Cin'express : Sexy devil

17/02/2012

đŸŽ„ Cin’express : Sexy devilÂ đŸŽ„

 

🎬 de Alec Baldwin

⭐ avec Anthony Hopkins, Alec Baldwin, Jennifer Love Hewitt

🗓 Sortie : 2003

Ne vous fiez pas au poster et au titre aguicheurs qui laissaient prĂ©sager une comĂ©die dĂ©lurĂ©e. Encore une mauvaise interprĂ©tation vraisemblablement due Ă  une pitoyable traduction française Ă  des fins purement marketing. Le titre original, Shortcut to Happiness, qu’on pourrait traduire par « un raccourci vers le bonheur » est bien plus indiquĂ© : ici, pour ses premiers pas en tant que rĂ©alisateur, Alec Baldwin est trĂšs loin de la comĂ©die, du dĂ©lurĂ© ou mĂȘme des deux ! S’il reste basĂ© sur une intrigue fantastique vue des centaines de fois – le pacte avec le Malin – Sexy Devil est avant tout une rĂ©flexion poussĂ©e, voir mĂȘme philosophique, sur ce qu’est vraiment le bonheur et les moyens mis en Ɠuvre pour l’avoir. A moins d’ĂȘtre complĂštement dĂ©tachĂ© de ce qui nous entoure, un marchĂ© conclu avec le DĂ©mon abouti rarement au bonheur : c’est la leçon sagement enseignĂ©e par l’Eglise – en bon film amĂ©ricain, celui-ci ne dĂ©roge pas Ă  la rĂšgle – et celle, douloureuse, que Jabez Stone, Ă©crivain en mal de reconnaissance, va apprendre Ă  ses dĂ©pens
 Ceux qui s’attendent Ă  des effets spĂ©ciaux Ă  gogo, une profusion de scĂšnes Ă©rotiques ou encore un hĂ©ros combattif face au Mal en auront pour leurs frais ; tout au long du film, Stone voit sa vie lui Ă©chapper, sans qu’il ne trouve moyen de la retenir
 En cela, Sexy Devil (pas si sexy que cela donc) est une variante intĂ©ressante de tout ce qui a pu ĂȘtre proposĂ© sur le sempiternel « pacte dĂ©moniaque ». Si on peut ne pas adhĂ©rer aux idĂ©es que vĂ©hiculent Baldwin, l’idĂ©e de penser le film comme une rĂ©flexion philosophique – pas toujours Ă©quilibrĂ©e ou cohĂ©rente – est plutĂŽt sĂ©duisante. Le gros problĂšme reste justement dans la rĂ©alisation : montage mĂ©diocre, trop peu d’originalitĂ© dans la mise en scĂšne, Sexy Devil souffre de ralentis incessants, de scĂšnes mĂ©lodramatiques aberrantes et de gros plans tout Ă  fait inutiles histoire de pointer du doigt tel ou tel Ă©lĂ©ment que tout spectateur un tantinet attentif Ă  dĂ©jĂ  saisi depuis longtemps ! Sans compter qu’à vouloir tout avoir, le rĂŽle principal ET la rĂ©alisation, Baldwin essuie un Ă©chec cuisant aux deux niveaux (probablement l’un de ses rĂŽles les moins convaincants, pour ne pas dire ridicules). RĂ©sultat : dĂšs que l’action est lancĂ©e, l’intĂ©rĂȘt du spectateur dĂ©croit et l’ennui est tangible
 Une envie irrĂ©pressible de bailler jusqu’au formidable procĂšs qui oppose le Diable (Jennifer Love Hewitt) Ă  son ennemi de toujours, un avocat d’ascendance divine ayant pour trait l’excellent Antony Hopkins. Ce dernier livre une interprĂ©tation tout en maĂźtrise, avec un charisme glacial, dĂ©tachĂ© qui fait Ă©cho aux charmes sensuels et volcaniques d’Hewitt. Face Ă  une rĂ©alisation plus que navrante, il faudra tout de mĂȘme souligner l’originalitĂ© du speech d’origine et l’altercation Hopkins/Hewitt. De mĂȘme que son protagoniste Stone, aux antipodes du genre de hĂ©ros prĂȘt Ă  signer un pacte avec Lucifer, qui, dans son inaction, dĂ©montre largement que nos choix dĂ©passent souvent nos actes. Dommage seulement qu’il faille attendre le dĂ©nouement pour Ă©prouver un regain d’intĂ©rĂȘt envers ce film philoso-fantastique bancal. Au final, une demi-heure d’utile et trois quart d’heure de parlottes incessantes. Tentative intĂ©ressante mais dĂ©fi ratĂ©, visiblement
 

 

 

 

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