Cin’express : Young Guns

24/09/2011

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Young Guns

 

🎬 de Christopher Cain
⭐ avec Lou Diamond Phillips, Emilio Estevez, Kiefer Sutherland
🗓 Sortie : 5 juillet 1989

 

 

Sorti en 1988, Young Guns pose les rĂšgles dĂšs les premiĂšres images : un casting sous le signe du Brat Pack, de l’action et de l’humour, le tout en respectant les codes laissĂ©s par ses prĂ©dĂ©cesseurs.

La prĂ©sentation des jeunes gens incarnant les rĂŽles principaux se fait d’ailleurs Ă  l’ancienne, comme un clin d’Ɠil adressĂ© Ă  toutes les gĂ©nĂ©rations : sur l’écran envahi par la neige se dessinent les silhouettes des six hors-la-loi qui porteront le film durant presque deux heures ; un zoom sur les visages, les noms qui apparaissent
 Young Guns suit l’histoire de William H.Bonney alias
 Billy The Kid !

Si la folle Ă©popĂ©e du plus jeune et cĂ©lĂšbre bandit du Far West est dĂ©peinte de façon trĂšs romancĂ©e, le rĂ©alisateur Christopher Cain, en instaurant des anecdotes historiques, parvint Ă  ajouter une pointe de rĂ©alisme au film. Car Young Guns se veut, avant toute chose, totalement dĂ©complexĂ© : pas de sĂ©rieux exagĂ©rĂ©, exit le traditionnel duel final
 Ici, on dĂ©roge aux rĂšgles pour une approche plus originale !

A l’heure oĂč le western avait presque perdu tout son intĂ©rĂȘt, il Ă©tait primordial pour les studios d'attirer un public dans la vingtaine, de nouveaux fans qui s’identifieront au Kid et Ă  sa bande. Ce sont donc des adolescents qui sont au cƓur, ou plutĂŽt devrait-on dire LE cƓur, du film. Ils sont dĂ©senchantĂ©s, violents, rebelles, sans espoir d’avenir – un discours qui parlait Ă  la gĂ©nĂ©ration des 80’s et peut-ĂȘtre encore plus d’actualitĂ© aujourd’hui.

Ces jeunes sont tirĂ©s de leur vie misĂ©rable par un Ă©leveur anglais, Tunstall, qui leur propose un travail, un toit et surtout
 De s’instruire. La mort de leur protecteur vient gĂącher cette Ă©bauche de bonheur et signe la perte de la seule figure paternelle qu’ils aient jamais connue. Nos pistoleros deviennent alors gardiens de l’ordre et forment la bande des RĂ©gulateurs. Ils n’obĂ©issent dĂ©sormais qu’à un seul mot : la vengeance.

Puisqu’il s’efforce d’éviter les piĂšges et les handicaps de ses prĂ©dĂ©cesseurs, Young Guns ne tombe jamais dans le mĂ©lodrame, ni dans la surenchĂšre. Sobre dans l’action, il privilĂ©gie la violence et l’humour avec, la plupart du temps, des rĂ©pliques qui font mouche. Drogue, sexe, premier amour, Ă©mancipation, libertĂ©, violences
 Ces termes rĂ©currents, chers Ă  l’adolescence, se retrouvent Ă  chaque instant du long-mĂ©trage.

Cependant, il faut bien le reconnaĂźtre, Young Guns n'est pas parfait. Il ne brille ni par sa rĂ©alisation, trĂšs TV Film (le reste de la filmographie de Cain est d’ailleurs composé en grande partie de navets insignifiants), ni par sa BO qui accompagne avec difficultĂ© ses pĂ©ripĂ©ties effrĂ©nĂ©es ! On regrette Ă©galement la fadeur navrante du seul personnage fĂ©minin central, Yen Sun, muse de Doc
 Il y avait pourtant matiĂšre Ă  fournir sur une histoire d'amour entre une immigrĂ©e asiatique rĂ©duite Ă  l'esclavage sexuel et un jeune hors-la-loi poĂšte Ă  ses heures perdues. D'autant plus que le racisme et la misogynie Ă©taient monnaie courante Ă  l'Ă©poque. HĂ©las, ce pan du scĂ©nario reste bien mal exploitĂ©.

Ce western vaut surtout pour son mĂ©pris Ă  l’égard des codes classiques, de son scĂ©nario malin dĂ©jantĂ© et de son impeccable casting.

« Six reasons why the west was wild »... Cette phrase d’accroche qui ornait le poster de Young Guns peut ĂȘtre traduite ainsi : L’Ouest Ă©tait sauvage pour six raisons. Ces six raisons se nomment Dermot Mulroney, Casey Siemaszko, Kiefer Sutherland, Lou Diamond Phillips, Charlie Sheen et Emilio EstĂ©vez - alias Steve la Crasse, Charlie Bowdre, Doc Scurlock, Jose Chavez, Dick Brewer et l’inoubliable Billy the Kid. En rĂ©voltĂ©s chatouilleux de la gĂąchette, ils excellent ! Bien que certains de ces ex jeunes premiers soient tombĂ©s dans l’oubli depuis 2000, on ne peut qu’apprĂ©cier leur jeu (tout Ă  fait crĂ©dible) ainsi que le panache et la fraĂźcheur qu’ils ont su instaurer Ă  l'ensemble - y compris dans les moments les plus houleux oĂč la rĂ©alisation s’enlisait lamentablement !

Peu importe car, tout comme son personnage, celui qui tire vraiment le film vers les sommets, c’est Emilio EstĂ©vez
 En quelques minutes, il transperce l’écran, effaçant tous les autres acteurs qui avaient pu interprĂ©ter le Kid, de Paul Newman Ă  Val Kilmer ! Son Billy, mĂ©galomane, espiĂšgle et charismatique, se rapproche de Peter Pan tel que l’avait Ă©tabli J.M Barrie : il est Ă  l’image d’un enfant capricieux, moqueur et cruel. Bien qu’il Ă©chappe sans cesse Ă  ses ennemis et se manifeste par son courage, il ne fait pas moins preuve d’un manque de considĂ©ration suicidaire pour le danger et compte sur sa chance pour le tirer de tous les mauvais pas. Tout comme Pan, Billy refusera, jusqu’à la toute fin du deuxiĂšme film, d’assumer ses responsabilitĂ©s, de prendre conscience de son rĂŽle vis-Ă -vis de ses amis et dĂ©cidera, quoi qu’il arrive de « jouer jusqu’au bout ». Il possĂšde ce tempĂ©rament de feu, cette instabilitĂ© torturĂ©e, ce besoin maladif de flirter avec la mort : il est l’enfant-roi, l’enfant-libre, qui ne veut pas grandir ou penser Ă  autre chose qu’à lui
 Emilio EstĂ©vez ne joue pas le Kid, il EST le Kid, le communique Ă  chacun de ses gestes, Ă  travers son regard bleu dĂ©routant, son rire enfantin qui rĂ©sonne bien longtemps aprĂšs le gĂ©nĂ©rique.

Young Guns est un film qui combine le cĂŽtĂ© adolescent rebelle des 80’s et le souffle Ă©pique des westerns d’antan, dont il faut voir la suite : Young Guns I et II se complĂštent pour former un seul film sur la vie de Billy the Kid, un seul film inoubliable.

Pour se les procurer c'est ici âžĄïž

 

 

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