Bilan littéraire 2018

02/01/2019

22018 s’achève et signe l’heure des traditionnels tops et flops. J’ai donc songé aux livres qui ont marqué mon année, j’ai fouiné dans mes carnets, sur mon profil Goodreads, j’ai repassé le fil des conversations que j’avais eu avec mes proches, des coups de cœur aux coups de gueule et... Misère !! Beaucoup, beaucoup trop de belles découvertes ces 12 derniers mois ! Du coup, histoire de me faciliter les choses, je me suis fixée une règle : uniquement des livres sortis en France en 2018 ET issus de genres différents à chaque fois.

Est-ce que j’ai galéré ? Oui, totalement. Mais je suis plutôt contente de ce top qui représente bien mon reading challenge de l’année : diversifié, sans élitisme et décomplexé !

On est parti !

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique (Balli Kaur Jaswal / éditions Belfond / Comédie dramatique, chronique de vie) : engagé, drôle et intense, il questionne en permanence le lecteur sur ses préjugés, sa sexualité, ses objectifs… Une fiction aussi atypique que réussie entre deux cultures et l’une des héroïnes les plus marquantes de la littérature contemporaine. Ce livre a marqué mon mois de mai et j’ai eu énormément de mal à m’impliquer dans une autre histoire tant j’étais restée, émotionnellement, attachée à Nikki et son club. Une immense réussite pour cet ouvrage, gros succès outre-Atlantique, que je vous encourage fortement à découvrir.

Chronique intégrale ici 📔

La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose (Diane Ducret / éditions Flammarion / Autobiographie romancée) : Sur ce coup là, autant vous dire que j’envoie Moix, sa condescendance et ses remarques acerbes se faire foutre. Et je me moque d’être grossière, c’est mon site, je fais encore ce que je veux ! Déjà, casser un artiste pour faire de l’audimat, comme les chroniqueurs de Ruquier le font depuis des années maintenant, j’ai du mal avec l’idée (voilà pourquoi je me cantonne à YouTube) ; mais quand en plus, les arguments sont donnés avec une mauvaise foi si évidente, j’avoue avoir beaucoup de mal à me contenir ! Mais bon, ce cher Moix dira sans doute qu’il s’agit de cette solidarité féminine si méprisable, tout comme il a martelé que le livre était « creux, pitoyable et inintéressant ». Oui inintéressant. Ah ah ah (rire ironique). C’est vrai qu’une femme qui fait face au deuil, à la maladie, à l’addiction, à l’absence, au sentiment d’abandon, aux relations amoureuses désastreuses, aux conflits générationnels et aux rêves qui s’effritent dans ce qui s’avoue clairement être une autobiographie romancée, c’est le comble de l’ennui pour Yann Moix ! De tous les combats menés de front par Diane/Enaid, dans cette liste que je viens de vous citer, il y a fort à parier que vous vous reconnaîtrez au moins une fois... Je m’y suis reconnue, j’ai été émue aux larmes, j’ai été viscéralement interpellée par ce portrait de femme et son parcours achevé par un envol sublime, par l’authenticité qui se dégageait de ces lignes. Comme toujours avec Ducret, le tout est magnifiquement bien écrit et irrésistible de bout en bout, sans pathos ni concession. Après avoir dévoré ce roman qui n’en est pas vraiment un, porté par la force véhiculée entre ces pages, aucun doute : chaque lecteur (chaque humain doté d’un minimum d’empathie s’entend) essaiera, à son tour, de « transfigurer le réel quand il fait la triste figure ».

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Lettres à l’ado que j’ai été (Collectif sous la direction de Jack Parker / éditions Flammarion / Témoignages) : J’ai longuement hésité entre celui-ci et L’amour c’est... car ces deux ouvrages m’ont profondément touché. Mais au final, Lettres à l’ado que j’ai été me parle davantage. Mauvais timing, question de parcours ? Je ne le sais pas. Dans quelques années, L’amour c’est… aura peut-être une résonance particulière en moi ? Toujours est-il qu’actuellement, la jeune adulte que je suis, celle qui vient tout juste de déserter ce qu’on appelle l’adolescence, est davantage interpellée par ce recueil de lettres dirigé par Jack Parker. Il m’a rappelé qui j’ai été et qui je voudrais être. C’est le genre de témoignages à lire lorsqu’on est ado, pour se rassurer, relativiser, se sentir épauler. Se dire que certaines de ces périodes, si sombres soient-elles, restent éphémères. Voilà qui m’aurait fait du bien à l’époque et qui me fait du bien là, maintenant. Ce recueil est une lettre d’amour aux ados d’hier, aux adultes d’aujourd’hui et aux espoirs de demain. A lire de 12 à 92 ans.

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Le bonheur arrive toujours sur la pointe des pieds (Tiphaine Hadet / Editions City / Romance) : J’ai lu d’excellentes romances cette année, notamment celles signées par Stéphanie Pèlerin et Mélanie Baranger, mais c’est sans nul doute Tiphaine Hadet qui m’a réconcilié avec le genre et rien que pour cela, il mérite sa place dans ce top – je lui ai consacré deux chroniques d’ailleurs, preuve de mon attachement envers cet ouvrage ! Loin de mes préjugés et de mon snobisme, j’ai découvert un ouvrage tendre, sincère, bien écrit, un feel-good book en puissance : il respire le Soleil, les vacances, la bonne humeur, les rencontres idéales. En bref, c’est un bon roman, c’est une belle histoire, c’est une romance d’aujourd’hui...

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Drôle(s) d'histoire(s) ! - Cabinet de curiosités historiques et déjantées  (Priscille Lamure / Editions du Trésor / Histoire) : Priscille Lamure est la créatrice du site Savoirs d’Histoire - érudite et appliquée, notre auteure est également déjantée, dissidente et malicieuse. Elle nous sélectionne ici des faits méconnus de notre Histoire. En quinze chapitres se dévoilent des événements insolites, des personnages hauts en couleurs, des œuvres singulières. Son livre est à l'image de Lamure : le ton est caustique, vif et volontiers facétieux, tant par le choix des faits relatés que par la très belle plume qui les narre. Notons également qu’il a de plus l’avantage d’être relativement court : ses 150 pages permettent donc de retenir un certain nombre d’informations sans frôler l’overdose !

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Le Bois-sans-Songe (Laetitia Arnould / Editions Magic Mirror / Fantasy) : Pouvais-je vraiment faire ce top sans évoquer Lennart ? Evidemment non. Et comme je me suis déjà moult fois étendue sur le sujet je serai brève : voici un conte aux airs de dark fantasy, sombre et mystique, un univers d’une richesse incroyable, une intrigue dense, des personnages aussi nébuleux qu’attachants, une auteure à la plume remarquable et à l’imagination débordante. Le Bois-sans-Songe est incontestablement une grande réussite, tour à tour passionnant, haletant, déchirant, sublime… Un coup de cœur féerique !

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Nanofictions (Patrick Baud / Editions Flammarion / OVNI) : Fan inconditionnelle de Patrick Baud – un autre érudit qui consacre son travail aux curiosités de ce monde – j’ai découvert avec Nanofictions un talent de l’auteur tout juste effleuré jusque là : l’art de la création. Ce petit livre est une pépite brute, insolite. C’est comme découvrir une pierre sur le sable, l’observer attentivement et être incapable, à la première tentative, d’y décerner toutes les nuances, toutes les couleurs qui forment un tout. Un véritable coup de maître où le défi est le suivant : relater en quelques lignes à peine une histoire. Ces nano-nouvelles, nimbées de fantastique, sont parfois drôles, souvent poétiques, toujours surprenantes.

Ce très court recueil est peuplé d'écrits oniriques, d'une intensité surprenante. Une rareté à offrir aux lecteurs chevronnés en quête « d'autre chose ».

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Bora Bora’s Bitches (Jacinthe Canet / Editions le Héron d’Argent / Comédie) : je sais je triche... Il est vrai que le livre a été réédité en 2018 après une sortie en 2014 MAIS ! Le texte a été retravaillé, les références réactualisées, les illustrations sont signées par Alexandre Honoré et Virginie Siveton … En une phrase : l’édition est sublime alors pourquoi s’en priver ? Jacinthe Canet y mixte l’humour décomplexé d’Allumeuses, le franc-parler de Girls et le romantisme dévergondé de My P.S Partner... Le tout associé au charme frenchy. Décapant et irrésistible, renforcé par une bonne dose d’émancipation féminine ainsi que la mise à mal de la culture machiste omniprésente dans notre société, voilà de quoi dépoussiérer le genre de la chick-lit. Personnellement, j’ai décidé de faire mienne, en 2019, le crédo de Pétra : La vie est une pute mais je suis pire qu’elle.

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Le renard des neiges (Timothée Le Veel/ Editions Kaléidoscope / Album Jeunesse) : Cette année 2018 aura été riche en pépites jeunesse. La suite de L’Île aux Aventures (Aventures au Royaume Lointain), Si j’étais une souris, Bambou le Panda Roux, La Tresse, Le Renard et le Lutin... Tous méritent clairement leur place dans ce top… Seulement voilà, j’ai découvert Timothée Le Véel dont c’est ici le tout premier livre. Danseur, styliste et dessinateur, Le Véel signe un magnifique album initiatique où la finesse des traits occupe une place majeure – sa fascination pour le mouvement est visible dès la première page. Chaque illustration est une œuvre époustouflante, délicate et éthérée. Une très belle métaphore du changement, inéluctable mais positif, forgé par l’expérience et l’ouverture d’esprit. Un coup de cœur immaculé.

Chronique intégrale ici 📔

Les contes macabres vol. 2 (Edgar Allan Poe et Benjamin Lacombe / Editions Soleil / Classique) : Comment ça je triche encore ? Oui, les textes de Poe datent du XIXème siècle, merci je le sais ! On ne peut donc pas franchement dire que ce soit d’actualités. Et pourtant… Le premier volume des Contes Macabres, découvert en 2009, dépassait tout ce qu’on était en droit d’attendre ! Plus qu’un recueil, cette vision des Contes macabres signait la fusion de deux univers prédestinés. Poe par Lacombe, c’était plus qu’un parti-pris artistique judicieux : c’était une évidence ! L’illustrateur ajoute une dimension supplémentaire à l’œuvre originale, au point d’en être indissociable. D’ailleurs, on ne se procure par une énième réédition de Poe ; on découvre l’anthologie, d’une beauté glaçante, signée par Poe et Lacombe. Là est toute la différence, toute la singularité qui saisit le lecteur à cette découverte. Le volume 2 effectue le même processus d’assimilation : pour joindre l’image à la phrase, porter en dessin la puissance des idées, il fallait Lacombe, un illustrateur aussi atypique, ténébreux et talentueux que le génialissime auteur. Il présente de plus un autre avantage : celui de mettre en exergue des histoires extraordinaires plus méconnues (Eléonora, Le Joueur d’échecs de Maelzel ou Le Roi Peste). Tout comme le premier volet, voici une anthologie d’une beauté glaçante, où la patte de Lacombe figure d’écrin sublime à la plume de Poe. Indispensable.

Bon, il fallait bien quelques déceptions dans les parutions de 2018… Rien qu’à l’idée de mentionner les livres ci-dessous, je me crispe sur ma tasse de thé. En plus, à 1h du matin, autant dire qu'il est largement temps de clore cet article ! Et comme je n’aime pas souffrir inutilement, faisons-vite : 3 ratés définis en 3 nano-critiques, et hop, on oublie. Finito.

Finissons-en :

* Chère Mrs Bird d’AJ Pearce : Héroïne odieuse / Traitement futile d’un sujet prometteur / Manichéisme malvenu

Chronique intégrale ici 📔

 

* A l’aube de Philippe Djian : Décevant pour un Djian / Trop déshumanisé / Final inutilement glauque

Chronique intégrale ici 📔

 

* Le chemisier de Bastien Vivès : MALSAIN ! / Largement surcoté / Misogyne

Chronique intégrale ici... Non mais vous plaisantez ?? Il est hors de question que je m’enquiquine à écrire un article complet sur cette purge ! D'ailleurs, je n'ai même pas pris la peine d'insérer la couverture dans ce bilan, c'est dire la haute estime que je porte à Vivès...

En espérant que vous avez également passé une superbe année livresque 2018 et que 2019 regorgera à son tour de belles lectures !

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