Le faire ou mourir #En 3 points

13/05/2016

Titre : Le faire ou mourir

Auteur : Claire-Lise Marguier

Genre : Chronique de vie, drame

Date de parution originale : 2011

Résumé de l'éditeur : Damien est un garçon trop sensible, méprisé par ses copains de classe depuis toujours et incompris de ses parents. Dès l arrivée dans son nouveau collège, il se retrouve par miracle sous la protection de la bande de gothiques et de son leader, Samy, un garçon lumineux, intelligent et doux, en dépit de son look radical. Très vite, Damien devient Dam, adopte piercings et vêtements noirs et, surtout, trouve auprès de Samy un véritable ami, et peut-être plus, au point de déclencher des représailles chez son père, contre ces « mauvaises fréquentations ».

 

En 3 points :
*Tourmentes adolescentes : Scarification, mal-être, incertitude, orientation sexuelle, amitié, place dans la famille et la société, harcèlement scolaire… Durant 100 pages, Claire-Lise Marguier va brasser ces thèmes primordiaux : le rythme y est soutenu, presque suffocant, souvent anxiogène. Elle parvient, en l’espace de quelques lignes, a immergé totalement le lecteur dans le quotidien de Damien. Torturé psychologiquement par son père, harcelé au lycée, le jeune garçon va trouver un exutoire inattendu en la personne de Samy et sa bande. Samy et ses amis représentent tout ce que Dam n’est pas : ils s’assument, revendiquent leur singularité, se soutiennent… Entre Samy et Dam, des liens forts ne tardent pas à se créer, ce que son père voit évidement d’un mauvais œil.
*Un 1er roman saisissant… : Outre le style de l’auteur, simple mais percutant, la psychologie des personnages est LE point fort du roman. Les liens entre les protagonistes, particulièrement entre Dam et Samy, sont très bien exposés : ainsi, l’évolution de leur relation paraît logique, ni forcée ni mièvre. Quant aux peurs et à la fragilité de Dam, véritables trames de la nouvelle, elles ne tombent jamais dans le mélodrame : il n’est pas de ces personnages qui s’apitoient sur leur sort mais bel et bien le reflet d’un ado sensible et meurtri, portrait réaliste et terrifiant à la fois. De même, Samy n’est pas un modèle de perfection : bien que doté d’un tempérament fort et assumant pleinement son corps et ses idées, il lui arrive d’être dépassé, voir impuissant, face au mal-être de Dam.
*Mais un peu trop manichéen : Si Marguier évite les nombreux écueils larmoyants, quelques points négatifs peuvent néanmoins être soulevés. Notamment les cadres familiaux des personnages : là où Dam hérite de LA famille détestable (mère soumise, sœur narcissique et père tyrannique), Samy noue des liens idylliques avec sa mère célibataire, basés sur l’échange, la tolérance et le respect… En bref, une éducation pour ainsi dire parfaite, tellement idéalisée qu’elle détonne avec le réalisme du livre. Certes, le parallèle entre les deux n’est pas inintéressant mais on pouvait s’attendre à plus de finesse. Il en va de même pour la double-fin : un moment clef définis le dénouement, engendrant un drame ou un espoir. Montrer que le destin d’une personne tient à un seul acte n’a rien d’absurde mais traité ainsi, il ressemble davantage à une grosse facilité scénaristique qu’à un coup de génie. L’ensemble reste saisissant, profond, touchant, violent. Pour toutes ces raisons, Le faire ou mourir est en passe de devenir un classique de la littérature adolescente… Ne passez pas à côté !

 

 

 

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