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Cin’express : Conan

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Conan

🎬 de Marcus Nispel ⭐ avec Jason Momoa, Rachel Nichols, Stephen Lang 🗓 Sortie : 17 aoĂ»t 2011


En bref : en vue des critiques qui ont assassinĂ© le film et de son relatif Ă©chec au box-office, cette version de Conan le Barbare reste une agrĂ©able surprise. Que les inconditionnels du film de 82 avec Schwarzenegger se rassurent : aucune comparaison n’est ici possible. Ce Conan n’est PAS un simple remake du cĂ©lĂšbre blockbuster des annĂ©es 80 ! Au contraire, c’est une nouvelle interprĂ©tation du chef-d’Ɠuvre de Robert E. Howard, qui fut l’un des crĂ©ateurs originaux du genre d’Heroic Fantasy. Sous bien des aspects, cette vision de Conan, tel que le dĂ©peint Marcus Nispel, est plus proche de celle d’Howard et plus convaincante. Si on est loin du film parfait – la version de Milius ne l’était pas non plus ceci dit en passant –, il ne s’agit pas d’un nanar sans le moindre intĂ©rĂȘt comme trop se sont plus Ă  le dire. Ce serait manquer visiblement de connaissance en Heroic Fantasy en accusant Conan d’ĂȘtre un ramassis de clichĂ©s ! Nispel ne fait que reprendre les thĂšmes qui sont chers Ă  ce genre : un hĂ©ros musclĂ© et courageux, des prophĂ©ties, une sorciĂšre aux pouvoirs quasi-illimitĂ©s, des monstres inspirĂ©s de la mythologie, des « mĂ©chants » bien mĂ©chants et une demoiselle en dĂ©tresse (qui ne l’est pas tant que ça au final, elle dĂ©passe le stade de simple distraction sexuelle qui suivrait le hĂ©ros partout en jupette de cuir). Si la musique se limite au strict minimum, les combats, eux, sont magnifiquement chorĂ©graphiĂ©s. La façon dont Ă©volue Conan durant les batailles est plutĂŽt surprenante : malgrĂ© sa carrure pour le moins imposante, Jason Momoa bouge avec facilitĂ©, aisance, une sorte de danse aussi sauvage que barbare. Les dĂ©cors, les scĂšnes de combat grandioses, les effets spĂ©ciaux, sont suffisamment convaincants pour faire passer un bon moment aux spectateurs. De la mĂȘme maniĂšre, Jason Momoa, le successeur de Schwarzenegger, endosse avec naturel le rĂŽle lĂ©gendaire et quasi-culte de Conan, en lui insufflant un cĂŽtĂ© largement plus fĂ©lin. Ce changement d’interprĂ©tation est plutĂŽt convaincant en mon sens. Rose McGowan, mĂ©connaissable dans le rĂŽle de la sorciĂšre Marique, crĂšve l’écran. Face Ă  ce duo charismatique, les rĂŽles secondaires sont plutĂŽt effacĂ©s et inexistants, le moins dĂ©veloppĂ©s possible, surtout qu’ils ne tentent pas de donner une quelconque ampleur Ă  leurs personnages. Et, question rĂ©alisation, Nispel n’est pas en reste puisqu’il parvient Ă  maintenir un rythme assez Ă©levĂ© pour que ces deux heures passent trĂšs rapidement. Donc, si ce Conan – trĂšs loin de la perfection – s’égare parfois dans un ocĂ©an d’hĂ©moglobine, un manque d’approfondissement du scĂ©nario et quelques longueurs, c’est au final un agrĂ©able divertissement, un bon film d’action fantasy, qui ne mĂ©ritait pas de se faire lapider aussi durement par la critique.