Cin’express : Cloclo

25/03/2012

🎥 Cin’express : Cloclo🎥

 

🎬 de Florent Emilio Siri
⭐ avec Jérémie Renier, Benoît Magimel, Monica Scattini
🗓 Sortie : 14 mars 2012

 

 

Cloclo, c’est avant tout un pari, plutôt risqué d’ailleurs. Celui de dresser un portrait réaliste et captivant du plus célèbre chanteur français des années 60-70. Comme toujours avec le genre biographique, la première préoccupation est de séduire les fans mais aussi l’ensemble des spectateurs, d’attirer les générations qui ont succédé au « mythe Claude François »… Incontestablement le plus difficile et pourtant, aussi surprenant que celui puisse paraître, Cloclo a tout pour plaire. Ce succès, il le doit à Florent Emilio Siri, son réalisateur, qui a pris le parti de montrer la fragilité de l’Homme, celui qui se cache derrière la légende. En oscillant habilement entre l’hommage et la face cachée du chanteur – ses phobies, sa vie familiale mouvementée, cette impossible quête de perfection –, Siri parvient à montrer deux facettes bien distinctes. D’un côté celle rêvée, que tout le monde connaît, le show man survolté, l’homme d’affaire endurci, l’icône pop des minettes, la machine à succès… Et l’autre, plus personnelle et méconnue, de l’éternel angoissé, névrosé, qui vivait pour sa carrière au détriment du reste. Sur le papier, le scénario tient la route et parvient à faire de la vie du chanteur une chronique douce-amère, parfois tendre, drôle et romanesque, d’autre plus mature, sombre et trouble, à l’image de son personnage principal. Reste qu’un tel speech, aussi bon soit-il, n’aurait pu atteindre l’apothéose sans Jérémie Renier. Un autre choix risqué : celui d’offrir à un acteur belge, de surcroit peu connu en France, le rôle de Cloclo. Tout le monde l’attendait au tournant et au final, la révélation du film, c’est bien lui ! Physiquement, la ressemblance est frappante mais au-delà de la simple imitation, il y a le jeu de l’acteur, fin, sensible, l’interprétation grandiose d’une icône sans la singer – une erreur que l’on a vu bien (trop) souvent, dernièrement dans My week with Marilyn. Habité par son rôle, subjuguant, Renier est devenu, en l’espace d’un film, l’acteur du moment, encensé par la critique et le public. Parmi les femmes et les maîtresses prestigieuses qui sont entrées dans la vie de Claude François on retiendra surtout sa passion mouvementée avec France Gall. Interprétée par la belle Joséphine Japy (la nouvelle révélation française, épatante dans le Moine de Dominik Moll), sa ressemblance avec France Gall est troublante : la fragilité à fleur de peau, les traits fins et candides… Elle est, tout comme Renier, formidablement proche de la star originale. Les acteurs qui les secondent, de Benoît Magimel à Marc Barbé, sont par ailleurs tous très convaincants et soutiennent le film à la mesure de leur rôle. Immense soulagement donc : un biopic qui évite les clichés propres au genre, ce qui est assez rare, en grande partie grâce à l’interprétation sensationnelle de Jérémie Renier. La réalisation rythmée de Siri permet d’éviter l’ennui et quelques plans plutôt intéressants sont à notés, à commencer par les moments de scènes. Entre deux tubes de Claude François qui monopolisent – à juste titre – la BO on retrouve la musique envoûtante et légère d’Alexandre Desplat, très inspirée qui se fond habilement à l’ambiance du film. Pourtant, quelques points noirs, impossible à ignorer, empêchent Cloclo d’accéder au rang de chef-d’œuvre. Des longueurs, heureusement peu nombreuses, viennent entraver l’histoire, empêchent le spectateur de se glisser dans l’univers du chanteur. Et s’il faut reconnaître que sur certaines scènes, Siri a été bien inspiré, il a parfois viré dans l’exagération lassante, avec de grands plans au ralenti dont le tragique tourne au ridicule… Ces quelques moments suffisent à entacher un film qui, pour accéder au statut de chef-d’œuvre, aurait dû parfois faire preuve de plus de sobriété. Regrettable même si, au fond, l’objectif principal est atteint : montrer que sous les paillettes et la coiffure impeccable, Cloclo était une icône aux failles aussi nombreuses que profondes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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