L’avis des libraires - 85ème chronique : Appelle-moi par ton nom

03/07/2018

L'avis des libraires : 85ème chronique

Appelle-moi par ton nom d'André Aciman

Désirs interdits et passion voluptueuse en Toscane...

L'été de ses dix-sept ans, Elio rencontre Oliver, un jeune professeur américain que ses parents accueillent dans leur villa estivale, sur la côte italienne. Très vite, l'attirance et la fascination qu'Elio éprouve pour leur invité se transforme en un sentiment bien plus passionné, sans qu'il ne sache si Oliver partage son désir... 

 

On ne compte plus les livres qui évoquent le premier amour. C’est souvent niais, parfois maladroit, toujours déchirant et mélancolique… Des intrigues entremêlées à notre propre vie qui rappellent un passé pas si lointain, une jeunesse évanouie, des émois trop vite passés. C’est ce qui arrive au narrateur, Elio, alors qu’il se remémore l’aventure sentimentale qu’il vécut un été aux côtés d’Oliver, l’année de ses 17 ans.

De souvenirs en souvenirs, le livre d’André Aciman est un long flash-back qui verra le jeune éphèbe grandir et évoluer, jusqu’à atteindre un âge mur, sans jamais réellement se départir du souvenir de son professeur locataire. Un mois volé au cours d’une vie, mais qui transformera à jamais l’existence d’Elio et Oliver.

Lorsque l’histoire commence, nous sommes dans la campagne italienne, la mer à proximité, cette ambiance bucolique et feutrée où repose la villa familiale – jamais aucune indication précise sur ce lieu, si ce n’est une information glanée au fil des chapitres : une référence au golfe de Livourne, où périt le célèbre poète Byron, connu pour ses conquêtes masculines et féminines… Cet été là, il règne une chaleur caniculaire qui plonge chacun dans une sorte de langueur à peine voilée, une indolence somnolente dès que pointe quatorze heures. Dans ce brasier, les corps sont souvent allongés, dénudés, aimantés par une proximité propre aux fantasmes.

Elio a déjà connu des étreintes physiques, a déjà convoité beaucoup d’autres personnes mais Oliver bouleverse tout ce qu’il pensait savoir du désir. C’est le début d’un tourbillon d’interrogations, d’une remise en question, d’un insatiable feu qui consomme l’adolescent. Egalement narrateur, ce dernier nous ouvre la porte de son passé. Et autant l’avouer tout net : rarement on a lu si belle et si intense description d’une relation, de ses débuts hésitants à sa fin inéluctable.

D’une plume qui confère à chaque paragraphe la force d’un poème, Aciman décrit avec génie les sentiments d’Elio : le lyrisme exalté laisse parfois place à un érotisme cru, la passion enfiévrée aux doutes toxiques, les caresses alanguies à la froideur calculée… L’adolescence sauvage dans toute sa splendeur et un style transcendant comme on en découvre rarement : chaque paragraphe peut être sélectionné au hasard sans en ôter la force.

Tous deux étant très cultivés, c’est également une joute verbale, où se mêlent séduction et bravades, qui occupent nos deux amants : une occasion supplémentaire de faire ses preuves – chacun parle littérature, Histoire, philosophie, musique, activités physiques, dressant doucement leurs centres d’intérêt. Ils ont certes des intérêts communs. Mais tout cela est tellement plus qu’une amitié brêve ou une liaison éphémère !

Autour d’eux gravitent les parents d’Elio – brillants et compréhensifs ; les conquêtes féminines vites expédiées ; les domestiques un peu trop perspicaces ; un poète et sa femme en union libre, artistes décomplexés ; une petite fille enfin, d’une intelligence prodigieuse, mais rongée par la leucémie, camarade d’Elio et confidente d’Oliver… Ces personnages tourbillonnent autour du couple, n’effleurant que de très loin la relation ô combien spéciale qui les lie. Un seul aura cette clairvoyance : son père, lors d’un monologue final plein de compréhension et d’amour.

Outre la complexité et la tension sensuelle qui les habitent, les rapports d’Elio et d’Oliver ne sont pas simples : ils sont souvent violents, maladroits, gâchés par la bienséance et la peur. Lorsque le jeune homme rêve à une première nuit dans les bras du professeur, il imagine d’ailleurs que l’un d’eux prononcera ces mots : « Tu me tueras si tu arrêtes. »

Cet éveil à la sexualité, au désir et cette empreinte indélébile qu’il laisse en lui, c’est surtout l’amour, celui qui le lie à Oliver – leur relation dépasse le charnel, concrétise l’orientation jusque là ambiguë.

Avec une minutie aussi belle que tragique, Aciman dépeint chaque phase du sempiternel premier amour : les interrogations, la fougue, l’extase, la douleur, le doute, la culpabilité, la révélation des sentiments, la sensualité, la séparation, le chagrin... La séparation n’est ici jamais définitive – du moins, si elle est physique, elle n’est jamais mentale, preuve qu’elle supplante largement cet aspect pourtant primordial des premières semaines : au fil des chapitres, des années, il semble évident qu’Elio et Oliver continuent à chérir, sans même s’en rendre compte, ce lointain été.

Romantique sans niaiserie, érotique sans phare, beau sans fioriture... Appelle-moi par ton nom joue sur l’ambiance agreste torride de la campagne italienne pour retranscrire toute la passion de ces vacances inoubliables – en un mot : incandescentes.

Une exploration des sens et du cœur d’une volupté folle, en pleine effervescence adolescente.

« […] le feu me tordait les entrailles – car ce mot, « feu », fut le premier et le plus simple qui me vint à l’esprit ce soir-là quand j’essayai de mettre mes idées au clair dans mon journal intime. J’avais attendu et attendu dans ma chambre, cloué sur mon lit dans un état fébrile de terreur et d’espoir. Pas un feu de passion, pas un feu ravageur, mais quelque chose de paralysant, comme le feu de ces bombes qui absorbent l’oxygène autour d’elles et vous laissent pantelant parce que vous avez reçu un coup à l’estomac et qu’un vide subit a déchiré tous les tissus de vos poumons et desséché votre bouche. Vous espérez que personne ne parlera, parce que vous ne pouvez pas parler, ni ne vous demandera de bouger, parce que votre cœur obstrué bat si vite qu’il semble prêt à cracher des éclats de verre plutôt que de laisser couler autre chose dans ses cavités rétrécies. Un feu pareil à la peur, à l’affolement – une minute de plus et je mourrai s’il ne frappe pas à ma porte, mais en même temps j’aimerais autant qu’il ne frappe jamais plutôt que de frapper maintenant.

J’avais appris à laisser ma porte-fenêtre entrouverte, et j’étais étendu sur mon lit, vêtu de mon seul maillot de bain, le corps entier en feu. Un feu comme une prière qui dit : S’il te plaît, s’il te plaît, dis-moi que je me trompe, que j’ai imaginé tout ça, parce que cela ne peut pas être vrai pour toi aussi, et si c’est vrai pour toi aussi, alors tu es l’homme le plus cruel qui soit…. »

~ p 25 

« Comment pouvais-je ne pas comprendre, demandez-vous ? Je reconnais le désir quand je le perçois – et pourtant, cette fois, il m’échappait complètement. Je voulais voir le sourire ironique qui éclairait soudain son visage chaque fois qu’il lisait dans mes pensées, alors que tout ce que je désirais vraiment c’était sa peau, juste sa peau. »

 ~ p 18 

« Vers la fin de l’après-midi, quand il n’y avait rien à faire dans la maison, Mafalda lui demandait de monter à l’échelle avec un panier et de cueillir les fruits qui « rougissaient presque de honte », disait-elle. Il plaisantait en italien, en cueillait un et demandait : « Celui-ci rougit-il de honte ? » Non, répondait-elle, celui-ci est encore trop jeune, la jeunesse ne connaît pas la honte, la honte vient avec l’âge. »

~ p 54 

« Le voir et penser qu’il serait des nôtres au dîner et puis entendre son péremptoire Esco ! m’apprenait qu’il y a des désirs qui doivent être rognés comme les ailes d’un papillon vivant.J’aurais alors voulu qu’il fût déjà reparti pour en avoir fini avec lui.J’aurais voulu qu’il fût mort ; si je ne pouvais m’empêcher de penser à lui et de me demander avec anxiété quand je le reverrais, au moins sa mort y mettrait fin. J’aurais même voulu le tuer moi-même, pour lui faire savoir combien sa seule existence en était venue à me tourmenter. »

~ p 63

« Voulais-je être comme lui ? Voulais-je être lui ? Ou voulais-je seulement l’avoir ? Ou être et avoir sont-ils des verbes totalement inadéquats dans l’écheveau du désir, où avoir le corps de quelqu’un à toucher et être ce quelqu’un qu’on désire toucher sont une seule et même chose, ne sont que les rives opposées d’un fleuve qui passe sans cesse de soi à lui et de lui à soi, en ce va-et-vient perpétuel où les chambres du cœur, comme les pièges du désir, et les leurres du temps, et le tiroir à double fond que nous appelons identité, obéissent à une fausse logique selon laquelle la plus courte distance entre la vie réelle et la vie non vécue, entre qui l’on est et ce qu’on désire, est un escalier en trompe-l’œil conçu avec l’espiègle cruauté d’un Escher ? » 

~ p 96​

« Tu sais qui s’est noyé, dit-on, près d’ici, reprit-il.

— Shelley.

— Et tu sais ce qu’ont fait ses amis et sa femme Mary lorsqu’on a retrouvé son corps ?

— Cor cordium, cœur des cœurs », répondis-je, faisant allusion au moment où un ami avait saisi le cœur du poète avant que les flammes eussent complètement consumé son corps gonflé qu’on brûlait sur le rivage. Pourquoi me posait-il ces questions ?

« Y a-t-il une chose que tu ne sais pas ? » dit-il.

Je le regardai. C’était mon moment. Je pouvais le saisir ou je pouvais le perdre, mais je savais que de toute façon je ne l’oublierais jamais. Ou je pouvais me délecter du compliment – mais regretter à jamais tout le reste. . » 

~ p 101

 

« J’aime ta façon de dire les choses. Pourquoi te rabaisses-tu toujours ? »

Je haussai les épaules. Me reprochait-il de me critiquer moi-même ?

« Je ne sais pas. Pour que tu ne le fasses pas, je suppose.

— As-tu si peur de ce que pensent les autres ? »

Je secouai la tête. Mais je ne connaissais pas la réponse. Ou peut-être la réponse était-elle si évidente que je n’avais pas besoin de répondre… C’étaient les moments comme celui-là qui me donnaient le sentiment d’être si vulnérable, si nu. Poussez-moi dans mes retranchements, rendez-moi nerveux, et, si je ne vous repousse pas, vous me percez vite à jour. Non, je n’avais rien à répondre. »

 ~ p 109 / Oliver & Elio

« Je ne savais pas où tout cela menait, mais je m’abandonnais à lui peu à peu, et il devait le savoir, car je sentais qu’il maintenait encore une distance entre nous. Même ainsi, les lèvres jointes, nos corps étaient séparés. Je savais que tout ce que je faisais maintenant, le moindre geste, pourrait troubler l’harmonie du moment. Sentant qu’il n’allait probablement pas y avoir de suite à notre baiser, je commençai à expérimenter la séparation de nos lèvres, mais n’amorçai le mouvement de mettre fin au baiser que pour me rendre compte à quel point j’avais voulu que jamais il ne s’arrête, voulu sa langue dans ma bouche et la mienne dans la sienne – parce que tout ce que nous étions devenus, après toutes ces semaines et toute cette tension et tous ces moments de froideur entre nous, c’étaient deux langues humides explorant vivement la bouche de l’autre. Juste deux langues, tout le reste n’était rien. »

 ~ p 114-115 / Oliver & Elio

« Je devais apprendre à l’éviter, trancher chaque lien, un à un, comme le font les neurochirurgiens quand ils séparent un neurone d’un autre, un désir tourmenté d’un autre ; cesser d’aller dans le jardin, cesser d’épier, cesser d’aller en ville le soir, me sevrer un peu plus chaque jour, comme un drogué – une seconde, une minute, une heure, un jour infesté de sentimentalité après l’autre. C’était possible. Je savais qu’il n’y avait pas d’avenir là-dedans. Mais suppose, pensai-je, qu’il vienne dans ma chambre ce soir. Mieux encore, suppose que je boive quelques verres et aille dans la sienne et lui dise la vérité bien en face : Oliver, je veux que tu me prennes. Quelqu’un doit le faire, et autant que ce soit toi. Correction : Je veux que ce soit toi. J’essaierai de ne pas être le pire coup de ta vie. Fais seulement comme tu ferais avec quelqu’un que tu espérerais ne plus jamais revoir. Je sais que cela n’a rien de romantique, mais je suis enserré dans tant de nœuds qu’il me faut le remède gordien. Alors vas-y. »

 ~ p 121

« Je m’en contenterais. Je voulais qu’il me lise une histoire. Quelque chose de Tchekhov ou Gogol ou Katherine Mansfield. Enlève tes vêtements, Oliver, et viens dans mon lit, laisse-moi sentir ton odeur, sentir ton corps, tes cheveux contre ma peau, ton pied sur le mien, même si nous ne faisons rien, laisse-moi me blottir contre toi, quand la nuit voluptueuse monte, apaisant tout, même la faim, effaçant tout, même la honte… »

~ p 133

« Tu aimes vraiment lire tant que ça ? » demanda-t-elle tandis que nous marchions d’un pas nonchalant dans la pénombre vers la piazzetta.

Je la regardai comme si elle m’avait demandé si j’aimais la musique, ou le pain tartiné de beurre salé, ou les fruits mûrs en été.

« Ne crois pas que je n’aime pas lire, reprit-elle. J’aime ça aussi. Mais je ne le dis à personne. »

Enfin, pensai-je, quelqu’un qui dit la vérité. Je lui demandai pourquoi elle ne le disait à personne.

« Je ne sais pas », dit-elle. C’était plutôt une façon de gagner du temps pour réfléchir ou se dérober avant de répondre :

« Les gens qui lisent cachent ce qu’ils sont… Et les gens qui se cachent n’aiment pas toujours ce qu’ils sont.

— Caches-tu ce que tu es ?

— Quelquefois. Pas toi ?

— Moi ? Je suppose… »

Alors, contre tous mes instincts, je me surpris à formuler une question que je n’aurais sans doute jamais osé poser autrement.

« Est-ce que tu me caches des choses sur toi ?

— Non, pas à toi. Ou peut-être, si, un peu.

— Quoi par exemple ?

— Tu sais très bien quoi par exemple.

— Pourquoi dis-tu ça ?

— Pourquoi ? Parce que je pense que tu peux me faire souffrir et je ne veux pas souffrir. »

~ p 159-160 / Marza & Elio

« J’éprouvais le bonheur incertain de ceux qui sont trop superstitieux pour prétendre qu’ils peuvent obtenir tout ce dont ils ont jamais rêvé, et sont bien trop reconnaissants pour ignorer que ce qu’ils possèdent pourrait aisément leur être pris. »

~ p 170

« Quelque chose d’inattendu semblait s’estomper entre nous, et, un bref instant, j’eus l’impression qu’il n’y avait aucune différence d’âge entre nous : juste deux hommes s’embrassant, et cela même parut se brouiller, car il me semblait que ce n’étaient pas deux hommes mais simplement deux êtres… J’aimais cette impression d’égalité. J’aimais me sentir à la fois plus jeune et plus âgé – un être humain, un homme, un Juif avec un autre. »

~ p 181

« [...] jusqu’au moment où il me dit : « Appelle-moi par ton nom et je t’appellerai par le mien », ce que je n’avais encore jamais fait et qui, dès que je prononçai mon propre prénom comme s’il était le sien, m’emporta dans un monde que je n’avais encore jamais partagé avec personne et que je n’ai jamais retrouvé depuis. »

 ~ p 184-185 / Oliver & Elio 

« Mais j’aimais aussi la langueur qui pesait sur la ville, comme le bras fatigué d’un amant posé sur vos épaules. »

 ~ p 229

 

« Nous avions trouvé les étoiles, toi et moi. Et cela n’est donné qu’une fois. »

 ~ p 327

« Tu es trop fin pour ne pas comprendre combien ce que vous avez eu tous les deux était rare, spécial.

— Oliver était Oliver, dis-je comme si cela résumait tout.

— Parce que c’était lui, parce que c’était moi », ajouta-t-il, citant ce qu’écrivit Montaigne pour expliquer son amitié avec Étienne de La Boétie.

Je pensais plutôt aux mots d’Emily Brontë : parce qu’« il est plus moi-même que je ne le suis. . »

 ~ p 299 

« Comme beaucoup d’entre vous le savent, j’ai adoré la Thaïlande avant d’y aller et je l’ai détestée dès que j’y suis arrivé. Ou pour reformuler cela : je l’ai détestée quand j’y étais et je l’ai adorée dès que je l’ai quittée. »

 ~ p 245 / le poète

« Tout le monde est beau là-bas, mais beau d’une manière exceptionnellement hybride, et c’est pourquoi je voulais y aller, dit le poète. Ils ne sont pas purement asiatiques, ni bien sûr occidentaux, et “eurasiens” est un terme trop simple… Ils sont exotiques au plein sens du mot, et pourtant ils ne nous sont pas étrangers… Nous les reconnaissons aussitôt bien que nous ne les ayons encore jamais vus, et n’ayons pas de mots non plus pour ce qu’ils touchent en nous ou ce qu’ils semblent vouloir de nous. »

 ~ p 255-256 / le poète

« Ne crains rien, ça viendra. Du moins je l’espère. Et quand tu t’y attendras le moins. La nature est habile à trouver notre point le plus vulnérable. Rappelle-toi seulement que je suis là. Maintenant tu ne veux peut-être rien ressentir. Tu ne l’as peut-être jamais voulu. Et ce n’est peut-être pas avec moi que tu voudras parler de ces choses. Mais tu as bien ressenti quelque chose. »

Je le regardai. C’était le moment où je devais mentir et lui dire qu’il se trompait complètement. J’étais sur le point de le faire.

« Écoute, me devança-t-il. Tu as eu une belle amitié. Peut-être plus qu’une belle amitié. Et je t’envie. À ma place, la plupart des parents espéreraient que tout cela passe vite, ou que leur fils retombe rapidement sur ses pieds. Mais je ne suis pas un tel parent. S’il y a du chagrin, chéris-le, et s’il y a une flamme, ne l’éteins pas, ne sois pas brutal avec elle… Le manque peut être une chose terrible quand il nous tient éveillé la nuit, et voir les autres nous oublier plus vite qu’on ne voudrait être oublié n’est pas mieux… Nous arrachons tant de nous-mêmes pour guérir plus vite qu’il ne le faut, qu’à trente ans nous sommes démunis et avons moins à offrir chaque fois que nous commençons avec quelqu’un de nouveau. Mais ne rien ressentir pour ne rien ressentir – quel gâchis ! »

 ~ p 300

« Si tu te souviens de tout, voulus-je dire, et si tu es vraiment comme moi, alors avant de partir demain, ou quand tu seras prêt à fermer la portière du taxi après avoir dit adieu à tout le monde, et qu’il ne restera plus rien à dire en cette vie, une dernière fois, tourne-toi vers moi et, même en plaisantant, ou comme sous l’effet d’une pensée après coup, ce qui aurait tant compté pour moi quand nous étions ensemble, regarde-moi dans les yeux comme tu le faisais alors, soutiens mon regard, et appelle-moi par ton nom. »

 ~ p 332

Appelle-moi par ton nom d'André Aciman aux Éditions Grasset. 333 pages. 20€90

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