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Cin’express : St Trinian's - Pensionnat pour jeunes filles rebelles

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St Trinian's - Pensionnat pour jeunes filles rebelles

🎬 de Oliver Parker ⭐ avec Gemma Arterton, Rupert Everett, Colin Firth, Talulah Riley 🗓 Sortie : 2007

A premiĂšre vue, St Trinian’s ressemble Ă  une pochette surprise aux couleurs ultra-flashy, style psychĂ©dĂ©lique, vaguement 70’s. Personne ne sait ce qu’elle contient et il faut s’attendre Ă  tout
 Au meilleur comme au pire. Deux possibilitĂ©s donc : ou le film sera un petit bijou d’humour au second degrĂ© et d’irrĂ©vĂ©rence ou un navet dans la lignĂ©e des comĂ©dies pour ados dont le niveau sera encore plus court que les jupes des filles dans ce pensionnat inhabituel ! Heureusement pour nous – et pour vous ! – c’est la premiĂšre option qui l’emporte sur la deuxiĂšme. Fortement dĂ©conseillĂ© Ă  ceux qui mĂ©prisent le second degrĂ© ou l’humour so british, St Trinian’s, inspirĂ© d’une cĂ©lĂšbre BD anglaise inconnue en France, est LA comĂ©die. Celle que l’on attendait depuis longtemps, celle qui, lors de sa sortie en 2007 sur les Ă©crans d’outre-manche, Ă  fait trembler plus d’un blockbuster
 Pour Oliver Parker, ses premiers pas hors classique (aprĂšs avoir tournĂ© des versions trĂšs rĂ©ussies d’Othello, Un mari idĂ©al ou encore L’importance d’ĂȘtre constant) se rĂ©vĂšlent une occasion inespĂ©rĂ©e d’adapter son ton dĂ©jantĂ© et impertinent aux comĂ©dies d’aujourd’hui. C’est donc sur ce pensionnat aux procĂ©dĂ©s pĂ©dagogiques parfois douteux que Parker jette son dĂ©volu, accompagnĂ© dans sa rĂ©alisation par Barnaby Thompson. St Trinian’s, c’est avant tout l’épopĂ©e de jeunes Ă©tudiantes prĂȘtes Ă  tout pour sauver leur Ă©cole, menacĂ©e de faillite par les comptables et de fermeture par le ministre, bien dĂ©cidĂ©s Ă  ne laisser aucune chance Ă  ces filles au caractĂšre bien trempĂ©, qui ont le malheur (ou la chance) de n’entrer dans aucun moule. DĂšs lors, menĂ©es par la volcanique Kelly, les pensionnaires de St Trinian’s se mettent en tĂȘte de voler La Jeune fille Ă  la perle de Vermeer ! Et pour y parvenir, tous les moyens sont bons
 Ce vol de haut niveau se retrouve au cƓur de l’intrigue et sert de prĂ©texte Ă  Parker pour dresser une critique fĂ©roce de la sociĂ©tĂ©, discrĂ©diter les Ă©coles anglaises rĂ©putĂ©es irrĂ©prochables et sonner la rĂ©volte au sein de ces filles qui, comme elles le disent elles-mĂȘmes, n’ont « rien Ă  attendre des grandes personnes. » St Trinian’s sĂ©duit par son scĂ©nario improbable, ses situations hilarantes, son casting parfait mais surtout ses rĂ©pliques formidablement Ă©crites, trĂšs politiquement-incorrectes, amenĂ©es Ă  devenir cultes, Ă  l’image de ces anarchistes en minijupe. Tour Ă  tour, drĂŽle, provocant, impertinent, St Trinian’s clash pour notre plus grand plaisir tous les clichĂ©s vĂ©hiculĂ©s par la comĂ©die pour ados traditionnelle. Cette fable survoltĂ©e, qui ne s’accorde aucun temps mort, dĂ©montre, si besoin Ă©tait, que le cinĂ©ma anglais reste le maĂźtre incontestĂ© de l’humour au deuxiĂšme degrĂ©. La rĂ©alisation de Parker, soignĂ©e et sobre, permet d’exploiter au maximum ses personnages haut en couleur. Cette rĂ©alisation s’accompagne d’une excellente BO, exclusivement fĂ©minine – Noisettes, Sugababes, Girls aloud – ainsi qu’une reprise hilarante de Love is in the air, oĂč le duo Rupert Everett/Colin Firth fait encore une fois des merveilles. St Trinian’s ressemble donc beaucoup Ă  un cocktail fĂ©ministe explosif, qui encourage autant Ă  la tolĂ©rance qu’à la libĂ©ration des mƓurs. L’équilibre parfait qui Ă©vite Ă  ce cocktail de dĂ©border tout en gardant un punch indĂ©niable c’est son ingrĂ©dient principal : un casting inĂ©branlable, aussi dĂ©jantĂ© et inattendu que lui, Ă  tout Ă©preuve. Comme souvent avec Parker, on retrouve son acteur fĂ©tiche – Rupert Everett – qui livre une composition trĂšs inattendue cette fois, puisqu’il campe le rĂŽle de Camilla Fritton, la directrice aux mƓurs rĂ©solument libĂ©rales de St Trinian, qui vit une histoire d’amour complexe avec le ministre de l’éducation, Geoffrey Thwaites (inoubliable Colin Firth). Everett mĂšne donc son monde, avec un plaisir indĂ©niable, Ă  commencer par ses Ă©lĂšves : outre la belle Gemma Arterton qui sĂ©duit dĂšs sa premiĂšre apparition, on retrouve des valeurs sĂ»res d’une gĂ©nĂ©ration de talentueuses jeunes actrices, telle que Tamsin Egerton, Juno Temple, Lily Cole ou Talulah Riley. Du cĂŽtĂ© de l’équipe pĂ©dagogique aux procĂ©dĂ©s peu catholique – pour preuve les salles de classe, en particulier celle d’arts plastiques – on retrouve Lena Hadey en prof d’anglais fraĂźchement dĂ©barquĂ©e, Caterina Murino en prof de langue trĂšs sexy et Celia Imrie en infirmiĂšre portĂ©e sur l’alcool (papaye, papaye !!!). Pour clore cette gĂ©niale distribution : Russell Brand, hilarant dans son rĂŽle de trafiquant, et Toby Jones en comptable dĂ©passĂ©. Au fond, St Trinian’s, OVNI rose dans l’univers de la comĂ©die, est tout aussi irrĂ©prochable qu’inexplicable. AprĂšs ce film, beaucoup d’autres vous regretterons de ne pas avoir passĂ© leur scolaritĂ© dans ce pensionnat, avec Rupert Everett comme directrice. Il est fort Ă  parier, mesdames et mesdemoiselles, que vous y trouverez votre compte
 Avant de regarder la suite, qui, si elle ne bĂ©nĂ©ficie pas de l’effet de surprise du premier, garantie d’excellents moments en compagnie de ces jeunes filles rebelles.

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