Cin’express : Black Swan

22/01/2012

🎥 Cin’express : 🎥

Black Swan 

 

🎬 de Darren Aronofsky
⭐ avec Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel
🗓 Sortie : 9 Février 2011

 

Certains pourront dire que le film a été trop largement plébiscité par la critique à sa sortie et que le qualifier du « chef d’œuvre » ultime de Darren Aronofsky serait exagéré… La concurrence dans les domaines artistiques ? Déjà vue et revue, surtout s’il s’agit d’un milieu réputé aussi difficile que les ballets. Pourtant, ne vous y trompez pas. En se construisant autour de ce point de départ simpliste, Black Swan a tout du chef-d’œuvre, qu’on soit ou non amateur de danse classique : il pourrait – trop – facilement être résumé à un conte pour adultes qui immergerait le spectateur dans la schizophrénie et la folie du personnage principal (Nina – interprété par Natalie Portman) mais la profondeur dont il est empreint n’est pas uniquement due à la psychologie. En virtuose, Aronofsky parvient une fois encore à ajouter une multitude de facette à son scénario : l’étouffement maternel, la souffrance physique, l’éveil à la sensualité, le passage à l’âge adulte, l’amitié trouble qui se construit sur la rivalité et l’attirance, la précarité du succès (représentée par Beth – Winona Ryder – ancienne star déchue), la recherche de la perfection, encore et toujours… La complexité que l’on retrouve dans chaque film de Darren Aronofsky est peut-être poussée ici à son paroxysme, à des tels sommets que c’est sûrement ce qui rend Black Swan si difficile à analyser. Le personnage de Nina, c’est avant tout une bataille, une oscillation entre la petite fille trop sage (symbole du cygne blanc) qu’elle est au début de l’histoire et la sensuelle jeune femme qui découvre son potentiel au dénouement (symbole du cygne noir). Au final, Nina n’atteindra jamais un équilibre, que ce soit dans la danse ou sa vie privée, et sa chute n’en sera que plus sublime… Parallèlement, si elle ne trouve jamais un juste milieu entre ses deux personnalités qui s’affrontent constamment en elle, la danseuse atteint son rêve, sans chercher à être plus modérée à un niveau ou un autre. Black Swan pourrait être une descente aux Enfers (parfois si sombre, si glauque, qu’il en serait presque un cauchemar) ou l’apogée jusqu’à l’Éden, poétique mais toujours marqué par cet Imaginarium un peu malsain. Tout comme son héroïne, Aronofsky ne choisit à aucun moment de prendre le parti entre ces deux interprétations : où est la réalité, où est la folie, où commence la vie et où s’arrête l’imagination tourmentée de Nina ? Le ballet du Lac des Cygnes que monte le talentueux et odieux Thomas Leroy (Vincent Cassel) est toujours au centre de l’action ; De même le rôle d’Odette, la Reine Cygne, est le cœur même de la rivalité entre deux femmes (Nina et Lilly, interprétée par Milla Kunis) et le déclenchement de l’action. Comme pour faire écho au ballet d’origine, Aronofsky semble travailler essentiellement sur le noir et le banc : Nina est presque toujours habillée en clair ; Lilly, elle, arbore des teintes plus sombres ; l’appartement et le bureau de Thomas Leroy sont également en noir et blanc alors que lui-même arbore le plus souvent un pantalon sombre et une chemise immaculée… Pour échapper à l’overdose de ces teintes manichéennes, la chambre rose de Nina, ressemble à celle d’une fillette, emprisonnée sous l’ombre d’une mère possessive et dominatrice. Encore en écho au ballet original, le compositeur Clint Mansell fait de la litanie la plus célèbre du Lac du Cygne le thème principal de Nina, retravailler de manière à la rendre plus sombre, plus mélancolique et plus inquiétante. Quant aux acteurs, brillamment dirigés par Aronofsky, ils sont probablement au sommet de leur gloire. On peut sûrement regretter que la prestation (bien qu’excellente) de Natalie Portman ait été portée aux nues jusqu’à évincer celles des autres acteurs, qui, en toute franchise, se révèlent tout aussi convaincants, Vincent Cassel et Winona Rider en tête. Le film est construit sur le mode d’un thriller intense et psychologique, toujours plus inquiétant, qui ne laisse aucun temps mort jusqu’au dénouement et l’explication des dernières minutes. Black Swan restera probablement dans les mémoires, ainsi que la dernière réplique, en passe de devenir culte. Pour faire écho à cette dernière, achevons notre critique de l’un des plus grands chefs-d’œuvre de 2011 ainsi : « Parfait, c’était parfait. » 

 

 

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