Cin’express : St Trinian's - Pensionnat pour jeunes filles rebelles

15/04/2012

🎥 Cin’express :  🎥

St Trinian's - Pensionnat pour jeunes filles rebelles

 

🎬 de Oliver Parker
⭐ avec Gemma Arterton, Rupert Everett, Colin Firth, Talulah Riley
🗓 Sortie : 2007

A première vue, St Trinian’s ressemble à une pochette surprise aux couleurs ultra-flashy, style psychédélique, vaguement 70’s. Personne ne sait ce qu’elle contient et il faut s’attendre à tout… Au meilleur comme au pire. Deux possibilités donc : ou le film sera un petit bijou d’humour au second degré et d’irrévérence ou un navet dans la lignée des comédies pour ados dont le niveau sera encore plus court que les jupes des filles dans ce pensionnat inhabituel ! Heureusement pour nous – et pour vous ! – c’est la première option qui l’emporte sur la deuxième. Fortement déconseillé à ceux qui méprisent le second degré ou l’humour so british, St Trinian’s, inspiré d’une célèbre BD anglaise inconnue en France, est LA comédie. Celle que l’on attendait depuis longtemps, celle qui, lors de sa sortie en 2007 sur les écrans d’outre-manche, à fait trembler plus d’un blockbuster… Pour Oliver Parker, ses premiers pas hors classique (après avoir tourné des versions très réussies d’Othello, Un mari idéal ou encore L’importance d’être constant) se révèlent une occasion inespérée d’adapter son ton déjanté et impertinent aux comédies d’aujourd’hui. C’est donc sur ce pensionnat aux procédés pédagogiques parfois douteux que Parker jette son dévolu, accompagné dans sa réalisation par Barnaby Thompson. St Trinian’s, c’est avant tout l’épopée de jeunes étudiantes prêtes à tout pour sauver leur école, menacée de faillite par les comptables et de fermeture par le ministre, bien décidés à ne laisser aucune chance à ces filles au caractère bien trempé, qui ont le malheur (ou la chance) de n’entrer dans aucun moule. Dès lors, menées par la volcanique Kelly, les pensionnaires de St Trinian’s se mettent en tête de voler La Jeune fille à la perle de Vermeer ! Et pour y parvenir, tous les moyens sont bons… Ce vol de haut niveau se retrouve au cœur de l’intrigue et sert de prétexte à Parker pour dresser une critique féroce de la société, discréditer les écoles anglaises réputées irréprochables et sonner la révolte au sein de ces filles qui, comme elles le disent elles-mêmes, n’ont « rien à attendre des grandes personnes. » St Trinian’s séduit par son scénario improbable, ses situations hilarantes, son casting parfait mais surtout ses répliques formidablement écrites, très politiquement-incorrectes, amenées à devenir cultes, à l’image de ces anarchistes en minijupe. Tour à tour, drôle, provocant, impertinent, St Trinian’s clash pour notre plus grand plaisir tous les clichés véhiculés par la comédie pour ados traditionnelle. Cette fable survoltée, qui ne s’accorde aucun temps mort, démontre, si besoin était, que le cinéma anglais reste le maître incontesté de l’humour au deuxième degré. La réalisation de Parker, soignée et sobre, permet d’exploiter au maximum ses personnages haut en couleur. Cette réalisation s’accompagne d’une excellente BO, exclusivement féminine – Noisettes, Sugababes, Girls aloud – ainsi qu’une reprise hilarante de Love is in the air, où le duo Rupert Everett/Colin Firth fait encore une fois des merveilles. St Trinian’s ressemble donc beaucoup à un cocktail féministe explosif, qui encourage autant à la tolérance qu’à la libération des mœurs. L’équilibre parfait qui évite à ce cocktail de déborder tout en gardant un punch indéniable c’est son ingrédient principal : un casting inébranlable, aussi déjanté et inattendu que lui, à tout épreuve. Comme souvent avec Parker, on retrouve son acteur fétiche – Rupert Everett – qui livre une composition très inattendue cette fois, puisqu’il campe le rôle de Camilla Fritton, la directrice aux mœurs résolument libérales de St Trinian, qui vit une histoire d’amour complexe avec le ministre de l’éducation, Geoffrey Thwaites (inoubliable Colin Firth). Everett mène donc son monde, avec un plaisir indéniable, à commencer par ses élèves : outre la belle Gemma Arterton qui séduit dès sa première apparition, on retrouve des valeurs sûres d’une génération de talentueuses jeunes actrices, telle que Tamsin Egerton, Juno Temple, Lily Cole ou Talulah Riley. Du côté de l’équipe pédagogique aux procédés peu catholique – pour preuve les salles de classe, en particulier celle d’arts plastiques – on retrouve Lena Hadey en prof d’anglais fraîchement débarquée, Caterina Murino en prof de langue très sexy et Celia Imrie en infirmière portée sur l’alcool (papaye, papaye !!!). Pour clore cette géniale distribution : Russell Brand, hilarant dans son rôle de trafiquant, et Toby Jones en comptable dépassé. Au fond, St Trinian’s, OVNI rose dans l’univers de la comédie, est tout aussi irréprochable qu’inexplicable. Après ce film, beaucoup d’autres vous regretterons de ne pas avoir passé leur scolarité dans ce pensionnat, avec Rupert Everett comme directrice. Il est fort à parier, mesdames et mesdemoiselles, que vous y trouverez votre compte… Avant de regarder la suite, qui, si elle ne bénéficie pas de l’effet de surprise du premier, garantie d’excellents moments en compagnie de ces jeunes filles rebelles. 

 

 

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