L’avis des libraires - 74ème chronique : Lettres à l’ado que j’ai été

03/04/2018

L’avis des libraires - 74ème chronique :

Lettres à l’ado que j’ai été,

auteurs multiples sous la direction de Jack Parker

Ados d’hier, adultes d’aujourd’hui, espoirs pour demain

 

24 personnalités s’écrivent à elles-mêmes, se livrent et donnent des conseils à l’ado qu’elles ont été. Le but : s’accepter malgré nos défauts et avec nos qualités. Avec bienveillance. Un message primordial pour chacun.

 

Bonjour Chloé,

Je t’écris du futur. Pas très loin dans le futur mais du futur quand même. Et ne fais pas de vanne sur Retour vers le Futur, la plupart des auteurs de ce bouquin vont le faire de toute façon !

Prochainement, tu vas recevoir le catalogue des parutions de mars. Dans le lot, un livre va te taper dans l’œil : ce sera Lettres à l’ado que j’ai été, une compilation de témoignages sous la direction de Jack Parker. Le titre va te parler, tu vas trouver le concept génial… Et bien crois-moi, tu as raison ! Commande-le, commande même plusieurs exemplaires !

Ce livre, tu vas l’adorer. Au point d’en faire une chronique. Il va te rappeler ce que tu as été et ce que tu voudrais être – et si ça marche pour toi, ça marchera pour d’autres, des plus jeunes, qui le liront à l’âge idéal. C’est le genre de témoignages que tu aurais aimé avoir ado, pour te rassurer, relativiser, t’épauler. Te dire que certaines de ces périodes, si sombres soient-elles, restent éphémères.

Et puis le choix des participants est vraiment légitime, tu verras. Certes, la plupart viennent d’Internet et ne parleront pas au plus de trente ans. Ce qui te posera un léger cas de conscience. Tu vas te dire : une petite bio pour chacun d’eux n’aurait pas été tout à fait inutile (même toi qui passe des heures sur le net tu as dû googler quelques noms !).

Puis avec le recul, tu te diras : et alors ? Ça ne retire rien à la justesse des propos, ça ne desserre absolument pas le public concerné. Au fond peu importe la notoriété des uns et des autres, peu importe même qui ils sont : artistes, humoristes, vidéastes, réalisateurs, acteurs, journalistes… Tous ont répondu présents pour envoyer un message positif à une jeunesse en manque de repères et mal dans sa peau – cette glorieuse période qu’est la puberté aura décidément fait suer tout le monde ! Parmi les auteurs, certains en profiteront sans doute pour se réconcilier avec cette partie d’eux. Une auto-thérapie peut aider bien des gens, au-delà de soi.

Evidemment, l’empathie que l’on a avec chaque lettre dépend de notre vécu, de notre ressenti personnel. Tu vas adorer celle d’Ovidie, tout en pudeur ; celle de Florence Porcel, très touchante ; tu trouveras celle de Dedo burlesque et bien écrite ; celle d’Adrien Ménielle hilarante ; celles de Thomas Hercouët, Jack Parker, Marion Seclin, Nicolas Berno et Diglee ô combien inspirantes. Et rassure-toi, tu aimes toujours autant Patrick Baud après avoir lu sa lettre, peut-être même davantage !

Selon les parcours, on a tous eu de nombreuses épreuves à surmonter : un divorce parental, un décès, une maladie, parfois juste le mal-être teigneux et inexprimable de l’adolescence… Chacun y trouvera du réconfort.
Et tu veux que je te dise le plus beau ? Les droits d’auteurs de cet ouvrage sont reversés à l’association Marion la main tendue, qui lutte contre le harcèlement scolaire. Sérieux, qu’est-ce que tu veux de plus ?
Lettres à l’ado que j’ai été est une lettre d’amour aux ados d’hier, aux adultes d’aujourd’hui et aux espoirs de demain. Alors, Chloé bouge-toi et parles-en ! Des livres aussi utiles, aussi touchants et universels, tu n’en as pas eu cent-milles entre les mains. Partage-le.

 

« Le seul temps qu’on perd c’est celui qu’on passe à faire ce qu’on n’aime pas. »

~ p 113 (Patrick Baud)

 

« Au fait, on dit que toutes les bonnes choses ont une fin. J’en sais rien. Mais les mauvaises en ont une et, crois-moi, devenir grand, ça fait du bien. »

~ p 69 (Florent Bernard)

 

« L’adolescence, c’est un tiramisu au Nutella : sur le coup ça paraît très cool, très vite ça pèse sur l’estomac et après, avec le recul, on se dit que c’était quand même sympa et on a envie d’y regoûter. »

~ p 20-21 (Dedo)

 

« Tu les aimes parce qu’ils savent aussi te rassurer, parfois. Tu les aimes parce qu’ils te transmettent la curiosité, la tolérance et qu’ils te donnent de quoi les éduquer plus tard. Oui, je crois que les parents nous transmettent des valeurs pour que l’on devienne leur garde-fou, leur guide, leur lumière dans les bas-fonds de de la peur. Ils t’aiment, c’est sûr, mais leur amour est si maladroit qu’il te fait mal. »

~ p 181 (Nicolas Berno)

Auteurs multiples sous la direction de Jack Parker, Lettres à l’ado que j’ai été aux Éditions Flammarion. 204 pages. 13 €

 

Article paru en version écourtée dans le Pays Briard le 03.04.18

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