Cin’express : Blanche-Neige

10/05/2012

đŸŽ„ Cin’express : Blanche-Neige đŸŽ„

 

🎬 de Tarsem Singh
⭐ avec Julia Roberts, Lily Collins, Armie Hammer
🗓 Sortie : 11 avril 2012

 

 

 

L’histoire, celle de Blanche-Neige, nous la connaissons tous : les frĂšres Grimm et Perrault ont fait d’elle la princesse la plus cĂ©lĂšbre des contes de fĂ©es. En 1937, Disney renforça encore ce statut en rĂ©alisant son premier long-mĂ©trage en couleur sur cette jeune fille « aux lĂšvres rouges comme le sang et Ă  la peau blanche comme la neige ». De quoi faire pĂąlir d’envie la Belle au Bois Dormant, Raiponce ou Cendrillon ! Depuis, les contes de fĂ©es ont toujours eu la cote auprĂšs de l’empire cinĂ©matographique. Cette annĂ©e la concurrence est rude. La guerre des Blanche-Neige aura bien lieu : sur grand Ă©cran, Lily Collins et Kristen Stewart interprĂštent chacune la princesse, l’une dans un univers kitsch et magique, l’autre dans un monde de dark fantasy bien plus sombre ; sur petit Ă©cran, il faut dĂ©sormais compter sur Ginnifer Goodwin et la sĂ©rie Once upon a time. IndĂ©trĂŽnable, Blanche-Neige ? Il semblerait. Pour l’heure, Tarsem Singh et sa version fĂ©Ă©rique partent avec un lĂ©ger avantage : son Blanche-Neige sort quelques mois avant le Blanche-Neige et le Chasseur de Rupert Sanders. Premier round ! Au bout de quelques minutes, le public dĂ©couvre un gigantesque jeu de bataille navale oĂč les pions sont les courtisans et
 Julia Roberts, du haut de son trĂŽne, qui gouverne tout ce beau monde. Il suffit Ă  Roberts de lancer sa premiĂšre rĂ©plique pour que les spectateurs soient aussitĂŽt happĂ©s dans l’intrigue. Le monde dans lequel ils Ă©voluent n’y est peut-ĂȘtre pas indiffĂ©rent
 Il semblait Ă©vident que Singh serait le plus adaptĂ© pour donner un cĂŽtĂ© dĂ©calĂ© et moderne au cĂ©lĂšbre conte. Son univers visuel, ovationnĂ© avec The Cell, possĂšde cette folie fĂ©erique, impertinente mais soignĂ©e. Un univers qui sied Ă  merveille aux contes de Grimm. Que ce soit au niveau des dĂ©cors, des costumes ou des couleurs, son Blanche-Neige est une rĂ©ussite. Singh mĂ©lange tous les styles avec un talent rare : un chĂąteau Ă©chappĂ© des Milles et une Nuit, une forĂȘt sombre et vaguement inquiĂ©tante propre au conte, un village bucolique de l’époque victorienne perdu sous la neige
 Mais aussi un Bal costumĂ© grandiose ou Roberts se pavane en paon face au Prince, affublĂ© d’un haut-de-forme Ă  oreilles de lapin. La vĂ©ritable innovation de Singh repose sur l’univers du Miroir, un monde Ă©tonnamment sombre. SituĂ© au cƓur d’un lac, protĂ©gĂ© par une chaĂźne montagneuse, il est le refuge de la Reine : elle peut se confier Ă  l’ñme du Miroir, qui prend l’apparence de son reflet. Singh ne perd pas pour autant son objectif principal : celui de livrer une version drĂŽle et satyrique du conte. L’idĂ©e consiste Ă  moderniser l’ensemble des personnages, de prĂ©fĂ©rence avec des figures emblĂ©matiques du cinĂ©ma, comme Julia Roberts. La Reine sera donc portĂ©e sur la magie noire, obsĂ©dĂ©e par l’idĂ©e de vieillir et aura recourt Ă  n’importe quel moyen pour paraĂźtre plus jeune, quitte Ă  vider les caisses de l’état. Ce narcissisme est prĂ©texte Ă  une caricature acĂ©rĂ©e des pratiques esthĂ©tiques, comme les masques ou le Bottox ! En se moquant d’elle-mĂȘme et du piĂ©destal de diva sur lequel l’on posĂ© de nombreux rĂ©alisateurs, Roberts apparaĂźt mĂ©tamorphosĂ©e : moue vaniteuse, gestuelle de prima donna, rĂ©pliques acides dĂ©bitĂ©es avec un sourire carnassier, robes d’une excentricitĂ© rare ! Un adversaire de taille pour Blanche-Neige si bien que l’on attend la confrontation avec impatience
 HĂ©las, Lily Collins peine Ă  s’imposer face Ă  Roberts. MĂȘme si son personnage, Ă  l’origine est aussi insipide que candide, elle ne montre aucun charisme et pousse d’emblĂ©e le spectateur du cĂŽtĂ© de
 La Reine ! Qu’importe, les rĂŽles secondaires, truculents Ă  souhait, sont au rendez-vous : en passant par les Nains (hilarants, rĂ©orientĂ©s pour le coup en mercenaires) au majordome souffre-douleur attitrĂ© de la Reine. AprĂšs avoir prĂȘtĂ© son sourire et ses yeux bleus Ă  David Fincher pour The Social Network et Ă  Clint Eastwood pour J.Edgar, Armie Hammer prend un malin plaisir Ă  dĂ©tourner son image de jeune premier. Il est le prince Alcott : capricieux, enfantin, prĂ©tentieux, tĂ©mĂ©raire
 Malheureusement pour lui, il se voit tour Ă  tour dĂ©pouillĂ© par les Nains, affublĂ© d’oreilles de lapin et mĂ©tamorphosĂ© en chien collant aprĂšs une potion ratĂ©e ! C’est avec une bonne dose d’autodĂ©rision qu’il met sa plastique irrĂ©prochable au service de cette parodie du prince Charmant. Le comique de Blanche-Neige repose donc en grande partie sur sa prestation et celle de Julia Roberts. Comme pour accentuer la parodie du film, c’est Alan Menken, l’un des compositeurs fĂ©tiches de Disney qui signe l’excellente BO et le thĂšme principal, l’entĂȘtant « I believe in love » chantĂ©e au dĂ©nouement, dans la pure tradition Disney, par Lily Collins. Qui l’eut cru ? Au final, ce qui vient entacher la rĂ©ussite de Blanche-Neige est
 Blanche-Neige elle-mĂȘme ! Bien qu’imparfaite, cette version fĂ©Ă©rique de Tarsem Singh est un vĂ©ritable remĂšde contre la morositĂ©, Ă  dĂ©couvrir en prioritĂ© pour Julie Roberts qui excelle dans son rĂŽle de marĂątre narcissique. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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