Cin’express : Hunger Games

24/04/2012

đŸŽ„ Cin’express : Hunger Games đŸŽ„

 

🎬 de Gary Ross
⭐ avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth
🗓 Sortie : 21 mars 2012

 

 

Avec sa trilogie d’Hunger Games, Suzanne Collins avait rĂ©ussi un coup de maĂźtre : celui de dĂ©crire, Ă  travers les yeux d’une adolescente, un monde violent et impitoyable, auquel vient s’ajouter une critique aiguisĂ©e de la sociĂ©tĂ© et des diffĂ©rents rĂ©gimes dictatoriaux. Sous la plume de Collins, naissait cet alliage parfait entre science-fiction et pamphlet qui permettait d’ancrer le rĂ©cit dans un univers rĂ©aliste et prenant. Pour une fois, inutile de berner le jeune public avec de grands idĂ©aux ou une morale naĂŻve. Dans Hunger Games, de jeunes gens s’entretuent, luttent pour leur survie et, plus tard, pour faire dĂ©fendre leur cause. C’est l’évolution parfaite entre soumission et rĂ©bellion qui emporte le lecteur. HĂ©las, la subtilitĂ© de Collins est loin de se retrouver dans cette adaptation. Si le rĂ©alisateur Gary Ross montre sa volontĂ© de respecter le livre – dans les grandes lignes – difficile de ne pas constater Ă  quel point Hunger Games a Ă©tĂ© simplifiĂ© au maximum
 FormatĂ© pour ĂȘtre un produit commercial, adressĂ© aux ados comme Ă©tant le successeur des sagas Ă  succĂšs du moment. Le plus gros problĂšme rĂ©side dans la minimisation de la violence, pourtant omniprĂ©sente dans l’histoire d’origine. Ainsi, tout, y compris la violence ou ce qui en dĂ©coule (blessures, chocs, etc.), sont dissimulĂ©s ou attĂ©nuĂ©s. La rĂ©alisation nerveuse voir chaotique de Ross, qui donne parfois une sensation de brouillon plutĂŽt dĂ©sagrĂ©able, n’arrange rien. Les liens entre les personnages ne sont pas Ă©pargnĂ©s non plus, comme l’histoire d’amour qui, trĂšs vite, prend une tournure franchement clichĂ©e et candide, sans s’attarder sur la raison de ces sentiments, qui, petit Ă  petit, commencent Ă  naĂźtre. Inutile donc, de chercher la subtilitĂ© et la psychologie que Collins avait patiemment instaurĂ©es dans ses romans, car cette adaptation en manque cruellement. Un rĂ©el effort a pourtant Ă©tĂ© fait au niveau de la rĂ©alisation, pour tenter de placer le public dans la peau de l’hĂ©roĂŻne, Katniss... En vain, puisque, au mieux, nous ne pouvons qu’imaginer ĂȘtre les spectateurs qui assistent aux combats dans l’arĂšne, depuis leur poste de tĂ©lĂ©vision. Impossible en effet de s’attacher aux personnages alors que trĂšs peu d’informations sont dĂ©voilĂ©es sur eux, au mieux quelques brides pour les principaux ; alors que les secondaires n’ont droit qu’à une vision vaguement clichĂ©e des adversaires impitoyables. Difficile aussi de trouver du charme aux interprĂštes des rĂŽles principaux de Peeta, Gale et Katniss : ils manquent cruellement de charisme et de profondeur, pour le coup ce sont les seconds rĂŽles qui retiennent l’attention. Niveau casting, il y a donc de bonnes surprises. Comme toujours, Donald Sutherland subjugue avec son interprĂ©tation glaçante du prĂ©sident Snow, dictateur d’une maĂźtrise absolue. Wes Bentley signe aussi un retour fracassant aprĂšs quelques rĂŽles insipides, en campant l’organisateur des Hunger Games : il est un incroyable Crane (tant au niveau du look que du jeu). Woody Harrelson, en ancien champion dĂ©chu devenu alcoolique, est salissant. Amandla Stenberg a su sublimer le rĂŽle le plus touchant de ce premier opus : celui de la petite Rue, la cadette des combattants. Si la BO se rĂ©vĂšle assez insignifiante, Ă  commencer par les musiques de Taylor Swift, la musique de James Newton Howard rĂ©serve quelques jolies surprises. Pour le reste, on n’aurait pu rĂȘver mieux pour les dĂ©cors et les costumes choisis : des ghettos sombres et misĂ©reux des Districts au Capitole (le cƓur de la dictature), si sophistiquĂ© avec ses immenses buildings et son cĂŽtĂ© moderne omniprĂ©sent, sans oublier la forĂȘt verdoyante de l’ArĂšne, qui recĂšle bien des piĂšges et des dangers. Aux tenues rĂ©tros et simplistes du peuple s’opposent celles des habitants du Capitole, sorte de Fashion Victimes poussĂ©es Ă  l’extrĂȘme, saisissantes. Mais les questions majeures, en regardant Hunger Games, sont : est-ce que cela pourrait arriver ? Pourrions-nous atteindre un point de non-retour avec les gouvernements jusqu’à ce qu’ils deviennent des dictatures ? La tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ© poussera-t-elle ses notions de voyeurisme et de violence Ă  l’extrĂȘme, en montrant l’affrontement de jeunes candidats dans l’arĂšne, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul ? Pourrions-nous allĂ©s aussi loin pour prĂ©server nos vies et l’accepter dans la mesure oĂč cela fait partie de notre histoire ? LĂ  oĂč Ross respecte le plus son modĂšle, c’est lorsqu’il dĂ©nonce les dangers de la sociĂ©tĂ© actuelle, qui, Ă©trangement, pourraient Ă©voquer un futur plutĂŽt proche
 En dĂ©pit de quelques longueurs, le film reste un divertissement spectaculaire. Il s’en serait fallu de peu pour Ă©lever Hunger Games au rang de chef d’Ɠuvre. Etrange de penser que ce sont ses protagonistes – et interprĂštes – principaux, qui empĂȘchent le film d’accĂ©der Ă  la place qui lui est due. Puisqu’une suite, L'embrasement, est d’ores et dĂ©jĂ  annoncĂ©e, c’est lĂ  une excellente occasion pour Ross de gommer les erreurs du premier opus. Que le sort lui soit favorable ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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