Cin’express : Mars 2018

30/03/2018

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Mars 2018

 

 

🎬  Call Me By Your Name : 4/5

Un Ă©tĂ© caniculaire en Italie, les premiers Ă©mois adolescents, la musique calibrĂ©e des 80's, la somptuositĂ© des paysages et la symphonie des cƓurs au rythme des corps...

Call Me By Your Name, éveil à la sexualité d'un jeune homme, est avant tout un film sensoriel et profondément sensuel. Timothée Chalamet et Armie Hammer apparaissent ici sublimés par la caméra, érotisés à la maniÚre des statues grecques qui reviennent réguliÚrement dans le film, fond marbré omniprésent.

Le réalisateur Luca Guadagnino signe ici une fresque estivale contemplative dans sa premiÚre partie, intense dans la seconde.

A travers les yeux d'Elio, d'abord passif puis volcanique, on découvre l'amour, celui qui le lie à Oliver - une relation qui dépasse le charnel, qui concrétise l'orientation jusque là ambiguë.

Les interrogations, la fougue, l'extase, la douleur, le doute, la culpabilité... Le film capte à merveille cette tornade intérieure qui anime Elio, tornade propre à l'adolescence.

Romantique sans niaiserie, érotique sans vulgarité, beau sans fioriture... Call Me By Your Name se veut vrai, authentique et joue sur l'ambiance bucolique torride de la campagne italienne pour retranscrire toute la passion de ces vacances inoubliables - en un mot : incandescentes.

Dénudés, magnifiés, alanguis, peaux moites, lunettes de soleil et regards brûlants, Chalamet et Hammer forment un duo des plus convaincants.

Une explorations des sens d'une volupté folle comme on en a rarement vu au cinéma... Et qui laisse un goût d'inachevé, à la maniÚre d'une liaison passagÚre qu'on aurait voulu éternelle.

🎬  Tout le monde debout : 3/5
Pour sa premiÚre réalisation, Franck Dubosc s'attaque à un sujet sensible et risqué : l'amour naissant entre un escroc séducteur atteint de mythomanie et une femme brillante handicapée.

Qu'on se rassure, il n'y a lĂ  aucune trace de cet humour malaisant qu'on retrouve dans À bras ouverts ou de vannes pathĂ©tiques façon Les nouvelles aventures d'Aladin / de Cendrillon.

A l'inverse, Tout le monde debout est curieusement sage et inoffensif, une sorte de comédie romantique américaine à la sauce frenchy, le charme pétillant d'Alexandra Lamy et l'autodérision de Franck Dubosc en plus !

Car il faut bien l'avouer : ce dernier ne s'épargne pas ! Il est qualifié à plusieurs reprises de vieux beaux, est tourné en ridicule, se montre plusieurs fois d'une maladresse terrible à l'égard des handicapés...

Tout l'opposé donc de Florence (campée par Lamy). Cette derniÚre est tout simplement géniale : féministe et spirituelle, sportive accomplie et musicienne émérite, perspicace et touchante. Une trÚs belle héroïne qui, loin de victimiser ou de stéréotyper les handicapés, donne au contraire une image combative et forte, et qui démolie au passage le cliché de la Love Interest classique !

Le couple principal est ici plus que convaincant et tient enfin des rÎles à la hauteur de leurs talents. Autour du duo, notons les prestations jouissives de Gérard Darmon, Elsa Zylberstein et François-Xavier Demaison.

CÎté réalisation, Dubosc s'offre quelques plans trÚs réussis, dont une contemplation nocturne du pont Charles à Prague et une scÚne de piscine poétique absolument bluffante.

En conclusion, malgré quelques longueurs et un dénouement prévisible, Tout le monde debout est une sympathique comédie romantique, positive et bon enfant. Par les temps qui courent, reconnaissons-le, c'est déjà pas si mal.

🎬  Lady Bird : 3,5/5
On ne vante plus depuis longtemps le talent de Saoirse Ronan, exceptionnelle dans Reviens-moi, incroyable dans Hanna, déchirante dans Lovely Bones, sensass dans Brooklyn... Elle rajoute ici une corde à son arc en campant une adolescente rebelle à l'esprit aiguisé, prisonniÚre de l'étroitesse d'esprit d'une école catholique, en pleine opposition familiale.

Les dialogues entre la fille et la mÚre (magnifique Laurie Metcalf) sont d'une grande justesse. Aussi conflictuelles que soient leurs relations, l'amour existe bel et bien, au delà d'une vision du monde et d'ambitions totalement opposées, de confessions manquées et de dialogues avortés. D'une façon générale, les rapports de Christine / Lady Bird avec son entourage sont toujours trÚs bien abordés dans le film ; qu'il s'agisse de la relation complice avec son pÚre, de sa camaraderie fluctuante avec son frÚre adoptif  et sa petite amie gothique, de son amitié profonde envers Julie, de son respect teinté de révolte pour ses professeurs...

Christine est l'incarnation mĂȘme de l'ado : entiĂšre et perdue, remplie d'espoir et paralysĂ©e d'incertitudes, souvent injuste et maladroite, brillante et provocatrice, qui veut tout Ă  la fois sans prendre en compte les consĂ©quences. RĂȘve de popularitĂ©, d'indĂ©pendance, d'amour idĂ©alisĂ©... En cela, ses dilemmes diffĂšrent peu des autres films du genre mais ceux-ci, souvent traitĂ©s avec superficialitĂ© et condescendance, sont ici largement mieux exploitĂ©s par la camĂ©ra et le scĂ©nario de la rĂ©alisatrice Greta Gerwig. On imagine d'ailleurs sans peine la dimension autobiographique de cette historie.
Un film indé sur l'adolescence qui, malgré ses dehors poétiques et l'incroyable prestation de ses actrices, restera assez anecdotique.

🎬 Battleship Island: 4/5

Les films de guerre sont lĂ©gions au cinĂ©ma. Batailles Ă©piques, rĂ©sistance acharnĂ©e, survie laborieuse, entraĂźnement Ă©reintant... Pour peu que le rĂ©alisateur aux commandes d'un tel projet maĂźtrise son sujet, ait quelques beaux plans en tĂȘte et un casting talentueux, il est facile de prendre aux tripes le spectateur. L'Histoire, mĂȘme sous ses aspects les plus barbares et les plus sombres, est une passionnante source d'inspiration. Dans certains cas, les longs-mĂ©trages qui en sont tirĂ©s sont des chefs-d'oeuvre, denses et complexes, qu'ils s'agissent de rappel quasi-documentaire des faits, d'hommage à des hĂ©ros exemplaires ou de monument filmique adressĂ© aux disparus. 

Parmi ces films, les plus marquants, loin des images de batailles dantesques et de bombardements incessants, sont ceux qui confrontent directement notre rapport Ă  l'humain et qui rappellent les atrocitĂ©s que nous sommes capables d'infliger Ă  nos semblables. Platoon d'Oliver Stone, Merry Christmas Mr. Lawrence (Furyo) de Nagisa ƌshima, Le Tombeau des lucioles d'Isao Takahata ou plus rĂ©cemment Les fils de Saul de LĂĄszlĂł Nemes et Twelve Years a Slave de Steve McQueen...

C'est clairement dans cette catĂ©gorie que se situe The Battleship Island. CentrĂ© sur un Ă©pisode mĂ©connu de la 2nde Guerre Mondiale, le dernier long-mĂ©trage du talentueux Ryoo Seung-wan (The Agent, Veteran) revient sur la sombre histoire d'Hashima : alors que la CorĂ©e est sous occupation japonaise, 800 corĂ©ens sont expĂ©diĂ©s de force sur l'Ăźle. Dans des conditions extrĂȘmes, ils sont envoyĂ©s dans les mines extraire de la houille. Conditions de travail dĂ©plorables, tortures, malnutrition, prostitution, violences psychologiques et physiques constantes, tension intra-corĂ©enne... Le quotidien des captifs est un Enfer permanent qui, bientĂŽt, ne connaĂźt qu'une unique voie de secours : l'Ă©vasion.

Une histoire dramatique intense, parfois Ă  la frontiĂšre du supportable, que Ryoo transmet Ă  la perfection : l'angoisse et la claustrophobie sont palpables, omniprĂ©sentes Ă  chaque scĂšne. Plans serrĂ©s, reconstitution historique minutieuse, art de filmer des combats... Il y a vĂ©ritablement du gĂ©nie dans la mise en scĂšne de Ryoo qui rend l’immersion sur Hashima totale. Les nerfs du spectateur sont ainsi malmenĂ©s pendant plus de 2 heures, parfois Ă©gayĂ©es d'une pointe d'humour ou d'une explosion de grands sentiments. L'implication est encore accentuĂ©e par la galerie de personnages qu'il nous prĂ©sente ; tous sont radicalement diffĂ©rents et dignes d'intĂ©rĂȘt. Jamais idĂ©alisĂ©s, ils sont au contraire profondĂ©ment humains et rĂ©alistes, nouant des relations intenses les uns avec les autres, nous engageant encore davantage Ă  leurs cĂŽtĂ©s dans cette lutte acharnĂ©e pour survivre.

Le casting, excellent, est au service de ces personnages attachants et forts, Ă  la fois complexes et profonds. Hwang Jeong-min campe Lee Kang-ok, un chef d'orchestre roublard, artiste talentueux, qui fait preuve d'une totale crĂ©dulitĂ© quant Ă  la situation politique de son pays. Parfois lĂąche et opportuniste, il n'en reste pas moins un pĂšre dĂ©vouĂ© prĂȘt Ă  tout pour protĂ©ger sa fille. Cette derniĂšre est incarnĂ©e avec une justesse hallucinante par Kim Su-an - Ă  seulement 11 ans, la rĂ©vĂ©lation du Dernier train pour Busan parvient Ă  s'imposer avec talent face aux grands noms de l'affiche.

The Battleship Island signe aussi le grand retour au cinéma de Song Joong-ki, star nationale à la réputation largement méritée, héros de A Werewolf Boy, Sungkyunkwan Scandal, Nice Guy ou encore du phénomÚne Descendants of the Sun. Convaincant de bout en bout en rebelle brillant, soldat infiltré charismatique, leader improvisé d'une tentative d'évasion, voilà toute l'ampleur que donne Song Joong-ki à son héros Park Moo-yeong. Le jeune homme prouve, si cela était encore nécessaire, que son talent et sa prestance font de lui l'une des valeurs sûres du grand écran.

Pour complĂ©ter ce superbe panel, on retrouve Ă©galement deux grands stars corĂ©ennes : So Ji-sub (Master's Sun, Oh My Venus, Rough Cut) et Lee Jeong-hyeon (Beautiful Days, Alice in Earnestland, Split). Le couple qu'ils forment, alliance improbable volcanique entre un chef de gang tĂȘte brĂ»lĂ©e et une femme de rĂ©confort obstinĂ©e, est magnifique. Leur relation, dĂ©butĂ©e sur les chapeaux de roue dĂšs les premiĂšres minutes du film, Ă©volue lentement en un rapport de confrontation, de confiance, d'entraide et de dĂ©votion. Platonique, elle est pourtant chargĂ©e d'un fort magnĂ©tisme et leur attachement se passe bien de paroles enfiĂ©vrĂ©es : elle repose sur des actes et une abnĂ©gation totale l'un pour l'autre. Le duo est une rĂ©ussite de bout en bout et compte sans nul doute parmi les personnages les plus attachants du film.

Les antagonistes sont Ă©galement suffisamment sadiques et malsains pour ĂȘtre crĂ©dibles - et ce en dĂ©pit du tic rĂ©current du militaire maniĂ©rĂ© qui se recoiffe sans arrĂȘt Ă  l'aide d'un peigne, clichĂ© cinĂ©matographique ultime ! Mais la grande force de Ryoo est justement de ne pas cĂ©der au manichĂ©isme : les japonais ont beau ĂȘtre l'ennemi ultime des prisonniers, ceux-ci vont aussi devoir composer avec les tensions internes Ă  leur communautĂ© et c'est ce qui rend les altercations vĂ©ritablement percutantes ! Au sein des corĂ©ens, il y a Ă©galement des ordures et non des moindres : traĂźtre, violeur, meurtrier, lĂąche, opportuniste de la pire espĂšce...

Perpétuellement, le scénario impose à ses personnages des grandes désillusions. Kang-ok est trahi par les siens pour une affaire d'adultÚre ; Oh Mal-nyeon (Lee Jeong-hyeon) a été malmenée par ses compatriotes ; le grand opposant de Choi Chil-seong (So Ji-sub) est un coréen sadique et violent... Quant à Park Moo-yeong, il doit encaisser de sévÚres déconvenues sur la résistance et agir en circonstance. Un dialogue entre Mal-nyeon et Chil-seong est en cela parfaitement représentatif : alors qu'il lui propose l'oreille d'un compatriote pour s'épancher, elle le repousse violemment en lui narrant son parcours - parcours dans lequel les hommes, qu'ils soient coréens, chinois ou japonais, n'ont eu de cesse que de l'exploiter, la martyriser et la trahir.

Evidemment, The Battleship Island ne révolutionne pas le genre : la Corée du Sud a déjà fait montre à plusieurs reprises de ses talents sur des thÚmes similaires (FrÚres de sang de Kang Je-gyu ou 71 - Into The Fire de Lee Jae-han). Pour autant, cette grande production ne démérite pas : au contraire, elle reste excellente !

Au final, Ryoo Seung-wan signe un grand film, Ă  la fois un trĂšs bel hommage et un excellent divertissement, portĂ© par un souffle Ă©pique. Une fresque brutale et implacable... Pessimiste aussi : le long-mĂ©trage s'achĂšve sur la vision d'une bombe, seul élĂ©ment en couleur se dĂ©tachant d'un paysage en noir et blanc. Comme un rappel concret que la menace nuclĂ©aire plane encore et toujours au dessus du monde, baril de poudre prĂȘt Ă  exploser d'une seconde Ă  l'autre sous l'Ă©tincelle des tensions politiques.

The Battleship Island sera sans doute le film le plus intense de l'année, ode farouche à la liberté et à l'instinct de survie.

 

🎬  Tomb Raider : 3/5

Les liens entre cinéma et jeux vidéos ne sont plus à prouver : depuis les années 90, les passages de la console aux salles obscures se sont multipliés. Un marché particuliÚrement juteux qui a notamment vu apparaßtre en live action Ace Attorney, Assassin's Creed, Alone in the Dark, Blood Rayne, DOA, Hitman, Mortal Kombat, Prince of Persia, Resident Evil, Silent Hill, Street Fighter, Warcraft... La liste est déjà longue et on en passe !

Cet exercice de style, pour le moins périlleux, doit brasser un large auditoire sans trahir les fans de la premiÚre heure à savoir : les joueurs. De grands noms s'y sont essayés parmi lesquels Takashi Miike, Mike Newell, Duncan Jones ou encore Christophe Gans - ainsi que d'autres réalisateurs bien moins glorieux dont on taira le massacre...

La plupart du temps, il faut l'avouer, le résultat est trÚs inégal voir totalement catastrophique.

AprĂšs deux nanars parfaitement oubliables portĂ©s par la plantureuse AngĂ©lina Jolie, Lara Coft aka Tomb Raider reprend du service en 2018, en pleine vague fĂ©ministe. Et rarement une Ă©poque n'aura autant impacter un personnage : Lara Croft, ici incarnĂ©e par Alicia Vikander, est loin de la bombe hyper sexualisĂ©e de ses dĂ©buts cinĂ©matographiques. Elle suit en cela l'Ă©volution de la franchise vidĂ©o-ludique : depuis quelques annĂ©es dĂ©jĂ , les concepteurs de Tomb Raider ont à cƓur d'Ă©laborer une vision plus rĂ©aliste et violente des aventures de la jeune femme. Cette version de Lara est clairement celle dont s'inspire le film, par ailleurs truffĂ© de rĂ©fĂ©rences au jeu Ă©ponyme de 2013.

Que dire donc de l'adaptation signĂ©e Roar Uthaug ? En un mot : correcte ! La transition sur grand Ă©cran joue clairement la corde ultra-rĂ©aliste. Lara est ici une jeune femme de 21 ans, indĂ©pendante et coriace, fiĂšre et opiniĂątre, mais loin d'ĂȘtre invincible. Tout au long de ces deux heures, elle va encaisser mauvais coups et blessures Ă  l'arme blanche, se battre Ă  mort dans la boue, affronter des rapides... Enfin, grandir, accepter ses responsabilitĂ©s, faire son deuil. Le film d'aventures est ici clairement un parcours initiatique car de tous ces Ă©vĂ©nements, elle ne sortira clairement pas indemne. La scĂšne oĂč elle met Ă  mort un ennemi pour la premiĂšre fois est excellente et souligne le fardeau psychologique engendrĂ© par une telle dĂ©cision. Lara, entiĂšrement guidĂ©e par son instinct de survie et son intelligence, a pris de l'Ă©paisseur, est devenu un personnage Ă  part entiĂšre. Alicia Vikander est en cela un choix plus que judicieux. L'actrice suĂ©doise, plus habituĂ©e aux rĂŽles de composition qu'aux films d'actions, incarne l'hĂ©ritiĂšre Croft avec une intensitĂ© et une conviction qui ne peuvent que sĂ©duire. On notera au passage la transformation physique Ă  laquelle elle s'est pliĂ©e, corps sec et musculeux Ă  l'extrĂȘme, Ă©voquant une sportive de haut niveau, qui rend du mĂȘme coup ses scĂšnes d'action tout Ă  fait convaincantes. Au bout de quelques minutes, le constat s'impose : Alicia EST Lara.

Le point fort de cette adaptation est donc son casting, qui, aux cĂŽtĂ©s de sa tĂȘte d'affiche oscarisĂ©e, rĂ©uni quelques noms connus : l'excellent Dominic West vu dans Pride, l'un des acteurs rĂ©currents de Quentin Tarantino en la personne de Walton Goggins et la gĂ©niale Kristin Scott Thomas qu'on ne fera pas l'affront de prĂ©senter ici. Notons surtout la prĂ©sence de Daniel Wu, qui s'est taillĂ© une solide rĂ©putation dans le cinĂ©ma et les sĂ©ries d'action tels que New Police Story, ProtĂ©gĂ©, The Man with the Iron Fists ou Into the Badlands. Il campe ici l'alliĂ© de Lara, Lu Ren, un capitaine dĂ©brouillard et lĂ©gĂšrement portĂ© sur la bouteille depuis la disparition de son pĂšre... Son duo avec notre Tomb Raider, une camaraderie basĂ©e sur le respect et l'entraide, marche trĂšs bien et est portĂ© par une vĂ©ritable alchimie.

HĂ©las, les Ă©loges s'arrĂȘtent ici. Certaines scĂšnes d'action sont pourtant vĂ©ritablement gĂ©niales. Du moins, en thĂ©orie : la course poursuite Ă  vĂ©lo dans les rues londoniennes, le naufrage du bateau, la fuite de Lara dans la jungle... Mais la rĂ©alisation fade d'Uthaug et le montage plus qu'alĂ©atoire ne permettent pas de savourer le spectacle autant qu'on l'aurait voulu.

Niveau scĂ©nario, le problĂšme est le mĂȘme : assez solide (Ă  dĂ©faut d'ĂȘtre original), il cumule les incohĂ©rences et les facilitĂ©s, de quoi rendre l'intrigue lĂ©gĂšrement bancale.

Les péripéties empruntent clairement beaucoup à Indiana Jones mais la référence est ici si appuyées que l'on se demande s'il s'agit d'un hommage ou d'un plagiat - il faut dire que le yes-man qu'est Uthaug ne parvient jamais réellement à se détacher de son modÚle ; à ce titre, la derniÚre demi-heure du film, qui voit nos pilleurs de tombe profaner la sépulture d'Himiko, une impératrice japonaise maudite s'avÚre plus que décevante. 

MalgrĂ© ses dĂ©fauts, Tomb Raider est rĂ©jouissant Ă  plus d'un titre : son casting, son hĂ©roĂŻne badass, la musique de Junkie XL, l’apparition d'une franchise prometteuse... Surtout, le film inaugure le meilleur pour la suite. En effet, sur Rotten Tomatoes, le long-mĂ©trage est devenu l'adaptation en prise de vue rĂ©elle d'un jeu vidĂ©o la mieux reçue par la critique, devançant trĂšs largement Prince of Persia et Resident Evil qui viennent achever le podium.

Si les producteurs continuent sur cette voie, il y a fort à parier que la prochaine transposition live d'un jeu sera un trÚs bon film. Voir mieux : un grand film.

Parce qu'avouons-le : voir le Alice d'American McGee dĂ©barquer sur nos Ă©crans... Ce serait quand mĂȘme diaboliquement cool, non ?

 

 

 

 

 

 

 

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