Cin'express : Le Lorax

03/01/2013

🎥 Cin'express : Le Lorax 🎥

 

🎬 de Chris Renaud et Kyle Balda

⭐ avec les voix de François Berléand, Kev Adams

🗓 Sortie le 18 juillet 2012

 Sorti en Mars 2012 sur les écrans, Le Lorax, film d’animation de Chris Renaud (le créateur de Moi, moche et méchant), avait créé la surprise en prenant la tête du box-office américain. Ce curieux petit être écolo à moustache a depuis conquis le monde entier. Alors, tapage médiatique justifié ou non ? Le Lorax assume pleinement sa différence dès les premières minutes du film ; il surprend par son graphisme et son déluge de couleurs vives, très éloignés des dessins animés actuels, de tout ce que l’on voit régulièrement sur nos écrans. Savoir se démarquer de la concurrence face aux magnats de l’animation (Dreamworks et Disney en tête) était bien sûr la priorité de Renaud. Les teintes flashy, symbole d’un monde industriel et superficiel où aucun arbre n’a pu subsister, est évidement une idée sensas… Le problème, c’est que ces couleurs s’étendent aussi au monde du Lorax, sorte d’esprit protecteur version citrouille : son univers à lui, censé représenter la nature, semble bien vite tout aussi faux que la ville dans laquelle le héros, Ted, évolue. Dès lors l’omniprésence de tons (trop) vifs, qui parasitent l’écran, s’insinue comme une drogue psychédélique dont on peine à contrôler les effets. L’ensemble est de ce fait assez désagréable à regarder, renvoyant une image très toc que les personnages originaux ne parviennent jamais tout à fait à compenser. Le Lorax ne brille pas par sa réalisation ou ses décors – qui sont, avouons-le, d’une laideur repoussante – mais bel et bien par son scénario ! C’est la vraie surprise que réserve le film, c’est là où son vrai génie repose entièrement : conçu sur le mode des flash-backs (le Gash-pilleur raconte au jeune Ted ce qui a provoqué l’extinction de la nature), le scénario réserve de bonnes surprises. Loin des histoires contées habituellement aux enfants, Le Lorax se fait un devoir d’être à la fois écolo et amusant, d’inciter au respect de l’environnement, tout en évitant de dégainer un indigeste manuel vert à chaque plan. Par son humour décalé et ses aventures captivantes, le réalisateur pousse son public à embrasser la cause écologique. Ce qu’il fait avec assez de tact pour ne pas appesantir le récit. Bien qu’on puisse lui reprocher son dénouement un peu trop rapide, le résultat est une histoire universelle, drôle et touchante, où chaque personnage brille par son tempérament hors-du-commun mais étrangement actuel. Il y a bien sûr Ted (Kev Adams) : portrait saisissant de l’ado moderne, il s’intéresse d’abord aux arbres pour les beaux yeux d’une fille avant de réellement s’impliquer dans la sauvegarde de l’environnement ; puis il y a sa grand-mère, extravagante, totalement délirante, qui s’approprie chaque scène où elle apparaît ! Ensuite, le Gash-pilleur, jeune inventeur crédule allant jusqu’à anéantir la forêt pour les besoins de son entreprise et qui résonne tel un cruel écho au monde actuel, où la réussite individuelle prime sur toute chose. Le méchant de l’histoire est bien sûr un industriel sans scrupule, homme d’affaire coriace qui lutte contre le renouveau.

Evidemment, le Lorax est le cœur même de l’histoire : lui et sa farandole de petits êtres mignons – oursons, poissons et oiseaux en tout genre – sont les porte-drapeaux inégalables de cette fable verte délirante. Le scénario réussit donc à prendre les devants sur le graphisme et c’est tant mieux ! Au final, s’il aurait pu soigner un peu plus l’apparence de son film, Chris Renaud remporte haut la main l’objectif qu’il s’est fixé : sensibiliser son jeune public à la cause verte. Les plus jeunes adoreront, leurs parents sans doute un peu moins mais tous devraient se mettre d’accord sur le fond : Le Lorax est une histoire originale, touchante de simplicité, comme on aimerait en voir plus souvent.

Personnellement je l'ai vu en Hongrois pour profiter du merveilleux doublage de Zoltán Bereczki en Gash-pilleur 🤣

Pour se le procurer c'est ici ➡️

 

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