L’avis des libraires - 41ème chronique : Des hommes sans femmes

24/07/2017

L’avis des libraires - 41ème chronique

Des hommes sans femmes d’Haruki Murakami :

Des histoires d’hommes, de femmes et bien plus encore !

 

{ Liste des nouvelles présentes dans ce recueil }

Drive my car

Yesterday

Un organe indépendant

Schéhérazade

Le bar de Kino

Samsa amoureux

Des hommes sans femmes

 

Dans Drive my car, un acteur veuf privé trop tôt d’une épouse infidèle se lie d’amitié avec sa chauffeuse. Yesterday relate les péripéties d’un jeune homme attiré par la petite amie d’un marginal excentrique. Un organe indépendant dépeint la lente déliquescence d’un chirurgien épris d’une femme mariée. Schéhérazade évoque une singulière aide-à-domicile dont les histoires comptent plus pour son client que leurs ébats. Le bar de Kino décrit un barman taciturne qui cultive les rapports ambigus avec le beau sexe. Samsa amoureux conte les tribulations d’un pragois subjugué par une bossue. Enfin, Des hommes sans femmes relate les réflexions du narrateur confronté au suicide d’une ex.

 

Voici les 7 histoires signées Haruki Murakami dans ce recueil de nouvelles, dense, riche, intense, nébuleux... C’est avec plaisir que les inconditionnels découvriront cet ouvrage, animé par l’essence même du style "murakamien" : volontiers déconcertant mais toujours aussi saisissant !

En quelques esquisses délicates, le grand peintre qu’est Murakami s’attarde sur les relations humaines : elles sont au cœur de chaque nouvelle, complexes, surprenantes... Toutes laissent le lecteur libre de son interprétation, tant sur le sens du texte que sur son dénouement. En ce sens, la préférence de chacun dépendra de sa perception de l’histoire et de son affinité avec les protagonistes qui la peuplent.

Si Le Bar de Kino m’a laissé froide, j’ai pour ma part été sensible aux autres : j’ai adoré Drive my car et Des Hommes sans femmes pour leur mélancolie, Yesterday pour son personnage burlesque, Un organe indépendant pour son romantisme désespéré, Schéhérazade pour son héroïne atypique...

Mais de toutes, c’est Samsa amoureux, étonnamment liée à La Métamorphose de Kafka, qui m’a la plus intriguée. Et c’est sur une citation issue de cette dernière (citation qui résume de plus très bien l’œuvre de Murakami) que s’achève cette chronique : « ce monde [reste] dans l’attente d’être déchiffré ».

 Haruki Murakami : Des hommes sans femmes aux Éditions Belfond. 304 pages. 21 €

 

Article paru dans le Pays Briard le 25.07.17

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