Bonne résolution livresque n°16 : Buller au milieu des BDs

05/07/2018

Bonne résolution livresque n°16 :

Buller au milieu des BDs

 « La bande dessinée c’est l’évasion. »

~ Grzegorz Rosinski, dessinateur de Thorgal

 

L'été est pour moi synonyme de deux sortes de lecture : les livres feel-good et la bande-dessinée ! Ce sont les genres que je dévore le plus en période estivale et j'en profite généralement pour rattraper mes immenses lacunes sur ces thèmes.

Et comme j'ai déjà largement évoqué mes lectures mes lectures bien-être durant les derniers Avis des Libraires, aujourd'hui, c'est sur le 9ème art que j'ai décidé de me pencher !

En tant que francophone, j'ai découvert très tôt l'univers de la bande-dessinée ; je ne vous apprends rien mais ce monde fait partie intégrante de nos cultures françaises et belges.

J'ai rapidement fouiné dans les rayons de mon père et de mon grand-père découvrant Boule & Bill, Astérix, Lucky Luke, L'agent 2012 puis à la bibliothèque où j'ai déniché Ducobu et autre Parker & Badger. Plus tard, je me suis penchée sur Thorgal, Rahan, Les pionniers du nouveau monde, Le Scorpion, L'Etoile polaire, Sylve ou Argyll de Maracande - et oui, effectivement, j'étais sans doute un peu trop jeune pour lire tout cela mais j'ai toujours développé des trésors d’ingéniosité pour mettre la main sur des livres non-adaptés à mon âge ^^". Bref, si mon amour pour les romans viennent sans aucun doute de ma mère et ma grand-mère, mes bases de bédéphile, elles, je les dois à la gente masculine de la famille !

Avec le temps, je me suis forgée mes propres goûts en la matière et je suis tombée amoureuse de certaines sagas, qui ont tenu un rôle prépondérant dans mon imaginaire. Voici donc une petite présentation des albums qui ont marqué mon parcours de lectrice.

Petite précision au passage : la sélection ci-dessous ne comportera ni manga, ni comics, car ils mériteraient largement un article à eux seuls.

Sur ce, allons buller !  

1/5

Peter Pan

Par : Loisel

Nombre de tomes : 6

Le thème directeur : Clochette version glauque

Pitch : Londres, fin du XIXème siècle : Peter se bat pour survivre entre une mère alcoolique, les humiliations permanentes et les dangers des misérables faubourgs. Désabusé par la violence quotidienne qu'il subit, Peter n'a que son imagination et les contes de Mr. Kundal. Lorsque sa route croise celle d'une fée égarée, Clochette, il est emmené dans son monde imaginaire. Là-bas, sous la protection d'un jeune satyre nommé Pan, il rencontre ses incroyables habitants : fées, lutins, sirènes, indiens, pirates... La légende de Peter Pan peut commencer.

Pourquoi ? Etant immensément fan de l'oeuvre de J.M Barrie, je n'ai eu de cesse que de dévorer ce qui se rapportait de près ou de loin à ce thème. Le potentiel très noir, la cruauté de son protagoniste ou ses sous-entendus dérangeants n'ont jamais fait grand doute et ont donné matière à de nombreux artistes - d'où mon amour pour certaines histoires contenues dans Les ombres de Peter Pan.

Aussi semblait-il improbable que je ne tombe pas, un jour, sur celle de de Loisel. Et ce qui devait arriver arriva : je suis tombée profondément amoureuse de cette oeuvre si sombre, si dense, si riche...

Comme beaucoup d'auteurs avant lui, Loisel se penche sur les origines de Peter Pan, sa rencontre avec Clochette, son arrivée au Pays Imaginaire. Mais ce passé que Barrie ne nous a jamais narré se révèle d'une brutalité et d'un tragique jamais effleurés jusqu'alors : l'oeuvre du célèbre anglais possède bien sûr ses parts d'ombre (largement édulcorées dans l'adaptation de Disney), que Loisel explicite ici durant 6 tomes.

Ce Peter Pan n'est clairement pas à destination des enfants : c'est cruel, sombre, gore, malsain, et aborde des thématiques violentes telles que le meurtre, l'alcoolisme, les violences, la pédophilie enfantine...

Le style de l'illustrateur s'adapte parfaitement à son contenu : les traits sont rugueux, les images parfois crues, les couleurs ternes... Il retranscrit à merveille la flore étouffante du pays imaginaire ou les quartiers sales et délabrés londoniens.

Dans cet univers, le danger rôde quelque soit le monde où Peter se trouve - la capitale britannique est un immense repère de débauchés, d'alcooliques et de psychopathes ; le pays imaginaire connaît ses propres monstres. Vous trouviez Clochette / Tim-Tam sacrément peste dans le livre et agaçante dans le dessin animé de 1953 ? Dans cette préquelle, elle est bien pire, détestable, aveuglée par le culte qu'elle voue à Peter, ce qui la rend d'autant plus cruelle envers quiconque s'approche un peu trop de son âme-sœur... D'où la scène d'une horreur absolue lors du dénouement.

Ce Pan-ci est né dans le sang et, à la manière d'un conte de fée pour adultes, c'est son parcours initiatique qui nous est relaté, entre Stephen King et Charles Dickens.

C'est dérangeant, oui. Gore, sans doute. Mais aussi terriblement addictif, une explication glaçante sur la haine que Peter voue aux adultes, son total manque d'empathie envers autrui, son statut au Pays Imaginaire...

Un cauchemar, sans doute. Mais un cauchemar sublime, à la beauté macabre, souvent effrayante et parfois poétique.

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Auschwitz

Par : Pascal Croci

Nombre de tomes : 1

Le thème directeur : Horreur des camps de concentration par le prisme du 9ème Art

Pitch : En mars 1944, Kazik, sa femme Cessia et sa fille Ann sont déportés à Auschwitz. L'horreur des camps, la barbarie inhumaine pourtant froidement exécutée par des hommes de chair et de sang, le long massacre des prisonniers, tués à la tâche ou gazés sans remord... L'extermination parfaitement orchestrée par les bourreaux nazis, la machine infernale, témoignage du fanatisme hitlérien. La fin de milliers de vies : on ne quitte jamais Auschwitz, même lorsqu'on s'en échappe.

Pourquoi ? Un texte, bref, lapidaire : « A l'aube des temps, les chrétiens avaient déclaré : "vous ne pouvez pas vivre parmi nous comme juifs". Au Haut Moyen-Âge, les chefs séculiers décidèrent : "vous ne pouvez plus vivre parmi nous". Enfin, les nazis décrétèrent : "vous ne pouvez plus vivre" ».

Des illustrations pâles, en noir et blanc.

Des visages émaciés aux yeux disproportionnés, écarquillés par la terreur, la souffrance ou la haine.

Une maigreur hallucinante contre le cuir des uniformes.

Aucun doute, Pascal Croci a saisi, à la perfection, le quotidien désespéré, résigné, des camps.

En réalisant la toute première BD docu-fiction sur Auschwitz, l'auteur a explicité l'horreur par l'art : un projet titanesque, qui lui a pris cinq ans de recherches, d'interviews, de croquis et lui a valu le Prix jeunesse de l'Assemblée Nationale.

Un prix et une notoriété mérités car si cette oeuvre est dure, déchirante, violente... Elle est aussi magnifiquement exécutée ! L’authenticité qui jalonne ses pages la rendent d'autant plus dure, inoubliable : pour créer ses personnages, Croci s'est inspiré de véritables déportés, dont il a minutieusement récolté les témoignages. Kazik est nommé ainsi en hommage à Kazimierz Kac, tout comme Cessia, qui est réellement le prénom de la femme de Kac : si leur parcours et leur issue sont romancés, il se dégage toutefois du couple une véritable profondeur, une humanité mise à mal, une complicité entravée de secrets...

Le parcours de cette famille nous est dévoilé en mars 1944 et s’achèvera en ex-Yougoslavie, en 1993 - laquelle est alors sous la domination du dictateur Slobodan Milošević. Outre le devoir de mémoire qui a donné naissance à l'ouvrage, le message final est clairement présent dans l'épilogue : « Il existe encore des hommes pour tuer d'autres hommes, d'autres crimes contre l'humanité sont à craindre. » D'où un rappel des bombes d'Hiroshima, de Nagasaki, autres drames causés non par les nazis mais bien par les Alliés, et la dictature, tardive, de Milošević.

Considérée comme culte, cette BD, sortie en 2000, est désormais largement utilisée dans le domaine scolaire : un côté pédagogique renforcé par le dossier complet qui se trouve à la fin de l'histoire et comporte une longue interview de l'auteur et ses esquisses préparatoires. Corci avait avant tout pensé sa vision d'Auschwitz  comme un support à destination des nouvelles générations, sa façon à lui de participer au devoir de mémoire et de pousser les jeunes à s'intéresser à la Shoah. 

Une mission accomplie dont le lecteur sort éprouvé, révolté... Mais marqué au fer rouge.

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Les chats du Louvre

Par : Taiyō Matsumoto

Nombre de tomes : 2

Le thème directeur : French Manga

Pitch : Recrues du Louvre, Cécile et Patrick comprennent vite que le plus célèbre musée français cache de curieux secrets... Les combles, en effet, sont le repère des chats, choyés par Monsieur Marcel : ces augustes habitants félins sont là depuis toujours, alors que le Louvre était encore un château. Lorsque les humains désertent le musée, les chats prennent forme humaine. Il y a Barbe-bleue, Myosotis, Dent-de-scie, Féline, l'Ancien, Bout-de-Bois, Rondelet, et un singulier petit chat blanc, Flocon : un "passe-tableau"… mais qu’est-ce que ce talent singulier qui met Flocon en danger ? 

Pourquoi ? Ce projet magique, totalement improbable, est né d'un partenariat entre le grand musée du Louvre et les éditions Futuropolis. De cette singulière alliance naît une histoire onirique, où les univers des humains et des chats basculent parfois dans d'autres mondes, ceux des tableaux. Les passes-tableaux, qu'ils s'agissent d'Homme ou de félin, se glissent dans les toiles de maître et les explorent, découvrent la vie qu'elles recèlent... Le fossé entre réalité et fiction est ici bien mince.

Le diptyque Les chats du Louvre compte le périple de chats ayant la capacité, une fois seule, de prendre une apparence humanoïde, de parler et d'organiser leur petit groupe clandestin. A noter que le Louvre semble habité d'une magie qui lui est propre puisqu'il n'y a pas que les félins qui soient dotés de talents métamorphes dans ces combles, mais bien d'autres animaux également...

L'univers riche, possède la poésie du Royaume des chats des studios Ghibli et la dangerosité, la mélancolie d'un ouvrage de Neil Gaiman.

Les illustrations, sublimes, mettent en scène un petit groupe de personnages singuliers et attachants : le taciturne Monsieur Marcel au lourd secret, la rêveuse Cécile, le boute-en-train Patrick et les chats bien sûr - en particulier Flocon.

Flocon est une sorte de Peter Pan greffier immaculé, au visage doux et innocent, au triste regard, qui de fait ne grandit jamais ; cet état le plonge dans une humeur nébuleuse, confortant l'idée d'un jeune héros distant et insondable. Flocon est le cœur de cette oeuvre. Son histoire d'amour/amitié, son statut à part, sa quête pour trouver sa place, le rendent particulièrement attachant. Il faut dire que Matsumoto lui confère une grâce bien peu commune, à la fois féline et angélique.

L'auteur mêle le style occidental et japonais, son ouvrage tient donc tant du manga - notamment le sens de lecture, le découpage, etc. - que de la BD. A la manière d'un chat, il s'approprie le Louvre et ses mythes, laisse libre court à son esprit extravagant pour dresser une intrigue fantastique et douce-amère... Face au succès de ce diptyque, une intégrale colorisée par Isabelle Merlet-Rouger devrait sortir le 11 octobre 2018.

Les chats du Louvre est beau, insaisissable, singulier sorte de conte initiatique et d'éveil aux premiers émois, ode à l'amour fraternel aussi, encouragement à chercher sa place et à la trouver - à poursuivre sa propre quête du bonheur. 

Un coup de maître et la dernière BD à m'avoir tant marquée !

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La légende des nuées écarlates

Par : Saverio Tenuta, Bruno Letizia, Carita Lupattelli

Nombre de tomes : 4

Le thème directeur : Japon médiéval fantaisiste

Pitch : Meiki, jeune marionnettiste talentueuse, est pourchassée par les gardes de la Shogunaï Fujiwara Ryin. Fuyant les soldats, elle est sauvée par un rōnin masqué, Raido, amnésique et manchot, doté d’une puissance fulgurante...

Pourquoi ? Vous vous en êtes probablement rendu compte en lisant mes chroniques mais je suis immensément fan de la culture nippone. Lorsque mes yeux se sont posés sur le coffret de La légende des Nuées écarlates de Saverio Tenuta, j'ai eu un coup de foudre irrépressible pour cette oeuvre. Puis, en la découvrant, le coup de foudre s'est mué en un amour admiratif et sincère.

De la même façon que j'ai adoré la vision d'un auteur tokyoïte sur la culture française dans Les chats du Louvre, j'ai beaucoup apprécié la fascination que notre auteur-dessinateur italien voue au Japon.

Cette bande-dessinée est un véritable hommage au pays du Soleil Levant : plusieurs noms sont un clin d’œil, comme le cheval d'Ogi, baptisé Nobunaga en référence au célèbre seigneur de guerre ; des termes propres à la langue japonaise sont usités (les termes de respects tels que -san, le titre de shōgun) ; on y parle de bunraku, de rōnin (samouraïs sans maître)...

L'intrigue reprend des thèmes majeurs de la philosophie japonaise : le rapport à la nature, l'honneur, l'importance filiale, la religion shinto... L'écriture poétique, elle, rappelle des légendes asiatiques qui renferment en leur sein Yokai, quête de soi, combats dantesques, malédiction et sacrifice. On sent les pères spirituels de Tenuta tels que l'écrivain Takashi Matsuoka, le réalisateur Akira Kurosawa ou encore les films du Studio Ghibli...

Mais, bien que familière, l'histoire reste totalement inédite, tenant toujours de l'hommage et jamais d'un plagiat éhonté : notre auteur sait doser ses références, sans tomber dans la facilité du fan-service, ce qui fait de la BD non seulement un authentique plaisir pour les nipponophiles mais aussi pour tout lecteur néophyte qui découvrirait cette culture si riche.

Parmi les plus grandioses trouvailles de Tenuta, il y a les Loups Izunas, les protecteurs de la nature, intimement liés à Meiki et Raido... Ces créatures fabuleuses, tout droit sorties de l'imagination de l'auteur, sont de gigantesques loups venimeux originaires de la forêt des glaces, au pelage immaculé, aux bois de cerfs, à l'intelligence et la dévotion sans faille, dont l'apparence est clairement inspirée des loups de Princesse Mononoke.

La légende des Nuées écarlates est magnifique, violente, cruelle et onirique, notamment lorsque la rébellion orchestrée par Jera prend  toute son ampleur : l’interaction de Gombei face au sadique Kenzo est particulièrement éprouvante, de même que les punitions qui s'adaptent sur les dissidents.

Les personnages, chose intéressante, sont guidés par l'amour, un sentiment souvent représenté comme noble mais qui ici est presque toujours la cause d'un dénouement malheureux : Fudo en est devenu belliqueux et cruel ; Ryin souffre d'un manque d'affection qui la transforme en Erzsébet Báthory asiatique ; Totecu a condamné son peuple pour cet amour... Seuls Raido et Meiki rendent à ce sentiment la pureté qui lui est associée d'origine.

Ces deux personnages, en apparence idéalisés, ont connu un passé dramatique qui les rend touchants car imparfaits et vides : chacun cherche sa vérité et sa voie. Raido et Meiki se révèlent complémentaires. L'alchimie entre eux est palpable, ils ne sont jamais si touchants que dans la totale dévotion qu'ils se vouent l'un l'autre.

Dans Les Nuées Écarlates, il y a donc une ambiance fantasy médiévale, des animaux merveilleux, un héros sombre et tourmenté, une ingénue débrouillarde, une Shogunaï maudite, une rébellion de vieux sages et une flopée de protagonistes secondaires - fourbes pour certains, attachants pour d'autres, toujours bien écrits.

Cette épopée dans un Japon fantasmé, au croisement des cultures, est une aventure brutale et épique transcendée par les magnifiques dessins de Saverio Tenuta.

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Atalante

Par : Crisse

Nombre de tomes : 10 - en cours

Le thème directeur : Mythologie féministe

Pitch : fille du Roi Iasos, Atalante est abandonnée par celui-ci et livrée à la volonté divine. Elle est sauvée et protégée par trois déesses (Artémis, Aphrodite et Hécate) mais maudite par Héra, lui interdisant de s'unir charnellement à quiconque. Encore nourrisson, elle est recueillie d'abord par les esprits de la forêt du Pélion puis enlevée enfant par des chasseurs qui l'élèvent jusqu'à sa majorité. C'est alors qu'elle rejoint Jason et s'embarque avec lui pour une quête jugée impossible : celle de la Toison d'Or.

Pourquoi ? Lorsque j'étais plus jeune, les héros de bandes-dessinées que je chérissais étaient des hommes. Non pas par misogynie inconsciente mais parce qu'il était rare de voir une femme prendre la tête des intrigues que je lisais alors : il y avait la jolie mais creuse Falbala dans Astérix ; la décalée Calamity Jane dans Lucky Luke ; Léonie Gratin qui passait pour la rabat-joie de service dans Ducobu... Mais aucune héroïne à laquelle je pouvais clairement m'identifier. Le seul personnage féminin à m'avoir marqué sur cette période est Kriss de Valnor, antagoniste séduisante et complexe de Thorgal qui, bien que captivante, ne véhicule pas les valeurs nobles transmises par d'autres protagonistes masculins.

Bref, pour une gamine qui rêvait de femmes valeureuses et badass, j'étais loin de trouver chaussure à mon pied.

Et puis, il y a eu Atalante, dans la BD éponyme de Crisse. A priori, notre héroïne à toutes les caractéristiques de la Mary Sue en puissance : elle est belle, athlétique, intelligente, fidèle, totalement indépendante, débrouillarde... Comme si cela ne suffisait pas elle bénéficie en plus de la protection de trois déesses et non des moindres - Aphrodite, Athéna et Hécate, chacune lui ayant accordée un don.

Atalante combine vitalité de corps et d'esprit : elle sait tirer partie de son intellect comme de ses muscles, s'adapte aux situations les plus périlleuses. Bien qu'elle soit indéniablement sexy et parfaitement mise en valeur sous la plume de Crisse, elle ne joue jamais de ses charmes pour s'en sortir. Qu'elle fasse équipe avec Héraclès ou soit sous les ordres de Jason, notre fière argonaute agit toujours selon ses convictions profondes.

Elle a toutefois ses défauts : elle est impulsive, pour ne pas dire tête-brûlée, se montre souvent susceptible, irascible et têtue - ce que son ami de toujours, le faune Pyros, ne manque pas de lui faire remarquer ! Elle doute, aussi, beaucoup : cherche sa place, un endroit où elle se sentirait chez elle... Elle n'est pas non plus chanceuse en amour, même si elle semble nouer des liens plus qu'amicaux avec Jason.

Outre son héroïne intrépide, la série de Crisse brille par la beauté des dessins, des couleurs, son sens épique, sa réinterprétation inspirée de la mythologie grecque... Dans cette BD, l'humour côtoie les tragédies, l'aventure les drames. Parfois dure, Atalante parvient à exploiter son potentiel dramatique sans tomber dans le pathos - en témoigne le magnifique tome 5, centré sur Calaïs et Zétès, les Boréades.

Atalante dure depuis 18 ans maintenant et j'attends chaque tome avec une impatience à peine contenue ! Et peu importe que certaines histoires soient moins palpitantes que d'autres : la magie demeure intacte.

Illustration en plus : 

En espérant que vous volerez en compagnie de Peter ; que vous serez marqués au fer rouge par le style de Pascal Croci ; que vous verrez le Louvre avec les yeux d'un chat ; que vous chercherez aux côtés de Raido les souvenirs tumultueux de son passé ou que vous prendrez plaisir à parcourir la Grèce mythologique avec Atalante, je vous souhaite d'excellentes lectures.

Et qu'elles vous inspirent autant que je l'ai été, à l'époque, lorsque j'ai lu ces BDs pour la première fois.

Grzegorz Rosinski a totalement raison : « La bande dessinée c’est l’évasion. »

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