Bonne résolution livresque n°14 : Soutenir la cause LGBT

17/05/2018

Bonne résolution livresque n°14 :

Soutenir la cause LGBT

 

 « The greatest thing you'll ever learn, Is just to love and be loved in return. »

~ eden ahbez

C'est une évidence mais nous avons beaucoup à apprendre des grands paroliers. Typiquement, Nature Boy, écrit par Eden Ahbez et mondialement connue pour l'interprétation de Nat King Cole, nous a sûrement transmis l'un des messages les plus primordiaux qui soient : « La plus grande chose que vous n’apprendrez jamais, c’est d’aimer et d’être aimé en retour. »

Aimer, accepter et respecter, sans distinction de genre ou d'orientation sexuelle, est un droit primordial que chacun devrait garder en tête... Du moins dans un monde idéaliste. Car si l'on y regarde de plus près, il suffit de jeter un coup d’œil aux infos pour se rendre compte que ce n'est pas le cas ! Et je vous vois venir mais non, je ne fais pas référence aux percussions des homosexuels en Tchétchénie ou des meurtres homophobes commis en Afrique du Sud - des actes abjects du reste.

Non, pour trouver des actes d'homophobie ordinaires et parfaitement légalisés, inutile de quitter nos frontières. Il suffit de se recentrer un peu chez nous, en France, et de se rappeler le tollé qu'avait provoqué le Mariage pour tous, les propos de Zemmour, Boutin et Co au sujet de la communauté LGBT, j'en passe et des encore moins sympathiques.

Même en excluant l'aspect médiatique, nous en avons des preuves tangibles, au quotidien. Moi-même, femme blanche hétéro dans les normes physiques communément admises par la société (donc relativement protégée, soyons honnêtes !) et œuvrant dans le domaine culturel, j'y suis confrontée couramment.

Et ce dès l'ouverture de ma librairie Au Chapelier Lettré, en 2016. Des "vous n'avez pas peur qu'on vous prenne pour une gouine avec vos cheveux courts ?" au "j'ai qu'une crainte dans la vie, que mon petit-fils soit pédé !" en passant par "tu ne vas pas acheter ce pompon, ça fait taffiole" ou le ô combien tolérant "j'ai arrêté de lire Le Figaro Magazine pendant des années... Il y avait une publicité de deux femmes entrain de s'embrasser à pleine bouche. Ah ça, c'était précurseur mais pas dans le bon sens du terme !"

Pour rappel, en 2016, SOS Homophobie avait recensé 1 515 actes ou paroles homophobes, un chiffre en hausse de 19,5 % par rapport à l'année précédente. Tout aussi inquiétant, en 2017, 70% des personnes transgenres auraient déjà pensé au suicide et 33% seraient déjà passées à l'acte.

Oui il y a du progrès. Oui, il y a, à l'heure où j'écris ces lignes, 28 pays qui autorisent le mariage gay. Oui, de plus en plus de séries ont ouvert la voie en montrant des personnages LGBT forts (The L World, Queer as Folk, Buffy, Skins, Skam, Torchwood, Versailles...) et les cérémonies cinéphiles ont récompensé de nombreux films touchant à ces thématiques (120 battements par minutes, Brokeback Mountain, Danish Girl...). Mais c'est loin d'être suffisant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est pourquoi le 17 mai est primordial : c'est à cette date que, chaque année, se tient la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, initiée par la Fondation Émergence. 

A mon échelle, je ne peux pas faire grand chose. Mais il y a une différence entre "ne rien faire" et "faire peu". Dans tous les cas, un acte isolé vaut mieux qu'une passivité totale. De même, une multitude d'actes isolés finit par aboutir à un mouvement d'ampleur, à une vague de tolérance initiée ensemble.

C'est pourquoi j'ai choisi d'évoquer aujourd'hui avec vous quelques ouvrages LGBT qui m'ont marqué et plu. Vous ne trouverez pas dans cette liste Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers, Du bout des doigts ou Garçons de cristal, trois livres que je vénère au plus haut point mais que j'ai hélas mentionné à maintes reprises... Alors même si je ne peux que vous conseiller ces ouvrages, j'ai choisi cette fois de me renouveler un peu !

Et comme dirait l'autre, God Save The Queer !

Dictionnaire des homosexuel.le.s célèbres

Par : Michel Larivière

Pitch : Voici un dictionnaire complet et innovateur qui évoque l’homosexualité des célébrités sous toutes ses formes, à travers toutes les périodes. Près de 500 pages et plus de 850 entrées pour détailler l’expérience gay de toutes ses grandes figures, qu’il s’agisse d’une simple passade, d’amours contrariés ou de longues existences à deux.

Pourquoi ? Grand expert en la matière et auteur d'un site particulièrement fourni, Michel Larivière, à qui l’on doit Femmes d’homosexuels célèbres, met en lumière l’homosexualité de personnalités publiques, hommes ou femmes.

L’avant-propos est fascinant, éclaire sur la vision de l’homosexualité à travers les siècles de façon concise, de sa prohibition totale à son acceptation puis à sa légalisation. Homosexuel(le)s, bisexuel(le)s, transexuel(le)s à la notoriété certaine figurent ainsi dans un dictionnaire qui explique en quelques lignes leurs parcours, leur orientation... Les politiques côtoient les artistes, les rois les pharaons, les philosophes les militaires. Le tout s’avère concis, documenté, relativement neutre et souvent surprenant. Des plus évidents (Louis II de Bavière, David Bowie, Oscar Wilde, Marcel Proust, Christopher Isherwood, Yukio Mishima, Christine de Suède, Tennessee Williams) aux plus étonnants (Buffalo Bill, Rudyard Kipling, Ivan le Terrible, Frédéric Chopin, Casanova) ce livre est une mine d’or d’infos construit autour d’un axe original peu abordé - l’orientation sexuelle.

De ses propres mots, Larivière voit dans son œuvre un nouvel éclairage de l’Histoire, ni un tableau d’honneur ni une liste malveillante, pas plus polémique qu’il n’est scandaleux. J’ajouterais que ce dictionnaire est une excellente façon de faire taire les homophobes en leur rappelant tous les grands personnages qui n’étaient pas exclusivement hétéro.

Autre fait intéressant : le dictionnaire ne regroupe que des personnes décédées. Une volonté de l’auteur qui précise d’emblée : "les vivants sont exclus de cet ouvrage" car "si les uns ne font pas mystère de leurs goûts, d’autres préfèrent taire leur différence". Une attention qu’on ne peut que saluer et qui rappelle, du même coup, qu’afficher son identité sexuelle, faire son coming-out etc. demeure un choix exclusivement privé. Personne, hormis le/la concerné(e), n’est en droit de révéler un fait si personnel. Un droit que Larivière a parfaitement compris.

Pour qui ? Les érudits, les curieux, les fans d'Histoire et de culture...

Le mot en plus : Pendant des siècles, les historiens, l'école, l'université ont purgé les manuels, censuré ou falsifié l'Histoire afin d'en exclure les orientations sexuelles différentes considérées comme un vice, une maladie, une tare, un péché.

 

Breakfast on Pluto

Par : Patrick McCabe
Pitch : Difficile pour Patrick de trouver sa place à Tyreelin, patelin irlandais où l’étroitesse d’esprit règne en reine absolue. Sensible et délicat, Patrick a en plus la malchance, le déshonneur, d’être le fils illégitime du curé local ! Très vite, par goût et provocation, il commence à se travestir et prend le nom explicite de Pussy. Le road-trip déjanté de Pussy/Patrick le mène de l’Irlande à l’Anglette, des agissements clandestins de l’IRA aux quartiers chauds londoniens.

Pourquoi ? Des histoires, il y en a beaucoup, de toutes sortes et de tous les genres. Mais, tout comme Pussy/Patrick, le roman de McCabe se veut inclassable, tour à tour violent et acidulé, drôle et tragique, irrévérencieux, toujours. A travers ce court ouvrage rythmé, c’est tout un pan des 60-70’s qui se déploient entre ces pages : la période très active de l’IRA, les expériences sexy (et sexuelles) du Swinging London, autoproclamé centre de la culture pop et de la mode...

Et puis il y a sa narratrice, Pussy. Décomplexée, jamais avare de bons mots ou d’une répartie bien sentie, débrouillarde, fonceuse, décidée, sensible - notre narratrice est forte à sa manière, sous ses dehors naïfs, elle est d’une ténacité exemplaire. Pussy ne recule devant rien ni personne et sa force intérieure, étincelante, jaillit aux moments les plus inattendus. Elle voit des bombes, des meurtres, des drames, subit l’intolérance envers les homos, les travestis, les irlandais. La poisse chevillée au corps, l’Irlande n’accepte pas sa différence, l’Angleterre rejette sa nationalité. Alors elle ajoute à sa vie la légèreté qui lui manque, s’affiche frivole, vaporeuse, amatrice de paillettes et de fêtes, croqueuse d’amants en tous genres.

Son adaptation filmique, signée Neil Jordan, est une friandise amère et déjantée à la BO enivrante, portée par l’excellent Cillian Murphy, tout en subtilité. On ne pouvait rêver mieux car elle a su, à la perfection, retranscrire l’esprit déjanté, désinvolte et mélancolique de Pussy.

Pour qui ? Les férus d’intrigues atypiques, de poésie moderne, les fans de Patrick McCabe

Le mot en plus : Puss n’a absolument rien fait pour expliquer la situation […] et déclarer : « Non ! Vous ne comprenez pas ! Vous voyez, je suis une banale prostituée travestie, je ne m’intéresse pas le moins du monde à la politique ! » Bien trop préoccupée par son adorable pull en mohair couleur glace à la fraise et sa superbe mini-jupe plissée noire pour s’embêter avec ça, en fait !Ce qui était une très grave erreur, comme cela s’est prouvé par la suite, car après deux ou trois conversations avec elle, rien n’allait les convaincre que le poseur de bombes au visage poupin qu’ils avaient désormais fermement sous la main était autre chose qu’un sale enfoiré pervers que rien n’arrêtait dans sa détermination à mutiler et estropier, qui allait même jusqu’à se déguiser en pute, une informations qu’ils n’ont pas hésité à transmettre aux journaux qui, à présent, réclamaient bien sûr haut et fort une condamnation.Encore maintenant, je regrette de ne pas avoir conservé un exemplaire du Daily Mirror ou du Sun, parce que je n’étais pas mal du tout dans les deux !

 

Moi Simon, 16 ans homo-sapiens

Par : Becky Albertalli
Pitch : Simon Spier a 16 ans et déjà un lourd fardeau à porter : dissimuler son homosexualité. Heureusement, il reste Internet. Le seul endroit où il peut s’affirmer, être lui-même. C’est là qu’il rencontre Blue, un lycéen qui fréquente le même établissement scolaire. Chacun ignore la véritable identité de l’autre. Et pour corser le tout, voilà que Martin, l’un de ses camarades de classe, découvre son secret et semble bien décidé à faire chanter Simon...
Pourquoi ? Moi Simon est mon dernier coup de cœur en date. C’est à la fois une œuvre traitant du quotidien au lycée, de l’amitié et de la famille. De l’amour, évidement – à 16 ans, comment passer à côté ? C’est aussi et surtout un roman sur le coming out, qu’il s’agisse de celui de Simon ou de son mystérieux interlocuteur Blue. Les deux protagonistes réfléchissent régulièrement à l’impact qu’aura cette annonce sur leur vie : la peur de perdre ses amis, de changer à jamais ses liens familiaux, d’affronter le regard des autres, de voir sa routine bouleversée par l’intransigeance et la bêtise humaines… Tout comme Michel Larivière, le livre souligne l’importance de ce passage à l’acte ; surtout, il rappelle que c’est un choix personnel, qu’il appartient à chacun de faire ou non, comme il en a envie, quand il se sent prêt, comment il le veut et auprès de qui il le souhaite.
L’autre point fort de ce roman est sans doute la relation épistolaire de Simon et Blue : elle traite pêle-mêle de sexualité, fantasmes, lycée, famille, religion, ségrégation, intolérance… C’est d’autant plus marquant que l’intrigue est portée par des personnages très attachants et complexes, qu’ils s’agissent de Simon, Blue, leur entourage, leurs profs, leur famille, leurs camarades.
Surtout, l’œuvre de Becky Albertalli est si importante, si progressiste, parce qu’elle aborde une sexualité encore ostracisée en choisissant le prisme de la normalité. Moi Simon est une fiction positive, parfaitement ancrée dans la réalité, authentique et inspirante. Sous ses dehors de chronique de vie, de comédie inoffensive, de rom-com un peu prévisible, ce roman participe à la normalisation de l’orientation sexuelle quelle qu’elle soit. Le tout est porté par une plume fluide et caustique, sans emphase, qui le rend accessible à tous. Un livre qui fait du bien… Et qui fait réfléchir.
Pour qui ? Les adolescents, ceux qui se rappellent de leurs premiers émois, les nostalgiques des années lycée...
Le mot en plus : Tu ne trouves pas que tout le monde devrait en passer par le Coming out ? Pourquoi l’hétérosexualité serait-elle la norme ? Chacun devrait déclarer son orientation, quelle qu’elle soit, et ça devrait être aussi gênant pour tout le monde, hétéros, gays, bisexuels ou autres. Je dis ça je dis rien.

 

Le bleu est une couleur chaude

Par : Julie Maroh
Pitch : Clémentine est une ado comme les autres. Ou presque. Elle se cherche, beaucoup. La réponse à ses interrogations prend vite l’apparence d’Emma, une jeune fille aux cheveux bleus. Désir, amour, rupture et retrouvailles marquent le parcours du couple.
Pourquoi ? Peu de bandes dessinées ont su m’émouvoir jusqu’aux larmes. Prouesse qu’a réussie Julie Maroh haut la main, classant d’emblée Le bleu est une couleur chaude dans mes ouvrages cultes, mes coups de cœur inaltérables depuis cinq ans déjà. En le découvrant, j’ai été émerveillée par la maîtrise de Julie Maroh : sa virtuosité des thématiques, du dessin, des mots, des couleurs... Elle dresse une histoire d’amour, de ces romances vraies et sensorielles, qui se tissent page après page, corps contre corps. Une intrigue centrée sur la passion et de désir, de brouilles et de réconciliation.
Par tout cela, Maroh réussit à décrire un couple dans sa dimension la plus universelle : la rencontre, l’amour, le désir consumé et, comme souvent, la séparation, voulue ou non. Aux côtés de Clémentine, on s’éprend d’Emma, on comprend la fascination qu’elle lui voue, sa remise en question. Aussi, on pardonne ses faux-pas, ses tâtonnements, ses erreurs : Clémentine, au final, c’est un peu nous, si imparfaits, si amoureux.
Maroh ne cherche aucunement à idéaliser son couple phare. Ses filles sont réalistes, exaltées, pétries de doute et de peur, parfois. Pourtant, gageons que tout le monde aimerait s’éprendre au moins une fois, aussi intensément, de quelqu’un ; entre Clémentine et Emma, c’est une relation qui dépasse l’intolérance, les différences, la pression sociale et familiale.
Cette fresque adulescente s’attarde sur notre héroïne, de son adolescence à la fin. Sa fin. Et quelle fin ! Imprévisible, brutale, à vous briser tout entier. Voilà un dénouement auquel on songe longtemps après la lecture, uppercut tant littéraire que visuel, KO et chaos provoqués par les mots et les images...
L’œuvre est engagée, pertinente, fracasse les tabous, les préjugés sur l’adolescence dont on minimise trop souvent, une fois adulte, les espoirs et les craintes. Sa créatrice possède ce regard doux-amer sur les jeunes adultes qui donne à l’œuvre ce côté authentique et sincère.
Et c’est parce qu’elle semble si réelle, si juste, si simple, que son histoire est si belle. 
Pour qui ? Les amateurs de romances saphiques justes et profondes ou tout simplement les romantiques engagé(e)s.
Le mot en plus : Tu m’avais demandé si je croyais que l’amour éternel existe. L’amour est quelque chose de trop abstrait et d’indiscernable. Il est dépendant de nous, perçu et vécu par nous. Si nous n’existions pas, il n’existerait pas. Et nous sommes tellement changeants... Alors l’amour ne peut que l’être aussi.  L’amour s’enflamme, trépasse, se brise, nous brise, se ranime : nous ranime. L’amour n’est peut-être pas éternel mais nous, il nous rend éternels.

Playlist dédiée

  • 3ème sexe - Indochine

  • All the Things She Said – t.A.T.u

  • Beautiful Ones - Hurts

  • Born This Way - Lady Gaga

  • Ci vediamo a casa - Dolcenera

  • Comme ils disent – Charles Aznavour, reprise par Dièse

  • Girls Chase Boys - Ingrid Michaelson

  • I Kissed a Girl - Katy Perry

  • I Want To Break Free - Queen

  • J'ai cru entendre je t'aime - Louis Garrel & Grégoire Leprince-Ringuet

  • Je ne suis pas une erreur - Mrs Yéyé

  • La Bourgeoisie des sensations – Calogero

  • Please Don't – K-Will

  • Sans contrefaçon - Mylène Farmer

  • Te amo – Rihanna

  • The Day Before - NELL

  • Un garçon pas comme les autres (Ziggy) - Réjane Perry

  • Une femme avec une femme – Mecano

  • Vogue - Madonna

  • Walk on the Wild Side - Lou Reed

🍿 Ciné-mania :  🍿

Ces films LGBT qui m'ont marqués...

  • 120 battements par minutes

  • Au premier regard

  • Big Gay Musical (The)

  • Bound

  • Boys Don’t Cry

  • Brokeback Mountain (Le secret du)

  • Call Me By Your Name

  • Center of my World

  • C.R.A.Z.Y

  • Danish Girl (The)

  • Esteros

  • Five Dances

  • Happy Together

  • Kinky Boots

  • Laurence Anyways

  • Ligne d'eau

  • Mademoiselle

  • Man on High Heels

  • No Regret

  • Nouvelle amie (Une)

  • Personne n'est parfait(e)

  • Philadelphia

  • Premier qui l'a dit (Le)

  • Pride

  • Priscilla, folle du désert

  • Private Romeo

  • Rocky Horror Pictures Show

  • Shelter

  • Spider Lilies

  • Transamerica

Ne jamais oublier...

Les victimes d'agressions LGBT

 

Zelim Bakaev

Xulhaz Mannan

Harvey Milk

Barry Winchell

Ihsane Jarfi

Noxolo Nogwaza

Eudy Simelane

Brandon Teena

 

Et bien d'autres...

! Bye Bye !

 

 

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L’avis des libraires - 190ème chronique : Le Carrousel Infernal

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