Des crêpes à l'eau #En 3 points

03/03/2018

Titre : Des crêpes à l'eau

Auteur : Sandrine Beau, illustrations par Sandrine Kao

Éditeur : Grasset Jeunesse

Genre : Chronique de vie, comédie dramatique

Date de parution de cette version : 2011

Résumé de l'éditeur : Solène vit seule avec sa mère depuis la séparation de ses parents. Son père est parti loin et ce n’est pas facile tous les jours de joindre les deux bouts, même pour des reines de la débrouille ! Et quand cela devient vraiment trop difficile, heureusement, Zoé et Basile sont là pour donner un coup de main... Solène apprendra que quand ça ne va pas, il faut en parler !

Note : 4/5

 

#En 3 points :

 

*Une histoire touchante : Des histoires d'enfants confrontés à des caps difficiles et réalistes, il y en a beaucoup. Ici, c'est avec une sensibilité et une délicatesse évidentes que Sandrine Beau évoque le quotidien d'une mère divorcée célibataire et de sa fille, Solène : difficultés à régler les frais mensuels, complicité, moments de créativité, abus de faiblesse par des personnes mal intentionnées...

Solène et sa mère, en dépit des difficultés, se sont formées un petit cocon protecteur, fragile, imparfait mais réconfortant. A l'image de ces crêpes, que toutes deux préparent régulièrement parce qu'il « faut juste de la farine, des œufs et du lait. On peut même mettre de l'eau, si on n'a pas de lait. Avec du sucre, ça passe très bien. » En bref, le combat d'une mère pour s'en sortir et d'une enfant qui cherche à l'aider. Touchant, pertinent et percutant, tout en étant accessible aux enfants à partir de 7 ans ; un sentiment renforcé par les illustrations, presque enfantines, colorées et douces, signées Sandrine Kao.

*Des personnages forts : Le point fort de cet ouvrage repose bien entendu sur le rapport mère-fille : Solène et sa maman sont touchantes, tant dans leur inventivité pour embellir leur quotidien que dans leur combativité face aux aléas de la vie. Ce sont des femmes-artistes qui tentent toujours de positiver face à des événements tragiques.

Difficile d'en dire autant concernant un ex-mari absent dénué de la moindre compassion ou de toute fantaisie.

Heureusement, il y a Zoé (la camarade de classe de Solène, qui offre une bulle de légèreté à son amie) et son père, Basile. Basile, veuf, est également un modèle de positivisme, malgré le deuil tragique qui a marqué sa vie : il n'a pas mis «  son sourire aux oubliettes », note à son sujet Solène. Il rappelle à la petite et sa mère qu'il est primordial de se confier, de parler... Et que l'aide peut surgir même dans les moments les plus sombres.
*Un message de combativité, d'amitié & d'espoir : C'est là le principal message de ce roman pour enfants : ne pas hésiter à demander de l'aide. Lutter jusqu'à user toutes ses ressources, se rendre compte que cela ne suffit pas et qu'il faut parfois un petit coup de pouce supplémentaire, cela n'a rien d'honteux. Basile l'affirmera d'ailleurs à plusieurs reprises.

Ce coup de pouce, c'est souvent la présence, le conseil, le réconfort, l'écoute tout simplement, qu'on prodigue à quelqu'un : Basile est l'aide qui manquait à la mère de Solène, alors que cette dernière noue une amitié fusionnelle avec Zoé.

Une belle histoire de solidarité et d'amour familial, sur fond de thématiques sociales.

 

« Il y a des adultes qui préfèrent cacher la "réalité de la vie" à leurs enfants, comme les parents de ma maman. Elle, elle a décidé de tout me dire. Certaines personnes trouvent cette façon de faire bizarre. D'autres disent qu'elle va me traumatiser. Moi je le sais bien que je ne le suis pas, traumatisée. Et je préfère connaître la vérité, même pas jolie, plutôt qu'imaginer des choses encore plus horribles. »

 

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