L’avis des libraires - 54ème chronique : Ça de Stephen King

31/10/2017

L'avis des libraires : 54ème chronique

Ça de Stephen King
Psychopathe, phobies enfantines & phénomène fascinant

1958. Derry semble être une petite ville comme tant d’autres. Pourtant, un mal terrible rôde en son sein : Ça, une entité malveillante ayant le pouvoir de prendre l’apparence de nos phobies les plus viscérales, s’acharne sur les enfants du coin. Bill, Bev, Ben, Richie, Eddie, Mike et Stan, la « bande des ratés », sont les seuls à pouvoir affronter Ça. Des années plus tard, le groupe est de retour à Derry : Ça est revenu. Conformément au pacte conclu 27 ans en arrière, ils se retrouvent pour le combattre une fois encore.

 
Halloween s’achève ce soir mais il nous reste une chronique avant de clore définitivement ce mois d’octobre sous le signe de l’épouvante. Pour finir en beauté, un classique contemporain signé par le maître de l’angoisse en personne : Ça de Stephen King. Difficile d’évoquer Ça en si peu de mots.
Le roman est à n’en pas douter un chef-d’œuvre, une plongée terrifiante dans le mal à l’état pur : aux phobies nées de l’imagination enfantine (monstres de cinéma, traumatismes de la jeunesse) se mêlent les angoisses ancrées dans la réalité. Les enfants sont seuls, isolés, et ce ne sont pas les adultes qui leur seront d’un quelconque secours ! Pervers, racistes, homophobes, violents… Ici, les parents sont soit la source du mal être de leurs progénitures, soit totalement incapables de les protéger face aux drames du quotidien – persécution scolaire en tête.

 

« Ils flottent, reprit le clown. En bas, nous flottons tous. […]

Viens flotter avec nous. »

~ p 44-45 Ça, Tome 1


Ça est LE roman de la peur, quelle que soit sa forme : une intrigue universelle qui lui permet, à l’heure où sa nouvelle adaptation à l’écran pulvérise tous les records, d’appuyer son statut de phénomène culte et indémodable.
Pourtant, de par son intrigue et son style particulièrement descriptif et méticuleux, le roman est long, difficile d’accès… On est loin de l’œuvre grand public lambda, ce qui ne l’empêche pas d’être cruellement addictif ! Sa force, il la puise dans la formidable mythologie que King a développée autour de Derry, la justesse des thématiques (deuil, passage à l’âge adulte) mais surtout dans la fameuse « bande des ratés ». Rarement on aura vu équipe plus soudée que ces Goonies catapultés dans un univers cauchemardesque. Attachants, drôles, courageux, solidaires… Je suis prête à tenir les paris : il ne se passera pas une page sans que vous ne soyez totalement impliqué au côté de Bill, Bev, Ben, Richie, Eddie, Mike et Stan.
Alors, êtes-vous prêts à flotter vous aussi ?

« Peut-être que ces histoires de bons et mauvais amis, cela n'existe pas ; peut-être n'y a-t-il que des amis, un point c'est tout, c'est-à-dire des gens qui sont à vos côtés quand ça va mal et qui vous aident à ne pas vous sentir trop seul. Peut-être vaut-il toujours la peine d'avoir peur pour eux, d'espérer pour eux, de vivre pour eux. Peut-être aussi vaut-il la peine de mourir pour eux, s'il faut en venir là. Bons amis, mauvais amis, non. Rien que des personnes avec lesquelles on a envie de se trouver ; des personnes qui bâtissent leur demeure dans votre cœur. »

~ p 188 Ça, Tome 2

Stephen King : Ça, Tome 1 (799 pages. 8,90€) & Ça, Tome 2 (638 pages. 8,60€).
Coffret disponible à compter du 2 novembre (17€50). Editions Le Livre de Poche

 

Article publié dans le Pays Briard le 31.10.17

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