Cin’express : Fish Tank

08/03/2012

đŸŽ„ Cin’express : Fish TankÂ đŸŽ„

 

🎬 de Andrea Arnold
⭐ avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender
🗓 Sortie : 16 septembre 2009

 

  

AcclamĂ© par la presse comme par les spectateurs, Fish Tank a fait l’unanimitĂ©. Montrer sans ornement la vie d’une adolescente de la banlieue anglaise, le combat quotidien, les doutes, les peurs, les espoirs
 L’enjeu que c’est fixĂ© la rĂ©alisatrice Andrea Arnold semblait peu accessible. Et pourtant, l’objectif est atteint, incontestablement ! Arnold signe un film camĂ©lĂ©on, Ă  la fois chronique de vie, thriller psychologique, drame romantique et peinture sociale. Tout, ici, est soignĂ© avec un perfectionnisme quasi-maladif : de la rĂ©alisation nerveuse aux longs plans mordorĂ©s qui s’attardent sur les visages et leurs zones d’ombre – la scĂšne oĂč Mia danse pour Connor –, du jeu des couleurs, capital (surtout pour l’appartement, comme la chambre rose de la mĂšre qui souligne le cĂŽtĂ© infantile et irresponsable de cette derniĂšre) Ă  une BO remarquable
 Niveau musique, on retiendra surtout l’excellente idĂ©e d’inclure en thĂšme rĂ©current « California Dreamin » de Bobby Womack, dont les paroles et le scĂ©nario crĂ©ent un Ă©trange effet de miroir (All the leaves are brown and the sky is gray, I've been for a walk on a winter's day, If I didn't tell her I could leave today). Fish Tank met un point d’honneur Ă  jouer sur les Ă©motions, de la plus forte Ă  la plus tĂ©nue, sans jamais se complaire dans le mĂ©lodrame. C’est aussi avec un extrĂȘme talent qu’Arnold fait prendre Ă  son histoire des tournures aussi inattendues qu’angoissantes, laissant son public dans l’impossibilitĂ© de percevoir le dĂ©nouement. Car s’il traite d’une classe sociale Ă  travers le portrait d’une jeune fille, il saura au final s’éloigner du simple film ethnologique en prenant des personnages dĂ©concertants, d’une complexitĂ© rare. Le duo principal en est la preuve : Mia, adolescente en quĂȘte de repĂšres – ou peut-ĂȘtre tout simplement de l’assurance d’exister – qui cherche Ă  s’évader Ă  travers la danse et des actes plus ou moins dangereux ; Connor, la trentaine, ambiguĂ« et magnĂ©tique, qui fuit Ă©galement un autre univers, celui des responsabilitĂ©s. Il dresse d’un cĂŽtĂ© le portrait du pĂšre rassurant, de l’autre, la porte ouverte sur le dĂ©sir. Elle, offre l’image d’une indiffĂ©rence volcanique, la duretĂ© des mots et des actes pour seule protection. Deux ĂȘtres radicalement opposĂ©s mais dont la vie, au final, n’est guidĂ©e que par la fuite. Si le film peut laisser un sentiment de malaise dĂ» Ă  une dĂ©sillusion aussi brutale qu’inĂ©vitable, il est fort Ă  parier qu’il ne laissera personne indiffĂ©rent. Dans le rĂŽle de Connor, Michael Fassbender – l’étoile montante de ces derniĂšres annĂ©es, consacrĂ©e par Hunger et X-Men le commencement – est comme toujours remarquable
 Toutefois, la rĂ©vĂ©lation rĂ©side en une parfaite inconnue : Katie Jarvis, dont c’est le premier film. Fish Tank aura ainsi, non seulement dĂ©montrer les talents d’une rĂ©alisatrice/scĂ©nariste prodigieuse mais aussi ceux de la jeune Katie Jarvis, que l’on espĂšre revoir trĂšs rapidement dans des rĂŽles tout aussi marquants. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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