si riche en débats. D'ailleurs, il n'y a pas d'ordre au sein des tops et des flops car les sélectionnés sont tellement différents qu'il n'y aurait pas grand sens à les trier. Les classements suivants sont bien entendus totalement subjectifs et je vous encourage à me délivrer les vÎtres ;) !

Bref, on est parti pour une récap' rapide de ces films qui m'ont marquée en 2019.


👍 Mentions honorables 👍


Aladdin : Sans conteste l'une des meilleures adaptations live jamais signĂ©e par Disney ! Premier point fort : le film est d'une beautĂ© renversante - visuellement, c'est une escapade Ă©blouissante dans l'univers des mille et une nuits qui nous est proposĂ©e ici. Entre fĂ©erie et grandeur, l'esprit du DA est parfaitement retranscrit. Ritchie maĂźtrise incroyablement cet univers et se l'approprie. Sa patte est donc bien visible tout en respectant l'oeuvre originale : le rythme effrĂ©nĂ© des courses-poursuites (oĂč il excelle toujours autant) est contrebalancĂ© par de trĂšs beaux plans sĂ©quences qui permettent d'imprĂ©gner le public de cette magie si particuliĂšre. Et puis il y a les chorĂ©graphies, dont Ritchie parvient Ă  capter toute la frĂ©nĂ©sie et l'intensitĂ©... En effet, le film revendique un cĂŽtĂ© trĂšs bollywoodien ; les passages chantĂ©s et dansĂ©s illustrent Ă  la perfection ce parti-pris. Cet Aladdin Ă©tant une co-production amĂ©ricano-indienne, il semble emprunter de nombreux Ă©lĂ©ments au cinĂ©ma hindi - les chorĂ©graphies endiablĂ©es et les couleurs chatoyantes notamment... Niveau musique, la partition d'Alan Menken est toujours aussi sublime et les titres cultes de 1997 n'ont pas pris une ride. Le long-mĂ©trage dure 2h08 mais semble Ă©tonnamment court : il est menĂ© tambour battant dĂšs son introduction sur Nuits d'Arabie, avec cette effervescence jouissive que le rĂ©alisateur affectionne tant, sans pour autant laisser la sensation d'avoir Ă©tĂ© bĂąclĂ©. Il n'y a pas une seconde de flottement dans le long-mĂ©trage, tout s'enchaĂźne Ă  une vitesse vertigineuse tout en exposant convenablement ses protagonistes et son intrigue. Et que dire du casting ? La distribution est parfaite - Ă  quelques dĂ©tails prĂšs. Mena Massoud campe le personnage Ă©ponyme avec maestria ; Naomi Scott (Jasmine), mutine et impĂ©tueuse, lui donne la rĂ©plique avec aisance : leur alchimie est palpable, leur couple fonctionne trĂšs bien, glamour et taquin Ă  la fois. Will Smith incarne un GĂ©nie rĂ©solument contemporain : il est trĂšs loin de la vision de Robin Williams et, quoi que surprenante, cette idĂ©e est excellente. Les deux GĂ©nies sont si diamĂ©tralement opposĂ©s qu'ils sont incomparables ! En conclusion, Aladdin est un grand et beau film d'aventures comme on en voit peu, entre magie et pĂ©ripĂ©ties, romance et show musical... Le tout est dĂ©lirant, jouissif et menĂ© d'une main de maĂźtre par Guy Ritchie. Une adaptation libre qui sĂ©duira les puristes comme les petits nouveaux : elle nous propose un rĂȘve bleu de plus de deux heures, une balade en tapis volant qu'on serait mal avisĂ© de refuser.


Doctor Sleep : Au delĂ  des rĂ©fĂ©rences appuyĂ©es aux deux gĂ©nies qu'il rĂ©vĂšre (King et Kubrick, donc), Flanagan s'Ă©mancipe rapidement du simple film-hommage. Son Doctor Sleep existe par lui-mĂȘme, en tant que long-mĂ©trage Ă  part entiĂšre. Et quel film ! Ce qui frappe en premier lieu, c'est sa beautĂ© - la scĂšne de projection astrale, poĂ©tique et sinistre, fera date, de mĂȘme que la symbolique des esprits allant d'un labyrinthe glacĂ© pour Danny Ă  une cathĂ©drale pour Rose en passant par un mur de tiroirs savamment agencĂ© pour Abra. Certains passages mettant en scĂšne la puissance du shining sont vĂ©ritablement impressionnants. Le rĂ©alisateur multiplie les plans les plus audacieux, les effets de camĂ©ra les plus ingĂ©nieux. Loin du froid clinique de Kubrick, son cinĂ©ma vibre de vie, de mouvements.Entre deux scĂšnes coup de poing, il prend nĂ©anmoins le temps de dĂ©velopper ses personnages, de poser son univers, d'instaurer une attente chez les spectateurs, de mĂ©nager l'Ă©pouvante, de crĂ©er une vĂ©ritable ambiance. L'intrigue, trĂšs dense, est ainsi rondement menĂ©e. Les acteurs sont tous magistraux, avec une mention spĂ©ciale pour le trio principal (McGregor/Curran/Ferguson). Doctor Sleep a rĂ©ussi l'impossible : respecter l'oeuvre de King, offrir une suite honorable au Shining de Kubrick et exister par lui-mĂȘme. Une excellente surprise au charme funeste et envoĂ»tant, d'une inventivitĂ© folle.

Ça - Chapitre 2 : MalgrĂ© d'Ă©vidents dĂ©fauts, la suite tant attendue reste Ă©minemment attachante, sincĂšre et efficace, plus intimiste, moins racoleuse que de nombreux blockbusters horrifiques actuels. Ce chapitre 2 se focalise volontiers sur la psychologie des personnages, sur le dĂ©veloppement de chacun. Le film pourrait sembler bavard, prĂ©tentieux, indigeste mais il ne l'est pas : les dialogues, les rapports humains, vĂ©hiculent une vĂ©ritable justesse. La performance du casting permet une implication sans faille des spectateurs aux cĂŽtĂ©s de ces loosers magnifiques, de suivre avec un plaisir intact les retrouvailles de la bande vingt-sept ans plus tard. Tout comme son prĂ©dĂ©cesseur, le long-mĂ©trage accorde une personnalitĂ© poussĂ©e Ă  chaque protagoniste. Le Club des RatĂ©s, si attachant dans le premier opus, l'est encore ici et l'alchimie entre eux est palpable : on retrouve Ă  la perfection Bill, Beverly, Richie, Eddie, Ben, Mike et Stan sous les traits cette fois de James McAvoy, Jessica Chastain, Bill Hader, James Ransone, Jay Ryan, Isaiah Mustafa et Andy Bean. Bill SkarsgĂ„rd, de son cĂŽtĂ©, est toujours aussi sensationnel en Grippe-Sous : chaque apparition du clown tueur est soignĂ©e Ă  l'extrĂȘme, parfaitement millimĂ©trĂ©e, iconisant encore d'avantage la crĂ©ature. Pour le reste, Muschietti travaille toujours autant ses visuels : la fĂȘte foraine et ses nĂ©ons, la prolifĂ©ration de ballons rouges, les corps dĂ©charnĂ©s... L'ambiance est glauque, malsaine, soulignĂ©e par la partition de Benjamin Wallfisch. Une fois encore, la menace reprĂ©sentĂ©e par Grippe-Sous n'est pas l'unique source de tourments des ratĂ©s. Le long-mĂ©trage a parfois du mal Ă  trouver son ton entre l'Ă©pouvante, l'humour et le drame humain, ce qui le rend moins rĂ©ussi que le premier volet, un peu dĂ©cevant, certes. Pourtant, lorsqu'il parvient Ă  trouver son Ă©quilibre, le rĂ©sultat est Ă  la hauteur de ses ambitions.

La favorite : Les femmes, ici, ont des serres Ă  la place des ongles, un poignard au lieu de langue et de la glace en guise de cƓur. Elles sont manipulatrices, calculatrices, terrifiantes
 Captivantes. Rarement portraits de femmes, si sombres soient-ils, n’auront Ă©tĂ© si fascinants Ă  contempler. Telles des Joconde corrompues, rongĂ©es par l’ambition, elles gardent leur part de mystĂšres.A l’image de ces anti-hĂ©roĂŻnes, La Favorite Ă©chappe Ă  toute forme d’acadĂ©misme, tant sur la forme que sur le fond. C’est un film dur, impertinent, profondĂ©ment dĂ©rangeant oĂč la violence physique cĂŽtoie l’amoralitĂ© la plus virulente. Dans les plus hautes castes comme dans les cuisines, on fait payer la beautĂ© de l’une en la brĂ»lant Ă  la soude, on humilie l’autre pour son esprit brillant dans les salons. FĂ©roce et tragique, la concurrence d’Abigail et Sarah, loin des habituelles futilitĂ©s de courtisans, s’apparente davantage Ă  une lutte destructrice. C’est Ă  la fois captivant et terrible Ă  observer tant LĂĄnthimos a le don de mettre Ă  jour les facettes les plus sombres de l’ñme. Si tous les acteurs sont incroyables, le trio fĂ©minin, au cƓur du film, est au-delĂ  du mot. Il est prodigieux. Emma Stone campe impeccablement une jeune ambitieuse aux dents longues qui se rĂ©vĂšle dans toute sa fĂ©rocitĂ© Ă  mi-parcours ; Rachel Weisz est Ă©patante de panache et de charisme ; Olivia Colman est stupĂ©fiante en reine dĂ©chirĂ©e, brisĂ©e et manipulable, plus perspicace qu’il n’y paraĂźt au premier abord. La cour d’Angleterre n’aura jamais Ă©tĂ© si violente, si mortelle, si irrĂ©vĂ©rencieuse, que par la camĂ©ra de YĂłrgos LĂĄnthimos. Un combat en jupons dont aucune combattante ne sort indemne
 A l’image des spectateurs.

El Angel ex-ĂŠquo Extremely Wicked, Sockingly Evil and Vile : En Argentine, le jeune assassin Puch va irrĂ©mĂ©diablement briser les stĂ©rĂ©otypes autour des tueurs en sĂ©rie, de la mĂȘme façon que Ted Bundy avait Ă©branlĂ© les certitudes des AmĂ©ricains quant Ă  la reprĂ©sentation traditionnelle de ces monstres Ă  l’apparence humaine. Deux jolis dĂ©mons aux physiques charmants, aux antipodes de ces serials killers abjects dont les vices se peignent sur les visages : ils sont mortellement sĂ©duisants, irrĂ©sistibles, l’innocence incarnĂ©e. Puch est un fils Ă  maman, Bundy un conjoint exemplaire. L’un assassine par jeu avec un dĂ©tachement impitoyable ; l’autre viole et tue pour assouvir un besoin irrĂ©pressible. Dans un cas comme dans l’autre, rien ne peut justifier la portĂ©e de tels actes – aucun traumatisme, aucun drame personnel, la dĂ©viance est lĂ , profonde, ancrĂ©e, sans qu’on ne parvienne Ă  en dĂ©terminer la cause, Ă  se livrer Ă  de la psychologie de comptoir
 Ils n’en sont que plus incomprĂ©hensibles, intouchables, quasiment mystifiĂ©s et c’est bien lĂ  leur premier atout : voilĂ  ce qui les rend si fascinants, ce qui les nimbe de cette aura artistique, ce qui a captĂ© l’attention de rĂ©alisateurs talentueux pour porter leur road-trip destructeur Ă  l’écran. Sortis la mĂȘme annĂ©e, Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile (centrĂ© sur Bundy) et El Ángel peuvent facilement ĂȘtre mis en parallĂšle : tous deux ont su Ă  merveille retranscrire le magnĂ©tisme malsain, le parfum de soufre et de foutre qui colle Ă  la peau de ces Apollons tortionnaires. Pourtant, Extremeley Wicked et El Ángel traitent leur sujet d’une façon diamĂ©tralement opposĂ©e. Le premier place le spectateur dans le cercle intime de Bundy, montre la façon dont il Ă©tait perçu par son entourage. Le second prend le parti-pris inverse : tout nous est montrĂ© Ă  travers les yeux de Carlitos, avec toute la mĂ©galomanie, la lĂ©gĂšretĂ© et la dĂ©sinvolture qu’impliquent pareil choix. Les Ɠuvres sont donc Ă©trangement complĂ©mentaires, opposĂ©es dans leur traitement mais rassemblĂ©es par leurs thĂ©matiques. Qu'il s'agisse de l'un ou l'autre, les prestations hallucinantes de Zac Efron et Lorenzo Ferro, la mise en scĂšne implacable de Joe Berlinger et Luis Ortega, le brio de la bande-originale, le rythme parfaitement maĂźtrisĂ©, l'esthĂ©tique rĂ©tro, font de ces films des plongĂ©es cauchemardesques mais diaboliquement sĂ©duisantes dans la peau de ces Apollons meurtriers.


❀ Top 2019 ❀


Edmond : Voici une immense rĂ©ussite, un grand film en costumes Ă  la française, jouissif et enthousiasmant.... Le dĂ©fi a dĂ» ĂȘtre grand pour Michalik de porter dans les salles obscures sa piĂšce nommĂ©e sept fois aux MoliĂšres. Pourtant, lĂ  encore, il remporte le dĂ©fi haut la main ! PassĂ© la surprise de dĂ©couvrir un tout nouveau casting, une nouvelle vision de la piĂšce, un nouveau regard... Le spectateur se laisse happer par le Edmond incarnĂ© par Thomas SolivĂ©rĂšs. Jeune, timide, angoissĂ©, SolivĂ©rĂšs a su, Ă  merveilles, capter la nature sensible et tourmentĂ©e de Rostand - pour la premiĂšre fois, il tient un grand rĂŽle dans un film d'envergure ! Il investit tout l'Ă©cran, solaire, irradiant de gĂ©nie. Ce choix pourtant singulier est payant et la premiĂšre grande rĂ©ussite de Michalik : l'ensemble du casting est tout simplement excellent. CĂŽtĂ© scĂ©nario, on retrouve tous les atouts de la piĂšce : la verve incroyable, les dialogues truculents Ă  souhait, l'histoire parfaitement exĂ©cutĂ©e... Sur le principe de la biographie romancĂ©e, Michalik imagine, en partie, comment Edmond a pu inventer Cyrano, et ce en un temps record, alors que les crĂ©anciers et la ComĂ©die-Française menaçaient l'ensemble de la troupe. LĂ , le fantasme prend le pas sur la rĂ©alitĂ© : ce qui aurait permis un tel Ă©lan d'inventivitĂ©, c'est l'arrivĂ©e de l'esprit et de la beautĂ© dans le quotidien plutĂŽt morne d'Edmond. L'esprit en la personne de M. HonorĂ©, un gĂ©rant de cafĂ© Ă  la langue bien affĂ»tĂ©e ; la beautĂ© en la prĂ©sence d'une jeune habilleuse, Jeanne, la conquĂȘte de LĂ©o, lui-mĂȘme Ă©tant acteur et grand ami d'Edmond. Ainsi, les rĂ©pliques de la vĂ©ritable piĂšce s'entremĂȘlent-elles avec celles de son auteur, justement en train de la composer. Nouvel effet de miroir, deux triangles amoureux : Cyrano/Roxane/Christian d'un cĂŽtĂ©, Edmond/Jeanne/LĂ©o de l'autre. Cette idĂ©e centrĂ©e sur la source crĂ©ative a dĂ©jĂ  fait ses preuves au cinĂ©ma (MoliĂšre de Laurent Tirard ou Shakespeare in Love de John Madden notamment) et, de nouveau, la magie opĂšre. Le scĂ©nario, une nouvelle fois, est tout simplement irrĂ©sistible. PortĂ© par un casting impeccable, voici un long-mĂ©trage tour Ă  tour sensationnel, imprĂ©visible, inspirĂ©, audacieux, touchant, poĂ©tique. N'en doutez point : Ă  la fin du film, Michalik fait mouche.

La Belle Ă©poque : TrĂšs vite, La belle Ă©poque impose ce constat : le dernier long-mĂ©trage de Nicolas Bedos Ă©chappe aux rĂšgles, aux codes. Il propose du jamais vu, la preuve concrĂšte que le 7Ăšme art peut encore et toujours se rĂ©-inventer. Comme pour la plupart des ovnis apparus au hasard des Ă©crans, le film suscite bon nombre d'Ă©motions contradictoires au sein de son public. Il laisse perplexe, songeur, Ă©mu, amusĂ©, colĂ©rique, enfiĂ©vrĂ©, tire les spectateurs hors de leur zone de confort. Il dĂ©contenance, par ses changements radicaux de ton ; passant de la comĂ©die caustique Ă  l'ironie douce-amĂšre, se faufilant du drame intimiste Ă  la violence du quotidien. LĂ  encore, ce qui lie le tout, donne Ă  cet ensemble improbable toute sa grĂące et sa rĂ©ussite, repose sur la plume de Bedos, son art ciselĂ© des dialogues, sa virtuositĂ© du rythme. Par ce film, il parle du couple, de notre rapport Ă  la technologie, de notre mĂ©lancolie face au passĂ©, de notre place dans le prĂ©sent. Il a ce talent innĂ© d'appuyer sur les petits travers douloureux, les traits hideux d'un tempĂ©rament, les contradictions humaines, et d'orienter sur les nĂ©vroses les plus secrĂštes la lumiĂšre de ses projecteurs : devant sa camĂ©ra, ceux-ci sont indiscutablement sublimes, percutants et vivants. Il se distingue aussi par son absence totale de manichĂ©isme, tant dans ses protagonistes que son message. Sur la forme, le rĂ©alisateur-scĂ©nariste-dialoguiste-compositeur (excusez du peu) emprunte tant au thĂ©Ăątre qu'au cinĂ©ma, avec ses dĂ©cors en carton pĂąte, son Ă©clairage tape Ă  l’Ɠil. L'illusion bien connue des planches se superpose Ă  la beautĂ© des plans, Ă  l'ingĂ©niositĂ© de la mise en scĂšne. Le mordant de la verve s'allie Ă  la beautĂ© des images, imposant d'emblĂ©e quelques scĂšnes cultes. N'ayons pas peur des mots jetĂ©s dans cette chronique, ni des maux relatĂ©s au sein de cette histoire : La belle Ă©poque est non seulement un beau film, un grand long-mĂ©trage mais surtout un indĂ©niable chef-d'oeuvre. Nicolas Bedos n'a pas fini de nous Ă©merveiller.


Marriage Story : Marriage Story fait partie de ces longs-mĂ©trages qui broient le cƓur par l'extrĂȘme rĂ©alisme de son traitement, parce qu'il ne souligne que trop bien la facilitĂ© avec laquelle l'existence vole en Ă©clats en l'espace d'une dĂ©cision, fut-elle commune. Avec beaucoup de pudeur et de sensibilitĂ©, Baumbach filme donc l'histoire d'un mariage et son pire cas de figure - son Ă©chec. Avec ses fĂȘlures, sa fin inĂ©luctable et le flot d'Ă©motions irrĂ©pressibles qui en dĂ©coule : la colĂšre, l'amertume, le chagrin, l'angoisse, les confrontations, la difficultĂ© Ă  reprendre pieds... L'ancien amour s'Ă©tiole lentement avec le risque de cĂ©der Ă  la haine la plus violente. Le deuil de leur relation, la fin d'une vie de famille rangĂ©e, d'une collaboration amoureuse et professionnelle sont au centre de ces 2h16 et traitĂ©s avec une frĂ©nĂ©sie vertigineuse, emboĂźtant Ă  la perfection les derniers vestiges d'un mariage. Pour autant, le film est cru sans donner dans le mĂ©lo inutile, vrai sans exagĂ©ration aucune. C'est sa sincĂ©ritĂ© et son absence de pathos outrancier qui le rendent si touchant et si prenant. Les dialogues, magnifiquement Ă©crits, n'ont rien Ă  envier Ă  d'illustres dramaturges contemporains tant ils frappent fort, d'une prĂ©cision hallucinante. La mise en scĂšne, sobre et inspirĂ©e, Ă  laquelle se superpose la musique virevoltante de Randy Newman, rend le visionnage d'autant plus saisissant. Face Ă  la camĂ©ra, Scarlett Johansson et Adam Driver offrent des prestations sublimes, sur le fil, d'une justesse incroyable, confirmant que, bien au-delĂ  de leur participation dans des franchises Ă  succĂšs, ils sont et restent avant tout de formidables artistes. Aussi beau qu'Ă©prouvant, Marriage Story narre le chant du cygne d'une relation avec une force, une Ă©lĂ©gance et une retenue exemplaires. Une chronique aigre-douce sur le (dĂ©s)amour mais surtout un trĂšs grand film Ă  la clef.

Matthias & Maxime : Xavier Dolan retourne ici Ă  ses premiers amours : la chronique de vie douce-amĂšre, l'orientation sexuelle, l'acceptation de soi, les rapports familiaux complexes, les amitiĂ©s bruyantes et... l'amour justement. Celui qui se teinte de pulsions inavouables, qui consume les deux protagonistes, qui les dĂ©chire et les rassemble. Certes, le scĂ©nario est assez traditionnel et sonne comme un retour aux sources pour le jeune cinĂ©aste ; la mise en scĂšne inspirĂ©e, la bande-son Ă©clectique et les comĂ©diens habitĂ©s hissent toutefois largement le film au-dessus des productions romantiques actuelles. Elle se distingue d'ailleurs par une certaine sobriĂ©tĂ©, une puretĂ© ingĂ©nieuse. L'acteur-rĂ©alisateur n'a pas son pareil pour filmer le dĂ©sir, la valse des corps et des sentiments, cette lente dĂ©couverte de l'autre. Des Ă©lans souvent Ă  l'Ă©troit dans le quotidien. Les Ă©tiquettes n'ont pas leur place dans Matthias & Maxime, aucun protagoniste ne rentre dans des cases : ils existent au delĂ  de leur orientation sexuelle, Ă  travers leurs sentiments, leur sensualitĂ© Ă  fleur de peau, leur cheminement intĂ©rieur. C'est sans nul doute le film le plus intimiste de Dolan depuis J'ai tuĂ© ma mĂšre, le plus optimiste aussi. Le long-mĂ©trage s'avĂšre curieusement feel-good, porteur d’une rare revendication : le droit au happy-end. Les histoires d'amour existent encore. Et elles ne finissent pas toujours mal, contrairement au vieil adage. La preuve : nous, nous sommes tombĂ©s Ă©perdument amoureux de Matthias et Maxime.

Brooklyn Affairs : LE coup de foudre inattendu de 2019 ! Pour son second long-mĂ©trage oĂč il Ă©volue Ă  la fois en tant que rĂ©alisateur et acteur principal, Edward Norton signe un film ambitieux, Ă  la croisĂ©e des genres, bien au-delĂ  d'une simple traque dans un New-York en pleine Ă©bullition. Au cƓur d'un scĂ©nario machiavĂ©lique rondement menĂ© sur une quĂȘte de la vĂ©ritĂ©, on retrouve en effet l'un des anti-hĂ©ros les plus attachants et dĂ©routants qui nous ait Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© par ce type de production : Lionel Essrog (Norton), un dĂ©tective atteint du syndrome Gilles de La Tourette, offre un mĂ©lange de loufoquerie, d'attachement, d'intelligence et de mĂ©lancolie absolument irrĂ©sistible. Du long de ses 2h20, Brooklyn Affairs est un film noir extrĂȘmement dense, qui brasse nombre de thĂ©matiques fortes sans jamais paraĂźtre inĂ©gal ou ampoulĂ©. Loin du long-mĂ©trage attendu, ce dernier est avant tout social et politique. Norton dĂ©peint des rĂȘveurs grandioses, des ratĂ©s magnifiques, et il le fait Ă  la perfection. MalgrĂ© les thĂšmes forts abordĂ©s ici, aucun rebondissement pathos, aucune scĂšne tire-larmes - le message est assez fort pour se soustraire Ă  ce racolage mĂ©lo. L'humour alterne avec l'Ă©motion, les scĂšnes d'action se superposent Ă  des moments de pure tension, le film est frĂ©nĂ©tique quand il le faut, posĂ© lorsque sa trame l'exige, en un rythme absolument parfait. Tout le casting se rĂ©vĂšle brillant et les acteurs portent des personnages troubles aux ambitions ambiguĂ«s (Bruce Willis, Gugu Mbatha-Raw, Alec Baldwin, Willem Dafoe)... Une distribution impeccable de bout en bout, Ă  laquelle Norton laisse toute la place nĂ©cessaire pour exister et Ă©voluer. Ajoutons Ă  cela l'efficacitĂ© de la mise en scĂšne, certains plans remarquablement pensĂ©s, innovants et immersifs, la reconstitution formidable des annĂ©es 50, le tout soulignĂ© par la bande-originale trĂšs jazz de Daniel Pemberton. Un polar somme toute trĂšs classe qui reprend ses classiques tout en se dĂ©marquant par ses engagements et ses protagonistes. Edward Norton rĂ©ussit son pari haut la main en adaptant Les Orphelins de Brooklyn de Jonathan Lethem et dĂ©livre un chef-d'oeuvre labyrinthique, puissant et magistralement interprĂ©tĂ©.

Rocketman : DĂšs les premiĂšres images et l'apparition ubuesque d'Elton John en costume de dĂ©mon Ă  paillettes, dĂ©ambulant d'un pas dĂ©cidĂ© dans des couloirs immaculĂ©s, le charme opĂšre.Et trĂšs vite, un constat : le film ne sera pas un biopic classique. Ni lisse, ni conformiste, Rocketman ne trahira ni n'idĂ©alisera le chanteur mais sera parfaitement Ă  son image - dĂ©jantĂ©, dĂ©complexĂ©, brillant, dĂ©primant, kitsch, addictif, touchant, intense, follement improbable et dĂ©licieusement rock... La mise en scĂšne fourmille d'idĂ©es, les chorĂ©graphies et les tableaux musicaux sont d'une inventivitĂ© dĂ©lirante. L'acadĂ©misme et la bien-pensance n'ont pas davantage leur place au sein de Rocketman que dans la discographie d'Elton John. La banale biographie se transforme donc en vĂ©ritable comĂ©die musicale oĂč tous les acteurs dĂ©montrent un talent hallucinant. Le portrait est authentique et donc loin d'ĂȘtre toujours flatteur, tout en s'abstenant de juger. On ne condamne pas un parcours, on l'expose, avec sincĂ©ritĂ© et compassion, par le prisme de l'Art et non du voyeurisme. Jamais ne seront occultĂ©s ses failles, ses troubles, ses erreurs, de mĂȘme que sa grandeur, sa passion ou ses prouesses scĂ©niques et vocales... Egerton incarne le chanteur avec toute la sincĂ©ritĂ© d'un grand acteur : ni imitation, ni parodie, son interprĂ©tation toute en finesse, sur le fil, insuffle Ă  son rĂŽle la mĂ©lancolie et le gĂ©nie de John. A ses cĂŽtĂ©s, Jamie Bell, qui incarne Bernie Taupin (le parolier et meilleur ami du chanteur), est sensationnel. L'alchimie entre Bell et Egerton est palpable et le duo parfaitement complĂ©mentaire. Mais le plus fascinant, au final, c'est de constater Ă  quel point Rocketman parlera aux fans comme aux nĂ©ophytes. Chacun y trouvera son compte. Car le long-mĂ©trage dĂ©crit un parcours au final universel : s'accepter, lutter contre ses dĂ©mons, s'Ă©manciper des personnes toxiques, connaĂźtre l'amour, s'Ă©panouir dans la plus belle des amitiĂ©s, se battre pour ses idĂ©es, ne rien lĂącher professionnellement et, enfin, ĂȘtre en paix avec son "moi intĂ©rieur" - ce qu'on a Ă©tĂ© et ce qu'on sera, ce qu'on est au quotidien... Sous les paillettes, les shows et le business, il y a l’authenticitĂ© et la complexitĂ© d'un homme, transcendĂ©es par une Ă©quipe passionnĂ©e. C'est lĂ  oĂč rĂ©side toute l'universalitĂ© des propos, toute la beautĂ© des images, toute la force du sujet. L'implication Ă©motionnelle est si forte, le film si ambitieux et honnĂȘte qu'on lui pardonne volontiers une scĂšne inutilement niaise et un final un peu trop abrupt. Voici une apothĂ©ose dĂ©tonante Ă  laquelle personne n'Ă©tait prĂ©parĂ©.


Green Book : SuccÚs inattendu sur le territoire américain en 2018, Green Book a créé une seconde fois la surprise en s'imposant comme le grand vainqueur de la 91Úme cérémonie des Oscars. Une ovation des plus méritées car le film de Peter Farrelly, d'ordinaire friand de comédies potaches, se révÚle une réussite flamboyante, caustique et intimiste.

InspirĂ©e de l'histoire vraie du pianiste afro-amĂ©ricain Don Shirley et de son chauffeur homme de main d'origine italienne Tony Vallelonga, la trame retrace leur voyage dans le Sud des annĂ©es 60, oĂč le racisme est encore omniprĂ©sent. Un pĂ©riple qui va amener au rapprochement de ces deux ĂȘtres radicalement opposĂ©s mais singuliĂšrement complĂ©mentaires. Don, virtuose, brillant, excentrique et vaguement snob, rentre trĂšs vite en altercation avec Tony, frustre pĂšre de famille empli de prĂ©jugĂ©s qui s'avĂšre Ă©galement loyal, droit et spontanĂ©. L'opposition au sein de ce tandem improbable va aboutir Ă  un lent apprivoisement mutuel, puis une amitiĂ© sincĂšre, oĂč chacun va profondĂ©ment impacter l'autre. Les protagonistes, bien qu'imparfaits, s'avĂšrent touchants, vĂ©hiculent une humanitĂ© et une authenticitĂ© qui leur est propre. Les prestations Ă©blouissantes de Mahershala Ali, secret et singulier, et Viggo Mortensen, dans un rĂŽle Ă  contre-emploi, transforment une franche rĂ©ussite en coup d'Ă©clats.

Si Green Book aborde des thĂ©matiques fortes et sensibles, tels que le poids du milieu social, l'intĂ©gritĂ©, l'honneur, l'homophobie, le racisme (banalisĂ© ou non), il ne tombe jamais dans le pathos. Mieux : il est souvent drĂŽle, dĂ©calĂ©, refuse systĂ©matique de tomber dans le mĂ©canisme bien huilĂ© du mĂ©lodrame larmoyant et moralisateur. En dĂ©coule un buddy-movie historique et improbable, oĂč les dialogues font mouche Ă  coup sĂ»r et oĂč le scĂ©nario s'attarde davantage sur les personnalitĂ©s hors-normes de son tandem.

Dans cet Ă©quilibre dĂ©licat qu'est la comĂ©die engagĂ©e, le long-mĂ©trage parvient Ă  susciter de vĂ©ritables moments d'Ă©motion, oĂč les sentiments Ă©mergent Ă  fleur de peau, s'immiscent subtilement dans le jeu de Mortensen et Ali.

Certes, on pourrait reprocher Ă  la rĂ©alisation d'ĂȘtre trop acadĂ©mique - toutefois, on prĂ©fĂšre y voir une volontĂ© de s'effacer totalement derriĂšre l'histoire, prĂ©servant une trame puissante de toute fioriture.

Un road-movie positif, infiniment bienveillant et intelligent, portĂ© par le duo mĂ©morable Viggo Mortensen/Mahershala Ali. Une ode Ă  la tolĂ©rance naviguant au cƓur des paysages magnifiques Ă©tasuniens, sans Ă©litisme, qui brille par son message touchant.

Cold Skin : Cette fable noire et tragique, inspirĂ©e du roman d'Albert SĂĄnchez Piñol, se distingue par son ambiance lyrique, sa photographie sublime, les paysages hors-du-temps de Lanzarote, le maquillage bluffant, la violence et le dantesque des scĂšnes se dĂ©roulant dans le phare... La trame aurait pu ĂȘtre Ă©crite par Lovecraft et les visuels peints par Caspar David Friedrich tant le fond comme la forme sont sidĂ©rants de beautĂ©. Le dernier long-mĂ©trage de Gens est sans nul doute son plus beau, son plus abouti, son plus complexe aussi. Cold Skin ne se limite pas Ă  l'horreur - cette derniĂšre est d'ailleurs plutĂŽt secondaire - mais tend vers diffĂ©rents genres : le conte, l'Ă©pouvante, la philosophie, le parcours initiatique, le survival, le fantastique... Il explore avec une sensibilitĂ© infinie le parcours d'un jeune mĂ©tĂ©orologue exilĂ© sur une Ăźle dĂ©sertique, devant composer avec le gardien de phare aux motivations troubles Gruner et une horde de crĂ©atures amphibiennes prĂȘte Ă  lancer l'assaut nuit aprĂšs nuit. On peut Ă©videment y voir une allĂ©gorie fantastique de la xĂ©nophobie, de cette peur farouche de l’autre, si diffĂ©rent, si inconnu. Si bien que, trĂšs vite, une question se pose : qui est l'ĂȘtre civilisĂ© et qui est la bĂȘte ? Dans son univers, le Beau et la BĂȘte s’y frĂ©quentent dans de sombres contrĂ©es battues par les vents, menacĂ©s par la barbarie humaine, exilĂ©s au cƓur d’un paysage sauvage oĂč le noir du sable s’oppose au bleu glacĂ© de la mer. Dans Cold Skin, la peau est froide mais le cƓur est bel et bien chaud. De quoi tomber intensĂ©ment amoureux de ce film Ă  la croisĂ©e des genres.


Once Upon a Time in Hollywood : Qu'on apprĂ©cie ou non l'homme, qu'on soit rĂ©ceptif ou pas Ă  son art, il est unanimement admis qu'un nouveau Tarantino est toujours une sortie majeure. Et de fait Once upon a Time... In Hollwyood est, purement et simplement, l’évĂ©nement de 2019 ! Le dernier Tarantino reprend bien sĂ»r tous les codes de son rĂ©alisateur : son art du dialogue, ses personnages de ratĂ©s magnifiques, son dĂ©luge de rĂ©fĂ©rences, sa fixette sur les pieds, sa violence exaltĂ©e, sa bande-originale calibrĂ©e avec un soin chirurgical, son casting irrĂ©prochable, ses habituelles tĂȘtes d'affiche... Mais Once upon a Time... a su transcender son postulat de base, celui d'un acteur Ă©tiquetĂ© has-been et de son cascadeur attitrĂ©, un duo de paumĂ©s attachants naviguant dans une pĂ©riode charniĂšre du cinĂ©ma, cĂŽtoyant de prĂšs les pourtant inaccessibles Sharon Tate et Roman Polanski. Au milieu de cette Ă©poque en pleine effervescence, une plĂ©thore de protagonistes iconiques, rĂ©els ou non. DiCaprio en acteur dĂ©passĂ©, alcoolique, pathĂ©tique mais terriblement attachant, est aussi incroyable qu'Ă  son habitude ; Brad Pitt, lui, incarne Ă  merveille le cool tarantinesque, tout en ajoutant Ă  son rĂŽle de baroudeur cascadeur son sex-appeal naturel. La bromance entre les protagonistes est palpable, de mĂȘme que l'alchimie entre DiCaprio et Pitt. Une trĂšs belle amitiĂ© virile, atout phare des tribulations un peu vaine de nos deux (anti)hĂ©ros devenus persona non grata. Once upon a time.... in Hollywood retrace une pĂ©riode fantasmĂ©e par le regard admiratif de Tarantino, ces annĂ©es 60 si chĂšres au rĂ©alisateur. Si le long-mĂ©trage colle au plus prĂšs de l'esprit de cette dĂ©cennie, il s'octroie Ă©videment de grandes libertĂ©s - tout comme il l'avait fait pour Inglourious Basterds. Le film a Ă©tĂ© fait pour le cinĂ©ma au sens le plus large du terme, ceux qui le construisent, ceux qui le font grandir au quotidien devant et derriĂšre la camĂ©ra, ceux qui le regardent, ceux qui le vivent. Ceux qui l'aiment. En presque 3 heures, le crĂ©ateur terrible de Reservoir Dogs signe une histoire dense, soigne son ambiance avec une minutie exaltante et se veut volontiers contemplatif afin d'accentuer l'imprĂ©gnation du public... Quitte Ă  laisser certains spectateurs sur le carreau. Mieux vaut ĂȘtre informĂ© sur les faits et leur temps avant de se prĂ©senter dans les salles obscures donc, si l'on souhaite saisir toute la subtilitĂ© de ce chef-d'oeuvre. Car oui, Once Upon a Time... In Hollywood n'est pas seulement un grand Tarantino. C'est un grand film, tout court.

Joker : Il y aura un avant et un aprĂšs Joker, une remise en question profonde du genre. La ville de Gotham, telle que dĂ©peinte par Phillips et Phoenix, est une mĂ©tropole terne Ă  la violence omniprĂ©sente, curieusement proche de notre sociĂ©tĂ© mais poussĂ©e Ă  son paroxysme, dans toute sa crasse, sa perversitĂ© et sa misĂšre humaine. Le chĂŽmage, la criminalitĂ© et la crise financiĂšre ont raison des institutions supposĂ©es soutenir les faibles et les malades. La ville est pourrie jusque dans ses dorures, dans sa haute sociĂ©tĂ© et renvoie ainsi un reflet de notre Ă©poque, comme un miroir grossissant qui accentuerait les pires dĂ©fauts de notre Ăšre. C'est dans ces moments, prĂ©cisĂ©ment, oĂč le film s'avĂšre le plus implacable : lorsqu'il pointe du doigt des dĂ©rives curieusement actuelles. Sous les traits d'Arthur, le personnage principal, Joaquin Phoenix respire ce mal-ĂȘtre, le suinte par tous ses pores. Position voĂ»tĂ©e, dos bossu, d'une maigreur affolante, rictus inquiĂ©tant et regard fixe. DĂšs les premiĂšres images, la folie est lĂ , dans les gestes, les mimiques, les regards. Dans le dĂ©sespoir patent du protagoniste, sa souffrance qu'il porte inlassablement depuis des annĂ©es. La dĂ©chĂ©ance - ou l'Ă©lĂ©vation selon les points de vue - sera magistrale, violente, inĂ©luctable. Le film n'excuse rien mais montre, insiste sur le parcours de son sombre hĂ©ros, pousse les spectateurs Ă  l'exercice le plus pĂ©rilleux : s'identifier Ă  un psychopathe, le comprendre et l'aimer. Souffrir avec lui et assister impuissant au carnage annoncĂ©. S'il ne peut atteindre sa superbe dans les carcans modernes, il anĂ©antira tout et renaĂźtra sous sa forme la plus exterminatrice. Un discours nihiliste qui parlera Ă  bon nombre de dĂ©favorisĂ©s mais aussi aux personnalitĂ©s les plus extrĂ©mistes - le parallĂšle avec l'actualitĂ© est terrible, il prend aux tripes, assĂšne ses coups avec une prĂ©cision terrifiante. Le film revendique clairement son engagement et sa facultĂ© Ă  dĂ©ranger, Ă  traĂźner le public hors de sa zone de confort. Aussi pardonne-t-on au film quelques facilitĂ©s, des clins d’Ɠil lĂ©gĂšrement trop appuyĂ©s. Les imperfections ajoutent Ă  son charme, tout comme son potentiel dramatique surexploitĂ© jusqu'Ă  l'asphyxie. Lorsqu'il flirte avec le mĂ©lodrame et menace de tomber dans le pathos, le long-mĂ©trage se redresse aussitĂŽt, en funambule, jonglant avec ses travers sans jamais donner dans la surenchĂšre. Politique, grandiose, anxiogĂšne, visionnaire, bouleversant, Ă©prouvant, intense, dĂ©rangeant... Au final, bon nombre d'adjectifs colle Ă  cet OVNI tonitruant et dĂ©pourvu de manichĂ©isme, hallucination cauchemardesque et cruellement contemporaine. Joker vient de changer Hollywood avec son sourire sanglant, son rire malade, son corps de pantin dĂ©sarticulĂ© et sa pensĂ©e radicale.

☣ Flop 2019 ☣

On ne va pas s’appesantir longtemps sur le sujet et non, je ne m'enquiquinerais mĂȘme pas Ă  aĂ©rer le texte avec des images ! C'est mauvais, offensant et je ne vois pas pourquoi je me casserais les fesses pour la mise en page de longs-mĂ©trages qui ont, eux, allĂšgrement, torchĂ© leur sujet.

Allons-y pour une récap' express pleine de haine, de rage et de lassitude !

  • CƓurs ennemis : Un triangle amoureux en costumes qui suinte le mĂ©lo Ă  chaque image. DĂ©nuĂ© de passion et de souffle, cette fresque historique sur fond de 2ne Guerre Mondiale rĂ©ussit l'exploit de rendre les Ă©bats des divins Keira Knightley et Alexander SkarsgĂ„rd aussi fades qu'un tĂ©lĂ©film Ă©rotique M6. Cette tragĂ©die sirupeuse, embourbĂ©e dans son pathos, tirera sans doute des sanglots aux plus cƓurs d’artichauts d'entre vous, les autres s'ennuieront ferme et nous, on crie au gĂąchis !

  • Tall Girl : DĂ©cidĂ©ment, Netflix a le chic pour s'associer aux comĂ©dies romantiques douteuses ! Concernant cette 2nde place du flop, j'Ă©tais partagĂ©e entre Tall Girl et The Perfect Date - aprĂšs rĂ©flexion, il s'avĂšre que ce dernier est sauvĂ© par un trĂšs bon personnage bien interprĂ©tĂ© (merci Laura Marano), ce qui n'est hĂ©las pas le cas du premier. Tall Girl, pour rĂ©sumer grossiĂšrement, est aussi exaspĂ©rant qu'oubliable, sorte d'ersatz Ă  la production japonaise culte Lovely Complex. Un casting insipide, une rĂ©alisation inexistante, un scĂ©nario vu et revu, une pincĂ©e de racisme, une overdose de clichĂ©s... De quoi regretter sincĂšrement le trĂšs bon Alex Strangelove.

  • Le dindon : Et une comĂ©die française moisie dans le flop, une ! La premiĂšre d'un trio particuliĂšrement indigeste servi cette annĂ©e par notre belle patrie (ironie). La plupart des acteurs cabotinent Ă  n’en plus finir, le scĂ©nario souffre de sĂ©rieux problĂšmes de rythme, les vannes tombent Ă  plat, la transposition dans les 60’s ne marche absolument pas
 Il semble Ă©vident que Feydeau, vu Ă  l’époque #metoo, est un pari risquĂ© – un pari qui ne paye pas. La derniĂšre collaboration Lespert/Gallienne est d’un ennui mortel, inconsĂ©quente au mieux, malaisante au pire. Le dindon, Ă  n’en pas douter, c’est nous !

  • Fast & Furious - Hobbs & Shaw : Sur le papier, l’idĂ©e est gĂ©niale. Il est vrai qu’elle constituait le point fort du dernier film Fast & Furious en date : l’alchimie entre Dwayne Johnson et Jason Statham marchait Ă  la perfection, leurs joutes verbales Ă©taient hilarantes et leur statut d’emblĂšme de blockbusters donnait Ă  leurs affrontements un potentiel jubilatoire inĂ©galable auprĂšs des fans. Le potentiel est lĂ , donc. Et pourtant, pourtant... Le traitement laisse franchement Ă  dĂ©sirer : la trame est paresseuse, la rĂ©alisation manque d’envergure, les scĂšnes d’action sont poussives et les vannes marchent une fois sur trois. Le spin-off rĂ©ussit l’exploit d’ĂȘtre encore plus insipide visuellement que son prĂ©dĂ©cesseur – on regrette du mĂȘme coup l’absence de James Wan, rĂ©alisateur du septiĂšme volet... Le plus impardonnable reste le traitement humoristique. Le potentiel comique de voir le Transporteur ET The Rock rĂ©unis Ă©choue lamentablement. S’il Ă©tait plaisant de voir Hobbs et Shaw se balancer des piques Ă  quelques reprises dans le huitiĂšme film, les observer se comporter en rivaux dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©s durant plus de deux heures est autrement plus difficile Ă  supporter. Il revient quand Vin Diesel dĂ©jĂ  ?

  • Le coup du siĂšcle : Ce n'est ni mordant, ni culottĂ©, ni fĂ©ministe mais, Ă  l'exact opposĂ©, d'une lourdeur, d'un conformisme et d'un sexisme qui donnent matiĂšre Ă  grincer des dents. L'intrigue, pas inintĂ©ressante en soit, est totalement plombĂ©e par la performance de Rebel Wilson. Cette derniĂšre est encore une fois prisonniĂšre de son rĂŽle fanfaron et gaffeur, vĂ©ritable ersatz de son personnage de Pitch Perfect. La comĂ©dienne dĂ©fraie certes les standards Ă©triquĂ©s infligĂ©s aux actrices mais se voit toujours proposer le mĂȘme genre de rĂŽles, trahissant l'absence totale d'Ă©volution de l'empire hollywoodien quant Ă  ses diktats. RĂ©sultat : Wilson cabotine, surjoue, s'ennuie Ă  mort et nous avec. Le coup du siĂšcle est un coup manquĂ©.

  • The Silence : Pour la 6Ăšme place du flop, j'ai longuement hĂ©sitĂ© entre cette daube Netflix et Ma... Au final, j'estime que le second a au moins le mĂ©rite d'offrir une conclusion relativement satisfaisante, ce qui n'est pas le cas du premier. The Silence s'embourbe dans la musique grandiloquente, le gore facile, le mĂ©lo pathĂ©tique, les effets spĂ©ciaux ratĂ©s... Mais de fait, le plus impardonnable, c'est qu'il vire dans le grand n'importe quoi scĂ©naristique pour aboutir Ă  une conclusion bĂąclĂ©e : personnages rescapĂ©s trop rapidement, passage Ă©clair sur le voyage jusqu'au camp de survivants, retrouvailles forcĂ©es avec le love interest de l'adolescente... Soit la production n'avait plus de budget nĂ©cessaire pour montrer des scĂšnes primordiales, soit le scĂ©nariste a souffert de sĂ©rieuses lacunes quant Ă  la rĂ©daction de son histoire. Reste des acteurs impeccables et une idĂ©e prometteuse, totalement noyĂ©e par une Ă©quipe incompĂ©tente. La version low-cost de l'excellent Sans un bruit.

  • Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ? : La suite d'un succĂšs (dĂ©jĂ  contestable) ne peut dĂ©sormais plus miser sur l'effet de surprise. RĂ©sultat : un copiĂ©-collĂ© fade, encore moins drĂŽle, qui suinte la morale convenue et les bons sentiments. Cette conclusion miĂšvre n'est Ă©videmment ni subversive, ni osĂ©e : elle rentre toujours singuliĂšrement dans les clous et fait en plus office de bonne propagande chauvine, niant au passage les questions lĂ©gitimes des français sur les boulversements de leur pays ! Les personnages fĂ©minins sont encore une fois relĂ©guĂ©s au second plan lĂ  oĂč la sympathie vĂ©hiculĂ©e par le quatuor masculin (Ary Abittan, Medi Sadoun, FrĂ©dĂ©ric Chau et Noom Diawara, toujours impeccables) ne suffit pas Ă  sauver le scĂ©nario de la dĂ©bĂącle. Christian Clavier et Chantal Lauby ne semblent que peu concernĂ©s par le sabotage respectif de leur carriĂšre dĂ©clinante. Alors oui, la question se pose : qu'est-ce qu'a fait le cinĂ©ma français pour avoir Ă  endurer ça ?

  • 47 Meters Down Uncaged : Certains d'entre vous se remĂ©morent peut-ĂȘtre 47 Meters Down, un thriller claustrophobe efficace mettant en scĂšne deux sƓurs prisonniĂšres d'une cage d’observation, au fond de l’ocĂ©an, cernĂ©es par les requins et bientĂŽt Ă  court d'oxygĂšne. Un long-mĂ©trage honnĂȘte, portĂ© par le duo Mandy Moore/Claire Holt, qui misait avant tout sur la sobriĂ©tĂ© des effets spĂ©ciaux et le potentiel anxiogĂšne de son scĂ©nario. Cette suite n'a en commun que son titre racoleur et annihile d'un coup le potentiel d'une franchise correcte. Entre ses personnages insupportables, ses CGI hideux et sa mise en scĂšne catastrophique, Uncaged est un nanar de premier ordre, risible et stupide, Ă  peine plus Ă©voluĂ© qu'un Sharknado. Une daube qui coule Ă  pic dĂšs sa premiĂšre demi-heure.

  • Murder Mystery : La derniĂšre exclusivitĂ© Netflix en date promettait une comĂ©die d’action sur-vitaminĂ©e, vague parodie d’Agatha Christie
 Le problĂšme ? L’humour, gras et fade, enchaĂźne une succession de bides tout simplement sidĂ©rante. L’intrigue est prĂ©visible au possible, cumule les pĂ©ripĂ©ties sans parvenir Ă  rehausser l’intĂ©rĂȘt du public ne serait-ce que dix minutes. Les scĂšnes d’action sont tournĂ©es sans panache ni envergure. Quant aux protagonistes, s’ils sont tous assez oubliables, le personnage masculin principal remporte aisĂ©ment la palme ! RĂ©sultat : 1h40 qui semble s’éterniser dans un tourbillon de blagues insipides, de vannes lourdingues et d’action bas-de-gamme ! La seule question que le spectateur parvient Ă  se poser est la suivante : comment un casting pareil a-t-il pu s’embarquer dans cette galĂšre ? Affligeant de bĂȘtise, on zappe et on oublie.

  • Joyeuse retraite ! : Les pĂ©ripĂ©ties de ce couple sexagĂ©naire bien dĂ©cidĂ© Ă  dĂ©mĂ©nager au Portugal loin des ennuis et de la grisaille se rĂ©vĂšlent bien fades. Les acteurs ont beau ĂȘtre irrĂ©prochables et s'investir dans leur rĂŽle du mieux possible, leurs personnages ne brillent ni par leur sympathie, ni par leur caractĂšre. La faute Ă  une Ă©criture qui multiplie les poncifs et s’essouffle bien vite, dĂšs sa premiĂšre demi-heure. La trame est tellement bĂąclĂ©e qu'elle ne se donne mĂȘme pas la peine de rĂ©soudre toutes ses sous-intrigues, notamment l'homosexualitĂ© cachĂ©e d'un protagoniste secondaire ; une ficelle grossiĂšre qui au final n'aboutit Ă  rien, hormis garantir LA blague LGBT... Cette Ă©niĂšme production centrĂ©e sur le milieu bobo, pas caustique ou subversive pour deux sous, sent lĂ©gĂšrement la naphtaline. Evidemment, la conclusion dĂ©gouline de bons sentiments et de prĂ©visibilitĂ© - il ne faudrait surtout pas remettre en question la bien-pensance Ă  la française. Une comĂ©die poussive et fainĂ©ante qu'on placerait bien en maison de retraite...

Catégorie "Déception(s) quand tu nous tiens"

(pas mauvais en définitive mais j'en attendais tellement plus)

Autres films de 2019

Ces films qui ne sont pas mes coups de cƓur mais restent nĂ©anmoins drĂŽles, touchants, distrayants, (sur)prenants ou juste sympathiques.

BarĂšme : / sympa ✩ bon ✩✩ trĂšs bon

✩✩✩ excellent

SĂ©ances de rattrapage

(Que des bons films sortis précédemment mais vus en 2019,

de trÚs belles découvertes dans le lot...)

BarĂšme : / film bon ✩ trĂšs bon ✩✩ excellent ✩✩✩ coup de cƓur

  • Ant-Man

  • Ant-Man & la GuĂȘpe

  • Calendar Girl

  • Excess Baggage

  • Films stars don't die in Liverpool ✩✩

  • Heaven Help Us ✩✩✩

  • Incassable

  • Iron Man 2

  • Iron Man 3

  • Jean-Christophe et Winnie ✩

  • Le bon numĂ©ro

  • Le mystĂšre des fĂ©es

  • L'homme sans Ăąge

  • L'incroyable Hulk

  • Manhunt

  • Pulp Fiction ✩✩✩

  • Reservoir Dogs ✩✩

  • Shining ✩✩✩

  • Soyez sympas, rembobinez !

  • Spider-Man : Into the Spider-Verse ✩✩

  • Still Crazy

  • The Little Stranger

  • The Mortal Instruments - La citĂ© des tĂ©nĂšbres ✩

  • The Skeleton Twins ✩✩✩

  • Tremors

Et 2020 dans tout ça ?

Personnellement cette annĂ©e 2019 a dĂ©passĂ© de trĂšs loin mes espĂ©rances en matiĂšre de toiles... Sur les longs-mĂ©trages que j'avais le plus envie de voir au cours des 12 derniers mois, je suis ravie de voir qu'aucun flop ne traĂźnait dans le lot ! Par contre, un Xavier Dolan (pas celui attendu, certes), Aladdin, Once Upon a Time in Hollywood et Edmond ont bien gagnĂ© leur place dans les favoris ; de mĂȘme, La favorite et Ça - Chapitre 2 ont rejoint mes mentions honorables. Un succĂšs, je vous dis !

Le problĂšme c'est qu'il y a nettement moins de films qui me tentent en 2020 - moitiĂ© moins pour ĂȘtre exacte et encore, j'ai eu beaucoup de mal Ă  en dĂ©nicher dix... Voici donc les films que j'irai probablement voir en cette nouvelle annĂ©e - dans le dĂ©sordre le plus complet :

  • Jojo Rabbit : AprĂšs avoir dĂ©sacralisĂ© le super-hĂ©ros Thor dans Ragnarok, le trublion Taika Waititi revient en force avec ce film dĂ©diĂ© aux jeunesses hitlĂ©riennes, vues par le prisme d'un garçonnet inadaptĂ© socialement... La forme s'annonce dĂ©lirante, dĂ©licieusement outrageuse et singuliĂšrement osĂ©e, bien loin des mĂ©lodrames habituels sur le sujet, et devrait dĂ©zinguer tous les clichĂ©s du genre. Vraisemblablement plus intelligent et sensible qu'il n'y paraĂźt au premier abord, Jojo Rabbit a bien mĂ©ritĂ© sa sĂ©lection aux Oscars, oĂč il concourt notamment dans la catĂ©gorie meilleur film. Cerise sur le gĂąteau : on retrouve Scarlett Johansson, Sam Rockwell et Alfie Allen au casting. Vivement le 29 janvier !

  • Annette : Voici une comĂ©die musicale rĂ©alisĂ©e par un compatriote dĂ©tonnant qui devrait faire grand bruit. Avec pour tĂȘte d'affiche Marion Cotillard et Adam Driver, doit-on s'attendre Ă  La La Land sauce française ? Rien n'est moins sĂ»r vu le parcours de Leos Carax... Une chose est sĂ»re : l'Ă©quipe a dĂ©jĂ  de quoi piquer la curiositĂ© ! Et puis entendre Marion et Adam chanter, c'est toujours un plaisir.

  • Sans un bruit 2 : Mon coup de cƓur horrifique de 2018 va avoir droit Ă  une suite cette annĂ©e... Si cette idĂ©e me comble autant qu'elle me laisse dubitative, j'avoue l'attendre malgrĂ© tout avec grande impatience. L'Ă©quipe est la mĂȘme (devant et derriĂšre la camĂ©ra), Ă  laquelle s'ajoutent, niveau casting, Cillian Murphy et Djimon Hounsou... On croise les doigts.

  • Rebecca : Et un film Netflix, un ! La nouvelle adaptation du roman culte de Daphne du Maurier, dĂ©jĂ  portĂ© sur le grand Ă©cran par Hitchcock et sur le petit pour la BBC, met Lily James, Armie Hammer et Kristin Scott Thomas sur le devant de la scĂšne. Son rĂ©alisateur Ben Wheatley, rĂ©putĂ© pour ses partis-pris radicaux (High-Rise) devrait proposer une version rĂ©solument dĂ©rangeante et macabre, Ă  l'image de l'oeuvre originale.

  • Black Widow : Si Marvel risque de perdre une partie de son public aprĂšs la conclusion trĂšs satisfaisante offerte par Endgame, on ne peut que s'enthousiasmer par ce long-mĂ©trage ENFIN centrĂ© sur l'hĂ©roĂŻne emblĂ©matique des Avengers, toujours incarnĂ©e par la divine Scarlett Johansson.

  • The King's Daughter : AprĂšs 5 ans d'attente, le public devrait ENIN dĂ©couvrir ce film fantastico-historique tirĂ© du singulier roman La Lune et le Roi-Soleil de Vonda McIntyre. Je guette sa sortie tous les ans depuis son annonce et j'avoue que ce serait cool si, enfin, le film de Sean McNamara sortait en salles pour 2020. On croise les doigts !

  • The True History of the Kelly Gang : Un western avec George MacKay, Russell Crowe, Nicholas Hoult et Charlie Hunnam sous la direction de Justin Kurzel (Les Crimes de Snowtown ; Macbeth), rĂ©alisateur shakespearien par essence... VoilĂ  qui promet un grand spectacle crĂ©pusculaire. AnnoncĂ© en 2019, toujours pas sorti, on espĂšre une distribution en salle cette annĂ©e !

  • Jungle Cruise : Une aventure bien barrĂ©e portĂ©e par Dwayne Johnson, Emily Blunte et le trop mĂ©connu Jack Withehall. On espĂšre une franchise façon La Momie ou Pirates des CaraĂŻbes mais il est clair que ce sera soit une franche rĂ©ussite, soit un nanar de premier ordre...

  • Comment je suis devenu un super-hĂ©ros : Alors que Marvel et DC continuent Ă  s'affronter pour rĂ©gner sur l'empire amĂ©ricain, la France semble nous rĂ©server une belle surprise avec ce long-mĂ©trage inattendu portĂ© par Pio MarmaĂŻ.

  • Dune : Adaptation de la saga culte de Frank Herbert par Denis Villeneuve, ce Dune 2020 devrait tenir toutes ses promesses et donne de nouveau Ă  TimothĂ©e Chalamet, dĂ©cidĂ©ment incontournable, le rĂŽle principal...

  • West Side Story : L'adaptation de la comĂ©die musicale culte aurait tout d'un projet douteux si elle n'Ă©tait pas rĂ©alisĂ©e par Steven Spielberg... ForcĂ©ment, le projet intrigue. A dĂ©couvrir en salles en dĂ©cembre 2020 donc.

Et pour vous 2019, ça donne quoi ?

Grandiose ou décevante, cette année ciné ??

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